D’autres actions des infirmières de l’Outaouais à la défense de leurs droits

Les infirmières de l’Outaouais intensifient leurs actions contre les demandes de concessions de leur employeur, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leur convention collective. Ces négociations se tiennent sous l’égide de la restructuration antisociale du système de santé qui s’est accélérée sous le gouvernement majoritaire libéral de Philippe Couillard.

Lundi le 15 octobre, des membres du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) ont organisé un sit-in dans un couloir du 7e étage de l’Hôpital de Gatineau, près des bureaux des ressources humaines, pour faire connaître leur mécontentement face au déroulement des négociations locales.

Le lendemain, un mur de boîtes de citrons s’est formé devant les portes du siège social du CISSSO, où des infirmières ont déposé 2800 citrons afin de décerner au PDG de l’organisation le « prix citron du pire employeur du réseau de la santé ». Elles ont par ce geste souligné que le CISSSO est la seule organisation à ne pas avoir conclu d’entente négociée avec ses professionnelles en soins affiliées à la Fédération interprofessionnelle de la santé. Au-dessus des caisses de citrons trônait une marionnette géante avec une photo du président-directeur général du CISSSO, en guise de visage. « Il presse le citron des 2800 professionnelles en soins de l’Outaouais », a dénoncé la présidente du SPSO, Lyne Plante.

Par leurs actions pour mobiliser l’opinion publique en faveur de leur cause, les infirmières ont obtenu la tenue de nouvelles séances de négociation alors que des séances prévues avaient été précédemment annnulées par l’employeur. Parmi les concessions demandées, il y a celle de la demande aux infirmières de se déplacer sur plusieurs kilomètres de distance pour aller travailler dans des endroits différents selon le bon vouloir de l’employeur. Les infirmières rejettent cette demande comme une détérioration de leurs conditions de travail et quelque chose de contraire à la qualité des soins. Elles ont déclaré que cette aggravation des conditions pourrait entraîner un exode des infirmières en Ontario.

Cette demande de l’employeur découle tout droit de la réforme du réseau de la santé qui a été faite par le gouvernement Couillard qui a établi des méga-institutions sur de très vastes territoires et centralisé les pouvoirs dans les mains du ministre de la Santé, qui a un pouvoir de nomination et de révocation sur les conseils d’administration de ces méga-établissements.

Au lieu de défendre le personnel de la santé, le PDG du CISSSO maintient que le déplacement des infirmières sur ce vaste territoire de l’Outaouais est nécessaire compte tenu de la « réalité géographique » de la région et de « la pénurie de main-d’oeuvre ». Cette pénurie a été créée de toutes pièces par l’aggravation des conditions dans le réseau de la santé et sert de prétexte pour les aggraver encore plus, comme l’ont souligné les infirmières.

Par le biais de sa page Facebook, le SPSO invite ses membres et la population à remplir un formulaire en ligne pour acheminer un message par courriel au PDG du CISSSO lui demandant de débloquer les négociations pour en arriver à une entente négociée qui soit acceptable pour les infirmières.

On peut remplir le formulaire en allant sur la page Facebook du syndicat.

(Photos : SPSO)

(English)