Les travailleurs de la Société des alcools du Québec se donnent un nouveau mandat de 18 jours de grève

Plus de 2500 travailleurs et travailleuses de magasin et de bureau de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont tenu une assemblée générale le 28 septembre au Stade olympique de Montréal. Ils ont voté à 96 % en faveur d’un nouveau mandat de 18 jours de grève à utiliser au moment opportun. Ils demandent que ceux qui contrôlent cette société de la Couronne signent une convention collective qui est acceptable à ceux qui font le travail.

Les travailleurs avaient voté un mandat de grève de six jours en juin et ils en ont utilisé cinq jusqu’à maintenant. Le nouveau mandat de grève a été adopté suite à un blitz de négociation avec les dirigeants de la SAQ où les demandes pour une convention collective acceptable ont été présentées à nouveau mais en vain.

Les demandes des travailleurs comprennent des augmentations de salaire pour tous les employés qui soient dignes d’un standard moderne et la fin des conditions de travail précaires et irrégulières. Près de 70 % des quelque 5500 travailleurs de la SAQ sont aux prises avec des horaires à temps partiel irrégulier et travaillent souvent peu d’heures par semaine. Leurs horaires de travail leur sont souvent communiqués à la dernière minute.

Les travailleurs sont particulièrement choqués de l’offre salariale de la compagnie qui ne compense même pas les concessions que la SAQ demande aux travailleurs et qui les laisse dans la pauvreté et s’attaque à leur dignité. Les dirigeants de la SAQ font preuve d’une telle arrogance que plutôt que de traiter de la question centrale du travail irrégulier et des salaires de pauvreté, ils cherchent à intensifier cet assaut contre la dignité des travailleurs en augmentant les quarts de travail de fin de semaine.

La convention collective est terminée depuis le 31 mars 2017 et malgré cela les dirigeants de la SAQ tentent de retarder les choses encore plus et de faire pression sur les travailleurs pour qu’ils acceptent des conditions encore pires sous la menace de la privatisation de la SAQ. Avec ce nouveau mandat de 18 journées de grève, les travailleurs expriment leur résistance et leur détermination à obtenir une convention collective qui réponde à leurs demandes.

Les travailleurs savent que la menace du gouvernement libéral, qui a été défait à l’élection du 1er octobre, de remettre les profits de la SAQ à des intérets privés va être reprise par le nouveau parti au pouvoir, la Coalition Avenir Québec. Les dirigeants de la SAQ utilisent les résultats de l’élection pour ramener la menace de privatisation afin de forcer les travailleurs à capituler.

Le mandat de 18 jours de grève est un juste rejet de cette intimidation. Il exprime la détermination des travailleurs d’améliorer leurs conditions de travail en signant une convention collective qu’ils jugent acceptable.

(Tiré de Forum ouvrier. Photo: CSN)

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