Pour la reconnaissance des maladies professionnelles des pompiers

Chris Ross —

La question des maladies professionnelles des pompiers est au premier plan de notre travail. Il y a deux volets. Le premier c’est l’existence de la maladie. Le deuxième c’est la reconnaissance de la maladie comme une maladie professionnelle. Le Québec est aujourd’hui la seule province avec l’Île-du-Prince Édouard où il n’y a pas de loi de présomption en faveur du travailleur qui reconnaisse les maladies professionnelles chez les pompiers. On parle de divers cancers, au poumon, au cerveau, à la vessie, de maladies cardiaques etc Un arrêt cardiaque au feu à Montréal et au Québec dans son ensemble n’est pas un accident de travail. Un pompier qui a une attaque cardiaque pendant qu’il combat un incendie va voir son dossier refusé par la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail).

La seule chose que le Québec ait mis en place en 2016, suite à nos pressions, c’est une politique administrative qui reconnaît 7 cancers. Ce n’est pas une loi adoptée par l’Assemblée nationale. C’est une politique de la CNESST. Dans une politique administrative, le fardeau de la preuve est sur le travailleur. Il doit démontrer pourquoi il est malade.

Notre bataille est en deux volets. Au moins, minimalement, nous voulons bonifier la liste administrative qui est reconnue pour donner à nos membres une meilleure chance d’avoir une indemnisation, d’être capables de se battre pour leur vie sans avoir à combattre pour leurs emplois. Deuxièmement, c’est un combat à moyen et long terme pour obtenir une loi de présomption en faveur des pompiers québécois. Il faut que le fardeau de la preuve soit sur l’employeur. Le travailleur n’a ni le temps ni l’énergie d’aller au Tribunal administratif du travail et de faire les contestations coûteuses pour obtenir une juste indemnisation.

Nos maladies professionnelles sont de plus en plus sérieuses. Aujourd’hui 90 % des produits utilisés dans les immeubles sont des produits synthétiques. Quand il y a incendie, on a affaire à des produits chimiques qui brûlent et dégagent une fumée plus toxique que par le passé. Après 20-30 ans d’exposition, les problèmes commencent à se manifester. Pendant les trois dernières années, 19 de nos pompiers sont décédés de maladies professionnelles. C’est plus que dans les 30 dernières années.

Nous luttons pour ces changements pour qu’ils profitent à tous les pompiers du Québec.

Chris Ross est le président de l’Association des pompiers de Montréal.

(Photo: ADPM)

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