La question de la souveraineté

Alexandre Deschênes —

Dans le travail de porte-à-porte, un électeur dans la trentaine, d’origine iranienne, a soulevé que la question de la souveraineté l’inquiète lorsqu’il lit certains commentaires offensants qui sont publiés dans des journaux comme le Journal de Montréal.

Il faut saisir que la tentative de division du peuple Québécois sur la base de la langue ou de l’origine ethnique par la classe dirigeante n’est pas nouvelle. Cette tentative de bloquer toute unification nous empêche de nous emparer de notre pouvoir souverain en tant que peuple. Cela sert bien entendu l’intérêt de cette classe tout en lui permettant de se maintenir à la tête de l’État.

On le voit partout dans les médias monopolisés. Leurs chroniqueurs respectifs se boulimisent d’arguments sur l’identité que la nation devrait avoir. Ils se font chacun la courroie de transmission de son propre camp en nous imposant leur conception d’un monde rétrograde, où l’être humain est théorisé, sans aucune attache avec le monde réel. L’un par exemple défend une idée de la nation canadienne-française blanche provenant de l’époque de Duplessis, et l’autre une idée de la nation qui provient du multiculturalisme de Trudeau père. Mais le monde change et évolue. Ces concepts déjà erronés à l’époque ne s’appliquent pas plus aujourd’hui. Le Québec est et a toujours été une terre où les vagues migratoires se sont succédé au fil des siècles. Les Premières Nations y sont depuis des millénaires. Et à chaque vague, la réaction s’agite pour brandir des épouvantails, le mythe d’une nation « canadienne-française » d’un côté ou d’une « unité canadienne » menacée de l’autre.

Alors on continue de tenter de nous diviser.

Les anglophones et les allophones d’un côté, les francophones de l’autre. Les catholiques d’un bord, les musulmans dans un coin, les athées au milieu. « Purs-laines » contre « minorités visibles », etc. Mais ça ne fonctionne pas comme ça. Ça ne reflète pas la réalité. Sur les lieux de travail, dans la vie des quartiers des différentes villes, dans le monde réel, les gens échangent entre eux, discutent, s’unissent pour vivre et survivre. Et ce, sans égard à l’appartenance religieuse ou à l’origine ethnique. Et c’est là que se trouve la réponse.

La souveraineté du peuple québécois se fera par notre lutte commune, avec toutes les minorités nationales, ou ne se fera pas. Il est temps de nous réapproprier le débat au lieu de le laisser à la simple volonté des partis politiques et de leurs médias affiliés. Il est temps que nous prenions en main l’avenir de notre Nation en rejetant toutes formes de division des laquais de l’État. C’est à nous travailleuses et travailleurs, classe ouvrière en tête, de décider de notre avenir.

Alexandre Deschênes est le candidat du Parti marxiste-léniniste du Québec dans Gatineau.

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