Le débat des chefs

Jeudi soir aura lieu le premier de ce qu’on appelle « débats des chefs ». Ces débats sont organisés pour nous dire quels sont les « enjeux électoraux » et lequel de ces chefs que les citoyens n’ont pas choisis saura le mieux diriger le Québec. Qualifier ces événements de débats et laisser entendre qu’un de ces chefs sera choisi par le peuple pour diriger son pays est une fraude de premier ordre.

Les élections en cours sont la preuve que les citoyens n’ont pas les moyens de contrôler ce qui se passe même pendant une élection. Les médias contrôlent les questions et déclarent que telles et telles préoccupations sont les enjeux de l’élection. Et ce soi-disant débat des chefs ne comprend que les chefs de quatre des 22 partis reconnus par Élections Québec.

Au début de la campagne électorale, le PMLQ a dit qu’il fallait se poser la question : cette élection va-t-elle aboutir avec du pareil au même ou va-t-elle amener le changement de direction de l’économie dont les Québécois et Québécoises ont besoin ?

La classe dirigeante exige qu’un parti soit choisi pour former le prochain gouvernement qui ne changera pas la direction de l’économie. Tout nous permet de prédire avec certitude que le « débat des chefs » de jeudi soir réduira le niveau du discours politique de manière à cacher la vérité sur l’état de la situation sur tous les fronts, et surtout en ce qui concerne l’économie. Un discours désinformateur est déjà enclenché au sujet de l’immigration, s’il faut augmenter ou baisser le taux d’immigration et son impact sur le niveau de vie d’une classe moyenne mythique.

Le « débat des chefs » révélera tout au plus que le but de la classe dirigeante est que toutes les ressources de la société soient détournées pour payer les riches, en commençant par les ressources consacrées à l’élection elle-même.

Et cela nous ramène au problème le plus pressant pour les électeurs en ce moment : le besoin du renouveau démocratique. Les partis politiques, leurs chefs et les médias n’ont pas d’affaire à décider des enjeux de l’élection ou de la conduite de l’élection. Ces chefs n’ont pas été choisis par le peuple et les élections reposent sur une loi électorale et un régime de financement qui empêchent la participation du peuple.

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