La dignité de la classe ouvrière est dans la défense des droits de tous et toutes

Aujourd’hui 3 septembre, Fête du travail, les travailleurs dans le reste du Canada descendent dans la rue et organisent différentes activités pour défendre la dignité du travail. Au Québec, comme dans le reste du monde, cela se fait le Premier Mai. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, quand les États-Unis et le Canada se sont engagés dans la guerre froide, avec une campagne anticommuniste virulente, ils ne voulaient pas que les travailleurs aient cette journée de lutte et de revendications. Partout sauf au Québec ils ont réussi à remplacer le Premier Mai par la Fête du travail, un congé férié le premier lundi de septembre, une journée de festivité et de parades. Aux États-Unis le 1er mai a été déclaré journée de « fidélité à la patrie », pour obliger les travailleurs à jurer allégeance à la «liberté» dans la tradition de la guerre froide anticommuniste.

Aujourd’hui, partout ailleurs au Canada, le premier lundi de septembre, la Fête du travail, les travailleurs amènent leurs bannières et leurs drapeaux de luttes pour leurs droits. En cette occasion, le Centre ouvrier du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) publie un message de salutations dans lequel il dit ceci :

Cette année plus que jamais, en ce jour de la Fête du travail, il est évident que c’est la dignité du travail qui est en jeu. En raison de la grave crise de la démocratie, les travailleurs sont systématiquement privés de salaires correspondant au travail qu’ils accomplissent, de conditions qui garantissent leur santé et leur sécurité et d’une pension à la retraite. Ils sont également privés de moyens efficaces d’affirmer leurs droits.


Manifestation contre le rachat de Kinder Morgan, Vancouver, 24 août 2018

La classe dirigeante et les gouvernements à son service, avec leur courroie de transmission qu’est le système des partis de cartel, n’ont jamais été aussi désespérés de se maintenir à flot en s’emparant de toutes les ressources humaines et matérielles de la nation. Leur concurrence acharnée pour la richesse et le pouvoir est telle qu’ils passent leur vie à s’attaquer les uns les autres et à inventer des histoires pour faire croire au peuple que leur destruction nationale est dans l’intérêt national et pour le bien de tous.

Personne ne peut ignorer que les oligopoles possèdent un pouvoir économique et politique mondial déchaîné. Ils se sont emparés de positions dominantes dans l’ensemble de l’économie et de l’État et utilisent leur pouvoir pour favoriser leurs intérêts privés étroits aux dépens de la classe ouvrière et de tout le monde. Au sein de l’économie et de la société, les travailleurs doivent développer de nouvelles méthodes de lutte pour défendre leurs droits.


Les métallos de Hamilton à la Fête du travail 2017

La situation à laquelle les travailleurs sont confrontés suscite de vives préoccupations quant à l’orientation de l’économie et l’avenir de la société. À l’heure actuelle, l’offensive antisociale apparaît comme une concentration du pouvoir entre les mains des oligopoles mondiaux. Leurs arrangements supranationaux sont conçus pour mettre à leur disposition, dans leur empire privé, les ressources naturelles et les moyens de production de la nation ainsi que toutes les richesses sociales que produisent les travailleurs.

Les travailleurs se battent et les efforts du peuple pour s’investir du pouvoir de décider se manifestent par des revendications visant à réformer le processus politique. La classe dominante cherche désespérément à s’approprier l’initiative sur ce front pour taire ces revendications. Soumettre le Canada à la sécurité intérieure des États-Unis et écraser la résistance organisée des travailleurs et de leurs syndicats est au premier plan de l’assaut des oligopoles contre l’édifice national et la société. L’oligarchie financière sait très bien qu’une classe ouvrière organisée et consciente est le plus grand défenseur des droits et du bien-être de tous et des intérêts généraux de l’édifice national et de la société.

C’est pourquoi les travailleurs intensifient également leur opposition aux lois et aux dispositions qui foulent aux pieds leurs droits. Lorsque les oligopoles veulent quelque chose, ils exigent que les institutions publiques et les représentants politiques adoptent des lois et des règlements au service de leurs intérêts privés. La lutte des travailleurs pour la justice, la dignité humaine et les droits de tous est la seule ligne de défense entre le peuple et l’intensification de la paupérisation, de l’esclavage et de la guerre, menée sous les bannières de la prospérité, de la liberté, des droits de l’homme et de la démocratie pour quelques-uns.


Les travailleurs du secteur public de la Nouvelle-Écosse combattent
une loi antiouvrière, 21 septembre 2017.

Partout au pays, les travailleurs des secteurs de la fabrication, des mines, de la foresterie, des transports, de la santé et des services publics et privés, y compris les casinos, ainsi que les travailleurs blessés et les personnes âgées ont fait preuve d’une grande détermination à défendre leurs droits et leur honneur.


Des camionneurs de Rimouski participent à une journée d’action le 14 mai 2018.

Les grutiers du Québec et d’autres travailleurs du secteur de la construction se sont levés et ont tenu tête à l’arrogance des oligarques de la construction et de leurs malfaiteurs politiques et médiatiques. Les travailleurs de la construction refusent que leur honneur soit entaché et traîné dans la boue des calomnies médiatiques et des lois arriérées qui criminalisent leur droit de se faire entendre de façon organisée sur leurs conditions de travail.


Les grutiers manifestent à Montréal contre les changements non sécuritaires
à la formation professionelle le 5 mai 2018.

Les mineurs de sel de Goderich, en Ontario, et leur communauté se sont dressés pour empêcher les mercenaires briseurs de grève d’entrer dans la mine lors d’une grève récente. Par leur action, ils ont réussi à forcer les oligarques américains à négocier et à conclure un accord.


Les mineurs en grève de Goderich le 14 juillet 2018

Plus d’un millier de métallos de l’usine d’aluminium de Bécancour, au Québec, continuent de mobiliser leurs efforts pour faire lever un lockout qui dure plus de six mois. Les travailleurs ont porté leur lutte partout en Amérique du Nord pour expliquer comment les oligarques mondiaux manipulent le secteur de l’aluminium pour servir leurs intérêts privés et détruire ce que les travailleurs ont construit. Les oligarques de Rio Tinto et d’Alcoa, en collusion avec les gouvernements au pouvoir, volent non seulement la richesse sociale que produisent les travailleurs, mais détruisent toute perspective d’édification nationale.


Les travailleurs de l’aluminium de Bécancour en lockout le 23 mars 2018

En cette Fête du travail, que les travailleurs s’engagent à renforcer leur résistance organisée pour défendre les droits et la dignité de tous. Empêchons les oligarques d’exproprier la richesse sociale du pays pour s’enrichir tout en privant les travailleurs de leur droit de parole ou de contrôle sur l’économie et le produit social qu’ils créent.

Arrêtez de payer les riches !
Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !
Faisons du Canada une zone de paix !

 
(Tiré du Marxiste-Léniniste hébdomadaire. Photos : LML, ANCAI, FTQ Construction, UNIFOR, Métallos)

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