Soutien aux travailleuses et travailleurs du secteur public du Québec

Le gouvernement Legault doit cesser de faire obstacle au dénouement de la grève

– Geneviève Royer –

25 décembre 2023

Le vendredi 22 décembre était le 22e jour de grève générale illimitée des 66 500 enseignantes et enseignants de la Fédération autonome des enseignants (FAE). Cela signifie que les élèves de 12 centres de services scolaires des régions de Montréal, Québec, Montérégie, Estrie, Laurentides et Outaouais, soit près de 40 % des écoles du Québec, ne vont plus à l'école depuis le 23 novembre. La direction de la FAE informe régulièrement ses membres et la population des obstacles que pose le gouvernement Legault pour mettre fin à la grève.

Le 21 décembre, Mélanie Hubert, présidente de la FAE, a dit que malgré la vingtaine de journées de grève, le gouvernement n'était toujours pas en blitz de négociations et c'est par les médias que l'équipe de négociations apprenait qu'une offre allait être déposée dans la journée. Ce dernier dépôt a été rejeté : les demandes patronales déjà refusées sont présentées à nouveau, il y a d'importantes différences entre ce que les représentants du gouvernement disent et ce qui est sur papier lors du dépôt de l'offre. De plus, une des demandes les plus importantes des enseignants est la composition de la classe et le gouvernement refuse de s'engager dans des mécanismes qui assureraient l'ouverture de nouvelles classes pour répondre aux besoins des élèves. La présidente a précisé :

« Après plus de 90 rencontres en 11 mois de pourparlers, 20 jours de décompte avant la grève générale illimitée et 20 jours depuis le déclenchement de celle-ci, il ne fait plus aucun doute pour nous que le gouvernement de François Legault ne fait aucunement le choix d'aider l'école publique à se remettre de la dégradation qu'elle subit depuis 20 ans. La proposition patronale d'entente revient peu sur les propositions syndicales, maintes fois répétées. Le premier ministre et ses représentantes et représentants ont opté pour une stratégie d'épuisement des profs, en laissant perdurer ce conflit, ce qui est complètement inacceptable et irresponsable quand on considère la souffrance enseignante et les impacts du manque de services de qualité aux élèves. "

En fait, le gouvernement continue de contourner les éléments du contrat de travail qui le restreignent de faire ce qu'il veut dans la composition de la tâche d'un enseignant. Au centre de la bataille, c'est à l'augmentation des pouvoirs entre les mains du ministre de l'Éducation que les enseignants s'opposent. Le projet de loi 23, adopté le 7 décembre, est une autre réforme de la gouvernance scolaire qui permet de blâmer les enseignants pour la crise dans le système scolaire en leur imposant des formations sur des compétences attendues et définies par le gouvernement, au lieu de partir de l'expérience directe des travailleurs de l'éducation[1].

C'est tout à l'honneur des enseignants de refuser de retourner enseigner sans de nouvelles conditions de travail qui auront un effet direct sur la qualité des conditions d'étude et d'apprentissage des élèves. Le gouvernement Legault porte l'entière responsabilité de l'insécurité et de l'anxiété vécues par les enseignants et les familles depuis le 23 novembre.

Le 23 décembre, s'adressant aux médias, la présidente de la FAE a dit que les échanges avec la partie patronale se sont intensifiées depuis vendredi : « Ça travaille fort, mais il y a encore des discussions à avoir, des sujets à négocier, donc je vais me réserver. [...] On a toujours eu l'objectif d'avoir une entente avant les Fêtes, mais on ne signera pas une entente à rabais. »

Note

1. « Centralisation des pouvoirs entre les mains du ministre sous prétexte d'efficacité », Forum ouvrier, 22 septembre 2023

Christian Legeais, agent officiel du parti marxiste léniniste du Québec
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