Solstice d’été – Journée nationale des peuples autochtones

21 juin 2023

Le 21 juin, les peuples autochtones tiennent des célébrations à l’échelle du Canada à l’occasion du solstice d’été, marqué officiellement depuis 1996 comme la Journée nationale des peuples autochtones. Le solstice d’été, le jour le plus long de l’année, est pour les peuples autochtones un temps de rassemblement depuis les temps immémoriaux.

Ces dernières années, la Journée nationale des peuples autochtones a été aussi l’occasion pour les Premières Nations, les Métis et les Inuits, auxquels se joignent les Canadiens et les Québécois de tous les horizons, d’affirmer leurs droits face aux arrangements coloniaux que le gouvernement fédéral continue de leur imposer

Au Québec, la célébration du Solstice d’été est « une manifestation d’échange et d’amitié entre les nations qui peuplent le Québec ». Les nations autochtones organisent un « Solstice des nations » comprenant une Cérémonie du feu pour « le rapprochement des peuples vivant sur le territoire québécois » afin que « les braises de ce feu allument le feu de joie du Grand spectacle de la Fête nationale du Québec, sur les plaines d’Abraham ». Cela fait référence à la Fête nationale du Québec célébrée le 24 juin.

Les origines des célébrations du 21 au 24 juin sont anciennes et variées. Chez les peuples originels, le solstice d’été (qui selon le calendrier julien tombe le 24 juin) était célébré par des feux de joie symbolisant la source de vie qu’est le soleil. Aujourd’hui, ces feux de joie persistent comme le plus ancien symbole de l’événement. C’est une célébration du changement des saisons et de l’abondance qui vient avec la saison chaude.

La célébration de la Fête nationale du Québec inaugurée par Ludger Duvernay, rédacteur du journal patriote La Minerve, et les députés du Parti patriote tombait le même jour que la fête de la Saint-Jean-Baptiste, mais les deux événements étaient très différents. En fait, la fête de la Saint-Jean-Baptiste avait été créée il y a longtemps par le roi de France et le haut clergé catholique dans les colonies de l’empire de la France en opposition à la fête civile du solstice d’été le 21 juin, que célèbrent les nations autochtones.

Dans la France catholique de l’époque médiévale, la fête connue sous le nom de Saint-Jean-Baptiste tire son nom des sanctuaires établis par l’Église catholique pour lutter contre le paganisme. Elle a été transportée dans les colonies de l’empire de la France en opposition au solstice d’été célébré par les nations autochtones vers la même date. Avec le Concile de Trente (1545-1563), l’Église avait tenté de christianiser cette coutume de la célébration de la lumière autour d’un grand feu de joie pour lui substituer une représentation de soumission en la personne de saint Jean, « l’agneau de Dieu ». Dans cette même lignée, en 1702, monseigneur de Saint-Vallier, dans son Catéchisme du diocèse de Québec à l’intention des Canadiens, signalait que l’Église catholique au Nouveau Monde (dans les colonies de l’empire français) dit qu’il s’agit d’une cérémonie parfaite pourvu qu’on en bannisse « les danses et les superstitions », sous-entendues les croyances des nations autochtones.

Et ce n’est qu’en 1908 que le pape Pie X, supportant la division du peuple canadien en « Canadiens-français » et « Canadiens-anglais » que voulait imposer l’empire britannique, proclama saint Jean-Baptiste le saint patron des « Canadiens-français ». Soixante ans plus tard, le 24 juin de 1968 et 1969, en pleine période de résurgence du mouvement pour l’indépendance du Québec et de la souveraineté du peuple, ce symbole de la division et de la soumission fut écarté de la scène et le peuple dansa à nouveau autour d’un grand feu de joie pour célébrer la Fête nationale.


Christian Legeais, agent officiel du parti marxiste léniniste du Québec
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