Les contrats économiques au Canada

29 décembre 2023

Il est temps de donner une nouvelle direction pour l'économie !

Statistique Canada a annoncé que le produit intérieur brut (PIB) du Canada avait baissé de 0,3 % au troisième trimestre[1]. L'annonce d'une économie en recul malgré la croissance de la population n'est pas surprenante. Après tout, c'est le « plan », si l'on peut appeler cela un plan.

L'élite dirigeante a déclaré publiquement qu'elle voulait plonger le pays dans la récession pour « maîtriser l'inflation ». Elle a ensuite augmenté les taux d'intérêt de la banque centrale de manière agressive afin de décourager l'investissement dans l'économie et de la laisser péricliter. Certes, la liste des grandes entreprises mondiales et autres qui ont licencié des milliers de travailleurs ces dernières semaines n'est pas une bonne nouvelle pour les travailleurs, mais il fallait s'y attendre selon le « plan » de l'élite dirigeante[2]. Le « plan » en question est de mettre les travailleurs sur la défensive et de décourager les efforts pour s'organiser et se battre pour des salaires plus élevés, de meilleures conditions de travail et des investissements accrus dans les programmes sociaux.

Que l'inflation des prix soit maîtrisée ou non et que l'économie se contracte ou non, les travailleurs en paient le prix avec des problèmes sociaux non résolus et des inégalités croissantes. En fait, pour les élites dirigeantes, ils sont devenus jetables, ce qui crée un sentiment d'impuissance face à l'économie. Les travailleurs sont le facteur humain de l'économie, mais ils n'exercent aucun contrôle sur l'économie. En fait, les riches non plus n'ont aucun contrôle sur les immenses pouvoirs productifs créés par les forces productives partout dans le monde. Ils utilisent leur position de pouvoir et leurs privilèges pour former des coalitions et des cartels d'oligopoles et de partis au gouvernement pour faciliter le pillage des richesses produites par les travailleurs au pays et à l'étranger. Et ce que les riches ne peuvent contrôler, ils le détruisent. Les propriétaires individuels des moyens de production et des instruments financiers sont obsédés par leur propre enrichissement et se délectent de l'effondrement ou de la prise de contrôle des entreprises de leurs concurrents. Ils considèrent l'économie non pas comme la propriété et la responsabilité de tous pour l'amélioration de tous, mais comme une chose à exploiter au profit de quelques-uns et de leurs intérêts privés particuliers.

L'économie moderne est un tout unique avec des parties qui doivent fonctionner en harmonie si l'on veut éviter les ralentissements et les crises. Mais ce n'est certainement pas l'objectif de l'élite dirigeante qui tire le maximum de profit de l'économie pour ses intérêts privés particuliers. Avec des intérêts divergents qui contrôlent les prises de décision et qui cherchent à s'enrichir et à piller les fonds publics, il n'est pas surprenant que l'économie souffre de crises récurrentes. Comment pourrait-il en être autrement si l'économie socialisée et ses composantes ne sont pas organisées pour se complémenter les unes avec les autres pour le bien commun ?

Le gouvernement et ceux qui occupent des positions de pouvoir et de privilège déclarent qu'ils peuvent maîtriser l'inflation en forçant une contraction économique, tout en insistant pour que les gouvernements empruntent auprès de prêteurs privés pour couvrir les dettes contractées en payant les riches et en préparant la guerre. Ce sont là les principales causes de l'inflation des prix. Ils jettent les travailleurs au chômage sans se soucier de leur sécurité, privatisent les biens publics et privent les programmes sociaux des investissements dont ils ont besoin, tout cela dans le but aveugle de forcer une économie socialisée à servir leurs intérêts privés étroits et concurrents, bien que ce soit contre nature.

On pourrait rire de l'annonce d'une contraction de l'économie par Statistique Canada si cela n'avait pas des conséquences aussi brutales pour la population. Statistique Canada décrit une situation dans laquelle l'élite dirigeante qui contrôle les prises de décision au niveau de la gouvernance n'a pas l'intention de trouver et d'appliquer des solutions qui découlent de considérations objectives pour servir le bien commun, ni de s'attaquer à l'ensemble et à la racine des problèmes.

Les travailleurs constituent une force humaine largement supérieure et produisent tout ce dont la société et le peuple ont besoin pour vivre. Plus ils réclament à la société ce qui leur appartient de droit, plus ils règlent leurs comptes avec la vieille conscience de la société et l'appareil de l'État démocratique libéral qui ne parvient plus à s'acquitter de sa fonction de réconcilier les intérêts divergents.

Il est temps d'arrêter de payer les riches, d'arrêter de payer la dette, d'arrêter tout achat militaire aux États-Unis, de faire du Canada une zone de paix et d'augmenter les investissements dans les programmes sociaux pour résoudre les problèmes du pays et humaniser l'environnement social et naturel !

Notes

1. Le rapport du troisième trimestre est disponible ici : Le Quotidien – Produit intérieur brut, recettes et dépenses, troisième trimestre 2023.

2. Les licenciements concernent BT Group, 55 000; US Group, 35 000; Yellow Transportation, 30 000; Accenture, 19 000; Amazon 18 000; Nokia, 14 000; Vodafone, 11 000; Microsoft, 10 000; Meta, 10 000. Maersk licencie 10 000 personnes en raison d'un excédent de navires et d'une forte baisse des taux de fret. Ses bénéfices du troisième trimestre sont tombés à 521 millions de dollars, alors qu'ils atteignaient 8,88 milliards de dollars en 2022, année de la pandémie. En novembre, Stellantis a proposé des rachats à quelque 6 400 de ses 12 700 employés. L'entreprise américaine de vêtements Hanesbrands a fermé l'une de ses usines au Salvador, licenciant quelque 1 592 personnes. Le fabricant français de trains à grande vitesse, Alstom, a supprimé 10 % de ses effectifs, soit environ 1 500 personnes. Il a vendu des actions pour renforcer son bilan d'un milliard d'euros.

Christian Legeais, agent officiel du parti marxiste léniniste du Québec
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