La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec tient son 33e Congrès

Pour une plus grande unité d'action à la défense des droits et une discussion ouverte sur l'avenir du syndicalisme

- Pierre Chénier -

15 mars 2023

Du 16 au 19 janvier, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a tenu son 33e Congrès sur le thème « La FTQ aux devants – L'Avenir du syndicalisme ». Plus de 1000 délégués et déléguées étaient présents en tout temps au congrès, et le nombre total de participants, avec les observateurs et les invités, approchait les 1200 personnes.

Les principaux événements du Congrès ont été le discours du président sortant de la FTQ, Daniel Boyer, qui a pris sa retraite après neuf ans à titre de président et trois ans à titre de secrétaire général, le travail en commissions sur le thème du Congrès, la discussion et l'adoption d'une Déclaration de politique sur la pandémie de COVID-19, la discussion et l'adoption d'un vaste ensemble de résolutions, et les élections à la présidence, au poste de secrétaire général, et au Bureau de la FTQ. La FTQ a réitéré son initiative d'appeler à la tenue des États généraux du syndicalisme dans un avenir rapproché pour mobiliser tous les syndicats au Québec dans la discussion sur l'avenir du syndicalisme.

Le Congrès a été marqué par les interventions des délégués sur la nécessité de bâtir une plus grande unité d'action à la défense des droits des travailleurs et des travailleuses et des droits de tous les membres de la société, et par des discussions sur l'avenir de la FTQ et du syndicalisme. Bâtir une FTQ plus active dans la lutte pour les droits, où personne n'est abandonné à son sort, et plus influente dans l'opinion publique pour faire progresser les demandes des travailleurs, était au centre du Congrès.

Parlant avec passion, les participants au Congrès ont affirmé que la question des droits et de l'avenir du syndicalisme sont mises au premier plan par les attaques de l'État contre les conditions de vie et de travail et contre la voix des travailleurs et des travailleuses. Ils ont dénoncé en particulier le fait que la crise de la pandémie de COVID-19 a servi de terrain pour accentuer la concentration de pouvoir dans les pouvoirs exécutifs, la gouvernance par décrets ministériels par exemple, des pouvoirs qui se sont couverts d'immunité alors qu'ils s'attaquaient brutalement à ceux et celles qui maintenaient les services à bout de bras et sauvaient des vies au péril de la leur. Cela pousse les travailleurs et les travailleuses à intensifier leur lutte pour forcer ces pouvoirs exécutifs à rendre des comptes et à céder la place à de nouvelles formes de prise de décisions qui placent au centre ceux et celles qui font le travail. C'est seulement ainsi que le saccage et la privatisation toujours plus prononcés du système de santé et des services sociaux peuvent être enrayés.

Dans ce contexte, de vibrantes interventions ont été faites sur la nécessité de développer l'appui aux revendications des travailleurs et travailleuses du secteur public pour une amélioration substantielle de leurs conditions et des services par leur effort de renouveler leurs conventions collectives. Les délégués ont dit qu'ils s'attendent à ce que le gouvernement du Québec fasse comme le gouvernement Ford en Ontario et tente d'imposer les salaires et les conditions de travail aux employés du secteur public, en refusant de négocier et en préparant une loi spéciale. Des membres des syndicats du privé sont allés au micro pour dire qu'ils vont participer à toute action en appui aux travailleurs et travailleuses du secteur public et ne vont pas laisser le gouvernement imposer les conditions. Plusieurs ont dit à quel point ils ont été inspirés par les actions des travailleurs et des travailleuses de l'éducation en Ontario pour défier la loi spéciale du gouvernement Ford, le forçant à reculer. Le sentiment est que la même chose va se produire au Québec si le gouvernement Legault suit cette voie.

C'est avec cette conviction que les délégués sont intervenus dans les commissions sur le thème du Congrès, et parlé de la revitalisation des structures de la FTQ pour mobiliser davantage les membres et faire avancer le combat pour les droits.

C'est dans cet esprit que les élections se sont tenues aux postes de direction de la centrale. Magali Picard, une militante de longue date de l'Alliance de la fonction publique du Canada, a été élue présidente de la FTQ, la première femme et la première autochtone à occuper ce poste. Elle a indiqué dans ses remarques qu'elle entend agir sur la base de la soif de changement que le Congrès a exprimée, contribuant à une FTQ plus active sur le terrain pour appuyer et faire connaître les luttes des membres de la FTQ, des membres des autres syndicats et de tous ceux et celles qui se battent pour leurs droits et la justice sociale.

Christian Legeais, agent officiel du parti marxiste léniniste du Québec
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