La Chine répond à la désinformation et aux menaces de l’OTAN proférées au sommet de Vilnius

17 juillet 2023

L’approche hostile de l’OTAN envers la Chine est une préoccupation constante. La Chine moderne a été fondée sur la défense des intérêts du peuple chinois et le rejet de l’ingérence étrangère. Ainsi, parce qu’elle adopte une voie indépendante au service de ses propres intérêts et non ceux des États-Unis, de l’OTAN ou de qui que ce soit, les États-Unis, le Canada et d’autres pays prétendent qu’elle est une menace existentielle pour eux, même si elle n’a jamais menacé d’autres pays. En ce sens, le communiqué final de l’OTAN du sommet de Vilnius mentionne la Chine 15 fois et on y prétend qu’elle « affiche des ambitions et mène des politiques coercitives qui sont contraires à nos intérêts, à notre sécurité et à nos valeurs » et pose « des défis systémiques » à l’alliance.

Lors de conférences de presse les 12 et 13 juillet, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Chine Wang Wenbin a répondu à plusieurs questions au sujet des menaces et de la désinformation de l’OTAN envers la Chine ainsi qu’envers la République populaire démocratique de Corée. Ces questions et réponses sont publiées ci-dessous.

TASS (12 juillet) : Hier, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) a publié le communiqué du sommet de Vilnius, qui affirme que l’approfondissement du partenariat stratégique sino-russe et le renforcement mutuel des tentatives des deux pays visant à « saper » l’ordre international fondé sur des règles vont à l’encontre des intérêts et des valeurs de l’OTAN. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Les relations Chine-Russie sont fondées sur le principe de non-alliance, de non-confrontation et de non-ciblage d’une tierce partie. Elles dépassent le modèle d’alliance militaire et politique de l’époque de la guerre froide et constituent un modèle pour les relations entre grands pays, qui est fondamentalement différent des « cercles exclusifs » et de la confrontation des camps pratiqués par certains pays de l’OTAN.

Nous demandons instamment à l’OTAN de cesser ses accusations infondées et sa rhétorique provocatrice à l’égard de la Chine, d’abandonner la mentalité dépassée de la guerre froide et de renoncer à l’erreur que constitue la recherche d’une sécurité absolue. L’OTAN a provoqué des troubles en Europe, et elle ne doit pas chercher à semer le chaos ici en Asie-Pacifique ou ailleurs dans le monde.

Agence de presse Yonhap (12 juillet) : Ce matin, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a tiré un missile balistique. Dans son récent communiqué, l’OTAN a fermement condamné les programmes d’armes de destruction massive (ADM) et de missiles balistiques de la RPDC et l’a exhortée à réaliser la dénucléarisation d’une manière complète, vérifiable et irréversible. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet?

Wang Wenbin : Les questions relatives à la péninsule coréenne sont des questions politiques et de sécurité qui requièrent des efforts de la part de toutes les parties pour suivre la double approche consistant à poursuivre en parallèle l’établissement d’un mécanisme de paix et la dénucléarisation de la péninsule. L’OTAN n’est pas partie prenante aux problèmes de la péninsule coréenne. Son communiqué ignore le coeur du problème et l’impact négatif de la dissuasion et de la pression militaires des parties concernées, et ne mentionne pas sa politique de deux poids, deux mesures en matière de non-prolifération nucléaire. Cela n’est pas propice au règlement politique des problèmes de la péninsule coréenne.

La Chine a souligné à plusieurs reprises : « Si l’on ne remédie pas à l’absence d’un mécanisme de paix, qui est le noeud du problème, la péninsule peut difficilement se débarrasser du dilemme de sécurité qui génère des tensions et des confrontations. » La situation actuelle n’est pas celle que la Chine souhaite voir. Nous espérons que les parties s’engageront en faveur d’un règlement politique et qu’elles résoudront leurs préoccupations légitimes respectives de manière équilibrée par le biais d’un dialogue constructif pour maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule.

Beijing Youth Daily (12 juillet) : Selon les rapports, le communiqué du sommet de l’OTAN à Vilnius indique que la Chine développe et diversifie rapidement son arsenal nucléaire avec davantage d’ogives et des vecteurs plus sophistiqués et qu’elle manque de transparence. Le communiqué invite la Chine à s’engager dans des discussions sur la réduction des risques stratégiques et à promouvoir la stabilité stratégique par une plus grande transparence en ce qui concerne le nucléaire. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : L’OTAN, en tant qu’alliance militaire, est connue pour posséder l’arsenal nucléaire le plus important et le plus puissant au monde. Ces dernières années, elle s’est livrée à une diplomatie du mégaphone et a accusé de manière irresponsable la Chine de poser des menaces nucléaires. C’est tout simplement faux et hypocrite. La Chine en est gravement préoccupée et s’y oppose fermement.

La Chine est toujours extrêmement prudente et responsable en matière d’armes nucléaires. La Chine s’engage dans une stratégie nucléaire défensive et maintient ses capacités nucléaires au niveau minimum requis par la sécurité nationale. Nous n’avons jamais eu l’intention de nous engager dans une course aux armements nucléaires. La Chine applique une politique de « non-recours en premier » aux armes nucléaires, à tout moment et en toutes circonstances, et s’est engagée inconditionnellement à ne pas utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires contre des États non dotés d’armes nucléaires et des zones exemptes d’armes nucléaires. La Chine est le seul État doté d’armes nucléaires à avoir adopté une telle politique. Les États membres de l’OTAN prendraient-ils un tel engagement ?

La communauté internationale aurait cependant d’autant plus de raisons de s’inquiéter de l’accord de partage nucléaire de l’OTAN, par lequel l’OTAN maintient le plus grand arsenal nucléaire du monde. Certains États membres accélèrent la modernisation de leur puissance nucléaire, renforçant ainsi la soi-disant « dissuasion élargie » et augmentant le risque de prolifération nucléaire et de conflit nucléaire. Si les membres de l’OTAN sont réellement intéressés par la réduction du risque stratégique et la sauvegarde de la stabilité stratégique, ils devraient réduire le rôle des armes nucléaires dans les politiques de sécurité nationale et collective, promouvoir la stabilité stratégique par des actions concrètes et défendre la paix et la sécurité internationales et régionales.

China News Service (12 juillet) : Le sommet de l’OTAN qui se tient actuellement à Vilnius a publié un communiqué indiquant que les ambitions et les politiques coercitives de la Chine remettent en cause leurs intérêts, sécurité et valeurs et posent des défis systémiques à la sécurité euro-atlantique. Le communiqué indique également que la Chine s’efforce de renverser l’ordre international fondé sur des règles. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a exprimé des opinions similaires dans son article, déclarant que ce qui se passe en Europe aujourd’hui pourrait se produire en Asie demain. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Ce qui est déclaré dans le communiqué de l’OTAN est tout à fait contraire à la vérité et constitue le produit d’une mentalité de guerre froide et d’un parti pris idéologique. La Chine s’y oppose fermement. Plus de 30 ans après la fin de la guerre froide, l’OTAN, qui en est l’héritière, reste prisonnière d’une mentalité à somme nulle et considère le monde comme des blocs opposés. Malgré l’appel de la communauté mondiale en faveur de la paix, du développement et du progrès commun, l’OTAN continue d’agir à l’encontre de la tendance dominante et cherche à faire tourner la roue de l’histoire. Le monde ne s’en réjouira pas et cela n’aboutira pas.

L’OTAN prétend être une organisation régionale, tandis qu’elle dépasse le cadre géographique défini dans son traité, fait des incursions dans la région Asie-Pacifique à un rythme accéléré et cherche à devenir une OTAN mondiale. L’OTAN se déclare être une alliance défensive, tandis qu’elle encourage les États membres à augmenter leur budget militaire, à franchir la ligne de démarcation, à étendre leur mandat et à attiser la confrontation dans la région Asie-Pacifique. L’OTAN se vante de défendre un « ordre international fondé sur des règles », tandis qu’elle ignore le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales et s’ingère dans les affaires intérieures d’autres pays. L’OTAN a participé à plusieurs guerres et a joué les alarmistes sur les questions de sécurité, comme si le monde avait besoin de plus d’instabilité. L’OTAN constitue des cercles exclusifs et encourage la politique de groupe afin d’intensifier la confrontation idéologique et la confrontation des camps.

La Chine est une force pour la paix dans le monde, un contributeur au développement mondial, un défenseur de l’ordre international et une source de bien public. La Chine s’engage fermement à défendre le système international centré sur les Nations Unies, l’ordre international fondé sur le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales basées sur les objectifs et les principes de la Charte des Nations Unies. La Chine a un record satisfaisant en matière de paix et de sécurité. Nous n’avons jamais envahi un pays ni participé à une guerre par procuration. Nous n’avons jamais mené d’opérations militaires globales, menacé d’autres pays par la force, exporté une idéologie ou interféré dans les affaires intérieures d’autres pays. Nous ne créons pas de groupes militaires et n’y participons pas, et nous nous opposons à l’utilisation de la force ou de la menace de la force dans les relations internationales. En quoi une telle Chine poserait-elle des « défis systémiques » à l’OTAN?

La prospérité et la stabilité dont jouit depuis longtemps l’Asie-Pacifique dépendent du respect mutuel, de la coopération ouverte, des avantages réciproques et de la capacité à résoudre correctement les différends entre les pays de la région. L’incursion de l’OTAN dans la région Asie-Pacifique ne fera qu’attiser les tensions et conduire à une confrontation entre les camps, voire à une « nouvelle guerre froide » dans cette région. Les pays de l’Asie-Pacifique ne l’accueillent pas favorablement et de nombreux États membres de l’OTAN ne l’approuvent pas. L’Asie-Pacifique n’a pas besoin d’une « version Asie-Pacifique de l’OTAN ».

Nous demandons instamment à l’OTAN de cesser immédiatement de calomnier et de mentir au sujet de la Chine. L’OTAN doit abandonner la mentalité dépassée de la guerre froide et l’état d’esprit du jeu à somme nulle, renoncer à sa foi aveugle dans la puissance militaire et à sa pratique erronée de la recherche de la sécurité absolue, mettre un terme à sa dangereuse tentative de déstabilisation de l’Europe et de l’Asie-Pacifique et cesser de trouver des prétextes à son expansion continue. Nous exhortons l’OTAN à jouer un rôle constructif pour la paix et la stabilité dans le monde.

China News Service (13 juillet) : Lors de son sommet, l’OTAN a publié un communiqué disant que « les opérations hybrides ou cyber malveillantes de la Chine, sa rhétorique hostile et ses activités de désinformation portent atteinte à la sécurité de l’Alliance » et qu’elle « s’emploie à saper l’ordre international fondé sur des règles, notamment pour ce qui concerne le domaine cybernétique ». On soulève aussi dans le communiqué qu’« un acte isolé de cyber malveillance ou une série d’actes de cette nature pourrait atteindre le seuil correspondant à une attaque armée et conduire le Conseil de l’Atlantique Nord à décider d’invoquer l’article 5 du traité de Washington » et que l’OTAN doit « entériner un nouveau concept devant permettre de renforcer la contribution de la cyberdéfense à notre posture générale de dissuasion et de défense ». Que dit la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Comme nous pouvons le constater, la politique de cybersécurité de l’OTAN est présentement appropriée par certains États membres et des politiques de deux poids, deux mesures et des pratiques contradictoires y abondent.

L’OTAN dit que « des actes de cyber malveillance ou une série d’actes de cette nature pourrait atteindre le seuil correspondant à une attaque armée et conduire le Conseil de l’Atlantique Nord à décider d’invoquer l’article 5 ». Mais lorsqu’un de ses membres a lancé une stratégie de cybersécurité « agressive », l’OTAN a tout simplement choisi de l’ignorer. L’OTAN prétend promouvoir un « cyberespace pacifique ». Mais lorsque ses membres ont mené des attaques cybernétiques qui risquaient d’entraîner des puissances nucléaires dans un conflit géopolitique, l’OTAN l’a ignoré de façon sélective. L’OTAN dit qu’elle promeut l’ordre dans le cyberespace. Mais lorsqu’un de ses membres a déclaré que l’infrastructure critique d’un autre pays était une « cible légitime » en dépit d’un consensus de l’ONU, l’OTAN a simplement choisi de ne pas en parler.

Nous espérons que les petits et moyens États membres de l’OTAN seront plus conscients de la nécessité de rester stratégiquement indépendants en matière de cybersécurité. Nous exhortons l’OTAN, en particulier les grands pays au sein de l’OTAN, à rigoureusement respecter le cadre onusien d’un comportement d’État responsable dans le cyberespace et de travailler avec la communauté internationale pour défendre de façon responsable la paix et la stabilité dans le cyberespace.

Christian Legeais, agent officiel du parti marxiste léniniste du Québec
Politique de confidentialité