155 000 travailleuses et travailleurs de la fonction publique fédérale en grève

Continuons de soutenir les grévistes!

26 avril 2023

Des informations provenant de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et de partout au pays confirment la participation massive de plus de 110 000 des 155 000 grévistes sur les lignes de piquetage dans plus de 200 endroits. Ils sont accompagnés sur les lignes de piquetage de sympathisants, de travailleurs d'autres syndicats et de gens de la communauté partout au pays et le président de l'AFPC, Chris Aylward, signale que cette mobilisation a un bon effet sur les négociations. Ce dernier précise que c'est la détermination des membres à obtenir des salaires et des conditions de travail qu'ils jugent acceptables pour eux-mêmes et pour permettre la prestation de services qui a fait bouger les choses à la table de négociation.

Cette semaine, l'AFPC étend ses actions de grève aux ports et à d'autres infrastructures fédérales. L'objectif est d'accroître la pression sur le gouvernement fédéral pour le forcer à répondre aux justes revendications des travailleurs. Le 24 avril, le port de Montréal, le port de Vancouver et le port de St. John's à Terre-Neuve-et-Labrador ont été fermés par les travailleurs pendant une partie de la journée. Par leurs piquets de grève, les travailleuses et travailleurs de la fonction publique montrent l'importance du travail qu'ils accomplissent et de leur contribution et de l'immense valeur qu'ils ajoutent au fonctionnement de toutes les infrastructures fédérales. Loin d'être un coût, ils démontrent le rôle crucial qu'ils jouent dans l'économie du Canada.

Le jeudi 21 avril, en marge de l'annonce par le premier ministre Trudeau d'une subvention de 700 millions de dollars à une filiale de Volkswagen pour la construction d'une usine de batteries électriques à St. Thomas, en Ontario, et de 10 milliards de dollars de plus en incitatifs basés sur la production sur une période de 10 ans, les grévistes de l'AFPC ont défendu la dignité du travail en montrant que le discours du gouvernement Trudeau sur le soutien à la « classe moyenne » est une supercherie. Ils ont montré clairement que lorsqu'il s'agit des travailleurs, les gouvernements prétendent être pauvres et raisonnables parce qu'ils veulent utiliser les fonds publics pour payer les riches de diverses façons. La prétention du gouvernement selon laquelle les travailleurs de l'AFPC sont déraisonnables ou vont au-delà de ce qui est « compétitif » ne tient pas. Ce qui est déraisonnable, c'est que des milliards sont distribués chaque jour aux riches au nom d'« écologiser l'économie » afin que les États-Unis soient « compétitifs », alors que les travailleurs qui créent toute la valeur et fournissent tous les services, tant au Canada qu'aux États-Unis, se font dire de limiter leurs réclamations, d'être raisonnables et compétitifs ! C'est absurde et la position des travailleuses et travailleurs de l'AFPC, qui ont dit « Non », dégonfle l'arrogance du gouvernement Trudeau.

Ce n'est qu'après que quand le syndicat se préparait à débrayer que le Conseil du Trésor est passé d'une offre salariale d'un peu plus de 8 % sur quatre ans à 9 % sur trois ans. Cette offre demeure inacceptable, dit le syndicat. Sans la mobilisation des travailleurs, la situation à la table était dans une impasse sur cette question et sur d'autres. Lors d'une entrevue télévisée le 24 avril, le président de l'AFPC a déclaré que le syndicat avait entamé les négociations avec une demande d'augmentation de 13,5 % sur trois ans, par rapport à un taux d'inflation de 13,8 % au cours de la même période. Le syndicat a récemment modifié sa demande, a-t-il ajouté, mais la présente offre salariale du gouvernement ne mènera pas à une entente.

Il y a aussi du nouveau du côté du Conseil du Trésor sur la question du télétravail, que le syndicat veut inclure dans la convention collective. Celui-ci soutient que le télétravail fait maintenant partie du quotidien de nombreux travailleurs et la pandémie a montré que les travailleurs de la fonction publique peuvent être aussi efficaces à la maison qu'au bureau. Selon le syndicat, il est temps de se tourner vers l'avenir en négociant des mesures de protection du télétravail dans la convention collective au lieu d'insister, comme le fait le Conseil du Trésor, sur un retour obligatoire aux bureaux en violation du droit de négociation collective.

Dans une mise à jour du 23 avril, le président de l'AFPC écrit :

« Comme vous l'avez sans doute vu dans les médias en fin de semaine, les choses ont mal commencé à la table de négociation.

« Il y a eu des avancées, mais on n'a pas encore atteint nos objectifs.

« En ce qui concerne les enjeux communs aux membres du Conseil du Trésor, je peux vous dire qu'on a fait des percées par rapport au télétravail et qu'on se rapproche d'une entente pour ce qui est des augmentations de salaire.

« Du côté de l'Agence du revenu Canada, les pourparlers se poursuivent, mais comme l'employeur demeure campé sur ses positions, il y a eu peu de mouvement.

« Bref, on n'a pas encore franchi la ligne d'arrivée, mais je suis persuadé qu'on réussira à décrocher une entente juste et équitable pour nos 155 000 membres de l'AFPC en grève. »

C'est maintenant qu'il faut continuer de soutenir les travailleuses et travailleurs de la fonction publique en grève sur les lignes de piquetage. Ils se battent pour la dignité du travail de toutes et tous, ce qui contribue à inspirer tous les travailleuses et travailleurs à faire de même. Le gouvernement semble avoir de l'argent pour payer les riches pour toutes sortes de projets, mais lorsqu'il s'agit d'augmenter les salaires des travailleurs du secteur public, il oppose cela à la prestation de services en disant qu'il n'y a pas d'argent pour payer les deux. Il est clair qu'il mêle les priorités à un moment où tous les Canadiens savent que ce sont les coupures et l'offensive antisociale, dont la privatisation, qui affectent la prestation des services.

Faites connaître votre opposition à l'offensive antisociale en renforçant votre soutien aux membres de la fonction publique !

Trouvez le piquet de grève le plus près de chez vous en utilisant l'appli de l'AFPC: onnepeutpasattendre.ca

Christian Legeais, agent officiel du parti marxiste léniniste du Québec
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