Les employés d’entretien de la Société de transport de Montréal luttent pour leurs conditions de travail et leur qualité de vie

Gleason Frenette —

Le Syndicat du transport de Montréal comprend 2 450 membres, qui font tous les métiers, électriciens, mécaniciens, plombiers, soudeurs, etc. Nous avons environ 2 000 travailleurs de métier dans le syndicat et les autres membres sont des préposés à l’entretien.

Au début de 2017, l’employeur, la Société de transport de Montréal (STM), nous est arrivé avec une demande de centaines de reculs, notamment pour des changements d’horaires qui affectent nos conditions de travail et la qualité de vie de nos travailleurs. Alors que nous, c’est précisément cela qu’on veut améliorer, ce qu’on appelle la conciliation travail-famille. Nous avons déjà tenu plus de 100 rencontres avec les employeurs et nous n’avons même pas encore commencé à discuter de la question des salaires.

La STM veut que plus d’employés travaillent les fins de semaine, et plus de quarts de travail de soir et de nuit en général. Des employés seraient déplacés vers ces nouveaux horaires, mais ce sont surtout les nouveaux employés qui y seraient envoyés. Ils travailleraient aussi dans des horaires atypiques, comme trois jours de travail, puis trois jours de congé, suivis de quatre jours de travail. Ces horaires atypiques ne seraient pas seulement pour les nouveaux mais l’employeur met l’accent sur les nouveaux, pour essayer de développer une mentalité que « ça ne te touche pas, ça touche seulement les nouveaux ». Nous ne sommes pas du genre à accepter les clauses-orphelin.

L’employeur appelle cela de la flexibilité, mais en fait c’est un recul sur nos conditions de travail et sur la qualité de vie de nos membres. Nos employés font beaucoup de temps supplémentaire, plus de 500 000 heures par année. Je crois que la flexibilité, l’employeur l’a déjà. Beaucoup de nos employés travaillent déjà sur les quarts de fin de semaine, les quarts de soir, les quarts de travail qui se chevauchent tellement il y a de temps supplémentaire. La STM veut obtenir cette soi-disant flexibilité en évitant de payer du temps supplémentaire.

La mentalité change parmi les travailleurs, et on le voit surtout avec la nouvelle génération. On porte plus d’attention à la qualité de vie, à la possibilité de passer du temps avec nos familles. Il y a des moyens de réduire le temps supplémentaire, ce qui serait bénéfique aussi pour nos membres qui sont épuisés et qui font face aux dangers accrus d’accidents. Cela peut se faire en embauchant des travailleurs mais cela ne doit pas se faire en bouleversant nos conditions de travail et en rendant impossible une bonne qualité de vie.

La négociation actuelle est encadrée par la loi 24 qui a été adoptée par le gouvernement libéral en 2016. Cette loi encadre toutes les négociations dans le milieu municipal et le gouvernement nous a inclus là-dedans. La loi nous oblige à signer des contrats de cinq ans minimum. La durée de la négociation est encadrée.

Nous négocions maintenant en présence d’un médiateur pour une période de 60 jours. Une période de prolongation de 60 jours est prévue par la loi si le médiateur le propose ou si les parties le proposent. Dans le cas où le médiateur déclare que les négociations n’ont pas abouti à la fin de la médiation, c’est un mandataire spécial nommé par le gouvernement qui entre en scène. Le mandataire examine les questions qui n’ont pas été réglées à la table, et il peut faire un rapport au gouvernement demandant un décret de nos conditions de travail qui n’ont pas fait l’objet d’une entente. Le médiateur nous a assuré que si les pourparlers continuent, il va prolonger la médiation d’un autre 60 jours.

Nous sommes confiants qu’avec une période de prolongation, nous allons être capables de régler la négociation. Nos conditions de travail doivent être négociées, pas décrétées.

Gleason Frenette est le président du Syndicat du transport de Montréal (CSN).

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