La lutte pour des mesures immédiates et des solutions permanentes dans le réseau de la santé

Jeff Begley —

Plusieurs éléments démontrent que le réseau de la santé est à un point de rupture.

On en a l’exemple avec la crise importante qui existe dans la capacité de retenir et embaucher du personnel. De plus, étant donné la pénurie de main-d’oeuvre, les personnes qui restent sont davantage stressées et se retrouvent dans des situations où il faut donner toujours plus. Depuis 4 ans, il y a une augmentation de 25 % du nombre de personnes qui se retrouvent sur l’assurance-salaire de courte durée, qui peut aller jusqu’à deux ans. En même temps, il se fait très peu d’embauche dans le réseau de la santé parce les conditions sont devenues extrêmement mauvaises . Les gens se demandent pourquoi ils iraient travailler dans le secteur public qui a l’air d’un endroit vraiment chaotique. Nous ne sommes plus capables de retenir notre monde. En moyenne, les nouveaux et les nouvelles qui sont embauchés restent un maximum de trois ans. Ce n’était pas comme ça auparavant. Des préposés avec 20-25 ans d’expérience c’était monnaie courante dans le passé. Il y en a encore, des anciens par exemple qui doivent se rendre jusqu’à la retraite et restent. S’ils avaient d’autres choix, il y en a plusieurs qui quitteraient. Mais les jeunes qui commencent et qui disent, après une courte période de temps, que ça suffit et cherchent d’autre chose, il y en a de plus en plus.

La pénurie de main-d’oeuvre dans le réseau de la santé n’affecte pas seulement les infirmières et les préposés. Elle affecte aussi les gens qui travaillent dans les postes administratifs, les postes professionnels, et aussi dans les postes d’entretien et d’ouvriers spécialisés. C’est clair qu’il y a un lien direct entre cette pénurie et la détérioration des conditions.

À la FSSS-CSN, nous nous sommes dit qu’en même temps qu’il faut des solutions permanentes pour réparer les dégâts des 4 ans de règne du parti libéral et de la réforme Barrette, il faut des mesures immédiates pour assurer la rétention du personnel qui est sur place. C’est pourquoi nous demandons un investissement immédiat de 50 millions $ en attendant les prochaines négociations et des solutions permanentes. La prochaine ronde de négociations est en 2020 et si on attend avant d’agir, la situation va continuer de s’aggraver et on va détruire le réseau public.

Entre autres mesures, il faut injecter de l’argent immédiatement pour remplacer les gens qui sont sur l’assurance-salaire, et arrêter de les harceler pour qu’ils reviennent au travail avant qu’ils soient guéris. Comme il y a en ce moment une augmentation importante du nombre de personnes sur l’assurance-salaire, on les harcèle pour qu’elles reviennent au travail et elles redeviennent malades quelques mois plus tard. Nous sommes prêts à nous asseoir demain matin pour examiner l’application de mesures d’urgence dans les diférents types d’emplois tout en sachant que ce n’est pas une solution permanente.

Nous sommes présentement en période de préparation de consultations avec nos membres. Nous croyons fermement que nos membres sont capables d’identifier les solutions, et nous allons faire une vaste consultation de tous nos membres. Les gens qui travaillent et font fonctionner le système à bout de bras ont des solutions aux problèmes du secteur et vont participer à les identifier pour que cela se reflète à la table de négociation. Il y a entre autres la santé et la sécurité et notre revendication est que le secteur de la santé et des services sociaux devienne un secteur prioritaire dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail. À l’heure actuelle, il n’est pas considéré comme un secteur prioritaire. Pourtant nous avons un des pires dossiers en fait de santé et sécurité du personnel. Il faut faire de la prévention au lieu d’attendre que les gens tombent malades. Si nous étions considérés comme un secteur prioritaire, nous aurions des représentants en prévention et des comités conjoints de santé et sécurité. Dans le secteur de la santé et des services sociaux, c’est le zéro absolu du point prévention.

Jeff Begley est le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)

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