Être aux aguets contre toute forme de privatisation d’Hydro-Québec

Dany Bolduc —

Hydro-Québec est une organisation publique qui appartient aux Québécois. Le Québec d’aujourd’hui ne serait pas ce qu’il est si l’électricité n’avait pas été nationalisée dans les années 1960. Cette ressource naturelle sous forme d’hydroélectricité est un atout pour assurer un contrôle sur nos affaires, notre système de santé, d’éducation, les services publics, etc. Le danger de privatisation d’Hydro-Québec, qu’elle soit partielle, officielle ou non, sous toutes ses formes, existe. Selon le parti qui va prendre le pouvoir le 1er octobre, il est clair que le danger peut s’accentuer.

De plus en plus, la sous-traitance aux entrepreneurs privés fait son chemin à Hydro-Québec. On le voit non seulement sur des gros appareils, ou des installations d’appareils, mais progressivement on en voit aussi dans l’entretien du réseau. L’entretien a toujours appartenu aux travailleurs syndiqués à l’intérieur d’Hydro-Québec. Ce sont des emplois permanents, qui permettent une stabilité de vie et donc à des familles de s’installer dans la région, d’acheter une maison, etc. Nous faisons tout un travail contre cela, et nous avons réussi à restreindre cette sous-traitance, mais elle est toujours là et la menace à son sujet est toujours là, et elle s’est accentuée particulièrement les deux dernières années. Nos travailleurs sont maintenus sur la corde raide. C’est un effort pour les empêcher de se tenir debout et de réclamer ce qui leur est dû.

Partout où les entreprises d’énergie ont été privatisées, les tarifs ont grandement augmenté. Cela ne profite qu’aux grandes entreprises privées. Prenons les éoliennes. Les parcs éoliens qui sont construits au Québec sont privés. Hydro-Québec est obligé d’acheter l’électricité produite par les parcs éoliens même s’il n’en a pas besoin. Il est obligé de l’acheter à 12 cents du kw/h alors qu’il la vend à ses clients, donc aux Québécois, à 6 cents du kw/h. Cela est fait dans le but d’engraisser des grandes entreprises privées au détriment des Québécois. Majoritairement, ces contrats sont signés avec les monopoles énergétiques EDF-GDF qui sont au Québec, et un des grands actionnaires de ces monopoles énergétiques français c’est M. Desmarais. La hausse qu’on subit présentement des tarifs d’électricité, en particulièrement ces dernières années, coïncide avec les contrats privés pour l’éolien. Par contre, le discours qui est de plus en plus servi aux Québécois est que les hausses de tarifs sont causées par le fait qu’Hydro-Québec lui-même nous coûte cher et c’est un discours qui pointe vers la privatisation. Nous travaillons à faire de l’éducation publique sur cette question pour donner l’heure juste aux Québécois.

Il est très important de préserver et de développer Hydro-Québec en tant qu’entreprise publique qui appartient aux Québécois et aux Québécoises et qui est une entreprise de services à la population. Lorsque la tornade a frappé les gens de l’Outaouais la semaine dernière, nous avons envoyé six monteurs de la région pour aller aider au rétablissement des lignes électriques. Nos gens sont extrêmement professionnels, au-delà des choses qui se produisent avec l’employeur, au-delà de l’attitude que l’employeur peut avoir envers nos membres quotidiennement. L’important était de rétablir l’électricité pour les gens de la communauté parce qu’en 2018 la vie s’arrête quand il n’y a pas d’électricité. Quand on a besoin de nous, nous allons aider en Ontario, au Nouveau-Brunswick et ailleurs, et les travailleurs nous rendent la pareille en cas de besoin, et on a même vu des travailleurs des États-Unis venir nous aider dans des situations d’urgence. Nos gens font preuve d’un professionnalisme hors du commun et ils ont le service à la population ancré dans le coeur.

Dany Bolduc est vice-président provincial, région Saguenay-Lac-St-Jean-Chibougamau, de la section 1500 du Syndicat canadien de la fonction publique.

(English)