Défendre nos services publics et leur gestion à l’interne

Robin Côté —

Le gros problème que nous avons dans le secteur municipal ici à Alma et ailleurs au Québec, c’est le travail qui est donné à la sous-traitance, ce qui enlève des emplois à nos travailleurs à nous, que ce soit les travailleurs permanents ou les travailleurs temporaires, occasionnels. Notre section locale a environ 160 membres, cols bleus et cols blancs. Nous fournissons des services importants pour le fonctionnement de la ville, déneigement, asphalte, trottoirs, entretien des égouts, usine d’eau potable, travail de bureau, etc.

Nous combattons la sous-traitance parce qu’elle menace nos emplois et en plus le travail qui est fait en sous-traitance est souvent plus cher, et la qualité du travail à l’interne est supérieure au travail fait en sous-traitance. Nous avons réussi à mettre dans notre convention collective que la ville ne peut pas donner du travail en sous-traitance qui va mener à la mise à pied de travailleurs permanents. Cependant, nous avons beaucoup d’employés temporaires et ils ne sont pas protégés de la même manière par la convention collective. Ils peuvent être mis à pied. Les travailleurs permanents sont protégés, mais si tout s’en va à la sous-traitance, quand nous négocions notre convention et que nous n’avons plus de travailleurs temporaires et occasionnels alors la pression sur les membres va être très forte parce que la ville va dire qu’il n’y a plus de travail pour eux. Cette pression sur les employés municipaux est constante, à Alma et dans tout le Québec.

Nous nous battons aussi pour que le contrôle de nos services publics ne passe pas dans les mains des conglomérats de grosses entreprises internationales via les négociations entre les pays comme les ententes de libre-échange. Par exemple, les grandes entreprises privées internationales convoitent beaucoup les usines d’eau potable. Si elles ne peuvent pas directement s’emparer de nos services publics, elles peuvent demander des indemnisations parce qu’elles n’ont pas pu postuler pour le service. Cela nous préoccupe beaucoup et il faut faire une pression constante sur les gouvernements pour qu’ils ne laissent pas aller nos services publics à ces entreprises. Nos centrales syndicales doivent aller sur toutes les tribunes pour protéger nos services publics. C’est de la sous-traitance à l’échelle internationale.

Il faut défendre nos services publics, et il faut défendre leur gestion à l’interne. Les grandes entreprises veulent faire du profit avec nos services publics. Nous on donne un service à la population. On ne fait pas de profit avec les services.

Robin Côté est le président de la section locale 2541 du Syndicat canadien de la fonction publique.

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