Les personnes assistées sociales affirment leur dignité en défendant leurs droits

Serge Lachapelle —

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) a souligné cette année la 45e édition de sa Semaine de la dignité des personnes assistées sociales. Les personnes assistées sociales qui sont parmi les plus vulnérables de la société ont subi une attaque brutale de la part du gouvernement libéral en 2018 et ce sous la forme de la loi° 173, Loi visant principalement à instaurer un revenu de base pour des personnes qui présentent des contraintes sévères à l’emploi. Cette loi est également connue sous le nom de programme Objectif emploi. Elle fait partie du mal nommé « 3e Plan de lutte à la pauvreté ».

Ce revenu de base introduit une nouvelle catégorie à l’aide sociale qui débouche sur une différence de traitement. Tout le monde s’entend pour dire que les personnes en situation de handicap ont des besoins particuliers. Mais comme le souligne le FCPASQ, « elles partagent avec l’ensemble des personnes assistées sociales des préoccupations communes : suffisamment d’argent pour vivre, subir moins de préjugés et avoir accès à des mesures d’employabilité et d’intégration sociale adaptées à leur réalité. Or, actuellement, chaque programme est traité différemment et cela crée des injustices. »

Ce que les groupes communautaires, les syndicats et les groupes de défense des droits ont dénoncé d’une seule voix, c’est le fait que le gouvernement a choisi de laisser les autres personnes à l’aide sociale avec un revenu extrêmement bas et de conserver la menace de coupure prévue dans le programme Objectif emploi. « Dans son approche le ministre Blais (ministre de l’Emploi et de la solidarité sociale à l’époque) considère que les personnes à l’aide sociale n’ayant pas de contrainte sévère reconnue ne méritent pas d’amélioration de leurs conditions. C’est scandaleux! Se faisant on agrandit la disparité de traitement et les personnes sans contrainte reconnue verront leurs droits encore plus bafoués », s’indigne Yann Tremblay-Marcotte du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ).

« La Mesure du panier de consommation est un minimum vital à octroyer. Condamner une catégorie de la population à vivre avec 55% de ce montant est inhumain. Nous savons que maintenir des personnes trop longtemps dans la pauvreté affecte leur santé physique et mentale et nuit à leurs chances d’intégrer le travail. C’est un choix gouvernemental que de traiter les personnes sans emploi avec si peu de dignité », ajoute Yann Tremblay-Marcotte.

Loin de se laisser démoraliser par ces attaques, les personnes assistées sociales ont compris qu’elle doivent opposer au programme antisocial leur propre ordre du jour.

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec profite des élections pour lancer une plateforme qui inclut 10 revendications pour régler des injustices à l’aide sociale. L’organisation ajoute: « On s’entend, il y a beaucoup plus de problèmes que ça à l’aide sociale. C’est pour ça que notre revendication principale demeure l’instauration d’un Revenu social universel garanti. Pendant la période électorale, nous invitons les personnes à utiliser nos revendications ou interpeller les candidat.e.s sur des enjeux qui concernent la pauvreté et qui les préoccupe. »

Le Front commun s’est engagé à informer les gens des réponses des politiciens et politiciennes.

Pour plus d’informations on peut visiter le site du FCPASQ : fcpasq.qc.ca

Serge Lachapelle est le candidat du PMLQ dans Mercier.

(Photo: FCPASQ)

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