Le problème auquel sont confrontés les travailleurs et travailleuses des Postes

Louis Lang —

Bien qu’à première vue cette question ne semble pas avoir sa place dans les élections québécoises, j’en parle parce qu’elle est un exemple typique des duperies et supercheries auxquelles la classe ouvrière est confrontée dans la négociation collective, les approches hostiles que le gouvernement soutient au nom de la liberté et de la démocratie. Quand il s’agit de défendre la « liberté » des intérêts privés de voler et de piller les travailleurs et le peuple, les gouvernements déclarent qu’ils ne peuvent pas intervenir dans l’économie. Mais quand il s’agit d’adopter des lois et de criminaliser les travailleurs qui luttent pour leurs droits, ces mêmes gouvernements déclarent qu’ils défendent la liberté, la démocratie, l’intérêt national, l’économie, etc.

J’en parle aussi en lien avec les élections au Québec parce qu’un grand nombre de nos collègues au Québec subissent la pression d’abandonner ce qui leur appartient de droit. La défense de leurs droits est une question qui concerne tout le monde.

Depuis de nombreuses années, Postes Canada a violé les règlements fédéraux régissant l’équité salariale. Non seulement la société d’État n’a-t-elle pas rémunéré à leur juste valeur les facteurs et factrices ruraux et suburbains (FFRS), mais elle leur a imposé des conditions de travail exécrables et les a privés d’avantages sociaux qui leur revenaient de droit. Et voilà que Postes Canada prétend qu’accorder aux travailleurs les salaires et les avantages sociaux auxquels ils ont droit selon la loi et la justice créera d’« importantes difficultés financières » pour la société d’État.

Suite à un procès judiciaire d’arbitrage le 31 mai 2018, il a été décidé que bien que les facteurs et factrices urbains et les FFRS soient embauchés en fonction des mêmes capacités au travail et font un travail similaire dans la livraison du courrier, il y a un important écart salarial entre les deux.

Plutôt que de verser les sommes dues, Postes Canada tente de forcer les travailleurs au cours de ces négociations à laisser tomber ce qui leur appartient de droit et de « négocier » une réduction de ce que Postes Canada doit verser. La société d’État tente aussi de semer la discorde en prétendant qu’elle ne pourra payer les FFRS qu’au détriment des travailleurs urbains.

Le 28 août, Postes Canada a annoncé les résultats d’un rapport de deuxième trimestre et a fait preuve, comme d’habitude, de créativité comptable. Elle prétend avoir un manque à gagner de 242 millions de dollars, mais il s’agit d’une astuce comptable, car le manque à gagner est l’équivalent du montant que doit verser la société d’État pour régler le litige d’équité salariale qui perdure avec ses FFRS organisés par le STTP.

Ce conflit perdure maintenant depuis plus de deux ans puisque Postes Canada ne veut tout simplement pas honorer les réclamations légitimes de ses employés ruraux et suburbains. La société d’État a refusé d’en arriver à une entente dans le processus de médiation sur l’équité salariale, même si selon la procédure judiciaire il a été établi que la rémunération des FFRS est inférieure de 25 % à celle des facteurs urbains. Il est à noter que 80 % des FFRS sont des femmes.

Toutes les fanfaronnades de Postes Canada avec la complicité des médias monopolisés au sujet d’« importantes pertes financières » servent à dissimuler que pendant de nombreuses années la société d’État a violé les règlements fédéraux régissant l’équité salariale et que non seulement elle n’a pas rémunéré les FFRS à leur juste valeur mais elle leur a aussi imposé des conditions de travail exécrables et les a privés d’avantages sociaux qui leur revenaient de droit.

Cela ne doit pas passer !

Louis Lang est un postier à la retraite et le candidat du PMLQ dans Pontiac.

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