La crise du logement peut et doit être résolue

Serge Lachapelle —

Du 2 au 29 septembre, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) organise ce qui est assurément l’un des événements les plus ambitieux de son histoire. Il s’agit d’une grande marche de 500 kilomètres d’Ottawa à Québec intitulée « De villes en villages pour le droit au logement ».

Selon le recensement de 2016, 457 275 ménages locataires du Québec consacrent plus que la norme de 30 % de leur revenu pour se loger. On estime que des centaines de milliers de personnes vivent dans des logements trop chers, en mauvais état, voire insalubres, ou trop petits. Inutile de dire que ces mauvaises conditions de logement ont des impacts directs sur leur sécurité, leur santé et la pleine jouissance de leurs droits.

Les gouvernements, que ce soit fédéral ou provincial, refusent de fournir les ressources nécessaires pour que soit pleinement garanti le droit au logement. Les statistiques sont éloquentes. Depuis cinq ans, seulement 9953 nouveaux logements sociaux ont été livrés au Québec, alors que près de 40 000 ménages sont inscrits sur une liste d’attente pour un logement public (HLM), sans compter tous ceux espérant obtenir un logement dans une coopérative ou un OSBL d’habitation.

En 2018, Québec n’a budgété que 273 millions $, pour réaliser 3000 nouveaux logements sociaux, malgré des surplus de 4,4 milliards $ l’année précédente et une remise de 2,3 milliards $ en baisses d’impôts. Son manque d’investissements dans le logement social n’est donc pas un problème d’argent, mais bien de volonté politique.

Il y a quelques jours le premier ministre Couillard a été confronté par un des marcheurs qui lui a présenté la demande du FRAPRU qui considère que la résolution de la crise du logement passe par la construction de 50 000 logements sur cinq ans.

Loin de répondre positivement à cette demande, le premier ministre a répété qu’il s’engageait à réaliser 3 000 nouveaux logements sociaux. Il a même ajouté que tout cela serait possible si l’argent nécessaire était disponible.

Il est plus qu’évident qu’on ne peut compter sur les libéraux et tous les adeptes du néolibéralisme pour assurer que les droits de tous soient pleinement garantis.

Seule la classe ouvrière par son expérience à la largeur d’esprit pour concevoir qu’un Québec moderne doit garantir les droits de tous.

Serge Lachapelle est le candidat du PMLQ dans Mercier.

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