Pas question de privatiser la Société des alcools du Québec

Éric Forget —

La menace de la privatisation de la Société des alcools du Québec (SAQ) plane constamment sur nous. Le premier ministre Philippe Couillard s’est déclaré en faveur de la libéralisation du marché et il a commandé une étude à ce sujet en juillet dernier à la firme PricewaterhouseCoopers. Il faut savoir que la SAQ avait embauché cette firme en 2008 pour faire une étude sur l’optimisation des ressources de la SAQ. Lors de la négociation de 2010, la SAQ s’était présentée à la table de négociation avec des demandes qui provenaient de cette étude.

Dans la négociation actuelle, nous avons remarqué que l’employeur est d’abord arrivé avec des demandes de diminution de postes à temps plein. C’était pour préparer le terrain à une libéralisation du marché. Ils essayaient de négocier une convention qui mènerait à une réduction du personnel et des succursales. Ils ont laissé tomber pour l’instant certaines de ces demandes, mais la menace de privatisation plane toujours avec l’appui du gouvernement libéral à la libéralisation du marché et le rapport qu’il a commandé. On attend de lire ce rapport. On ne sait pas si les libéraux vont le sortir pendant l’élection. En ce qui concerne la CAQ, elle appuie ouvertement la privatisation de la SAQ.

La privatisation de la SAQ entraînerait la réduction du nombre de succursales. Il y aurait encore des succursales de la SAQ, mais d’autres entreprises auraient le droit d’ouvrir leur magasin pour faire concurrence à la SAQ. La réduction du nombre de succursales créerait une perte massive d’emplois parmi nos travailleurs syndiqués, tant parmi les temps pleins que les temps partiels. Les travailleurs engagés dans les magasins privés auraient des salaires et des conditions de travail très inférieurs aux nôtres. On connaîtrait un abaissement des conditions dans le secteur.

Pourquoi voudrait-on appauvrir les travailleurs et rendre leur situation encore plus précaire ? En plus le gouvernement du Québec se priverait d’une grande source de revenus car la SAQ lui verse plus d’un milliard de dollars par année en dividendes. Pourquoi le gouvernement du Québec se priverait-il de ces fonds, juste pour les remettre au privé ? Ça n’a pas de sens et c’est irresponsable.

Éric Forget est le vice-président responsable des griefs et des relations de travail en magasin du Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ.

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