Préparatifs de guerre à Montréal

Du 10 au 21 septembre, différents secteurs de la ville de Montréal serviront de lieu pour des « expériences en environnement urbain contesté (EUC 18) ». Ces exercices de guerre sont sous l’égide des Five Eyes (Cinq yeux), réseau mondial d’espionnage dirigé par les États-Unis, dont font aussi partie le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni.

Créée en 1947 par les États-Unis et le Royaume-Uni sous le nom d’ÉCHELON pour entre autres choses espionner l’URSS, l’alliance des Five Eyes se spécialise dans l’espionnage et la surveillance contre des compagnies et des gouvernements étrangers, ainsi que contre leurs citoyens respectifs. En 2013, l’ancien agent de la CIA, Edward Snowden, décrivait les Five Eyes comme « une agence de renseignement supranationale qui ne répond pas aux lois de ses propres pays membres ». Le Canada, étant intégré à la sécurité intérieure des États-Unis, participe activement aux efforts de guerre, d’espionnage et de déstabilisation impérialiste. À titre d’exemple, le 6 octobre 2013, il a été révélé que le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC) – agence membre des Five Eyes – avait espionné le ministre et le ministère de l’Énergie et des Mines au Brésil, ainsi que des communications internes et diplomatiques entre le gouvernement brésilien et d’autres organisations gouvernementales et internationales.

La Défense nationale du Canada présente les exercices de guerre qui se tiendront à Montréal comme une façon « d’appuyer l’avancement de la recherche sur la meilleure façon de mener des opérations militaires dans des environnements urbains. »

Selon La Presse, « Pas moins de 150 scientifiques et une centaine de soldats mettront à l’épreuve différentes technologies.[…] On testera notamment une veste balistique dite intelligente. Bourrée d’électronique, celle-ci cherche à faciliter les échanges d’informations entre les soldats sur le terrain et leurs supérieurs. Un prototype de ‘poste mobile d’observation’, alliant trois types de caméras, sera aussi mis à l’essai.[…] Un exosquelette permettant aux soldats de porter de lourdes charges ou de ménager leurs forces sur de longues distances sera aussi testé. » Des technologies de communications et de commandement et contrôle, comme des systèmes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance terrestres, mais aussi aéroportées seront testées. Le site 45e Nord cite aussi un système de « surveillance et reconnaissance (utilisé d’ailleurs lors du récent sommet du G7 dans Charlevoix), un mur de protection innovant censé remplacer les sacs de sable, un système mobile de barrière pour véhicule ou bien un camion mobile qui fait la détection de matériel biologique grâce à un laser. »

Patrick Maupin, directeur de l’expérimentation EUC 18, a dit qu’« on ne surveille pas les communications [des citoyens]. Non, ça ne fait pas partie de l’expérience. »

Ces exercices de guerre ont lieu au belvédère Kondiaronk, au sommet du mont Royal, près du Silo no 5, dans le Vieux-Port et rue de la Montagne. Le centre nerveux des opérations se trouvera au manège militaire Côte-des-Neiges, où les scientifiques analyseront l’ensemble des données colligées par les capteurs dont seront équipés les soldats.

(LML, Wikipédia, Défense nationale du Canada, La Presse, 45e Nord)

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