Le pillage de nos ressources

Normand Fournier —

Les gouvernements du passé et du présent ont cédé aux oligopoles internationaux la totalité des ressources minérales connues du territoire québécois. Ils l’ont fait sans consulter et obtenir l’autorisation des Québécois et des communautés et en négation totale des droits ancestraux des peuples autochtones.

Encore aujourd’hui, la Loi sur les mines repose sur le « free mining », le libre accès au territoire pour l’exploration minière et la pratique du premier arrivé, premier servi. Elle maintient le pouvoir des sociétés minières d’exproprier des citoyens. Elle ne reconnaît pas à qui appartiennent les ressources naturelles, c’est-à-dire au peuple. Elle se contente de dire que le peuple doit obtenir sa part de l’exploitation des ressources et en essence elle réduit ce droit à l’obtention de redevances que les minières versent au trésor public.

En fait, de l’ensemble de la valeur nouvelle que produisent les travailleurs miniers, très peu demeure dans les communautés ou fait l’objet d’une réclamation gouvernementale. À part les salaires et les avantages sociaux, il y a la réclamation des gouvernements en redevances et impôts miniers, mais ceux-ci sont minimes et font l’objet d’un grand mystère de la part du gouvernement. Le fait demeure qu’une très grande partie de la nouvelle valeur créée par les travailleurs miniers ne reste pas dans la communauté pour servir le développement multiforme diversifié de l’économie locale. Elle lui est soutirée et est expédiée vers les coffres d’oligopoles privés.

Selon des données compilées par Le Devoir, sur la base des chiffres avancés par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, les sociétés minières ont versé un milliard de dollars de redevances depuis 2009, alors que la valeur des minerais tirés du sol a dépassé les 54 milliards (la valeur projetée estimée aux prix du marché). Ce sont les sociétés minières elles-mêmes qui fournissent les données sur leur production, et le nombre d’exemptions en ce qui concerne leurs redevances et leurs impôts est réputé pour être faramineux.

De plus, les gouvernements multiplient les manoeuvres pour payer les riches à l’intention des grandes sociétés minières, notamment en leur fournissant l’infrastructure comme les routes, des subsides, les services d’expertise gouvernementale, etc.

La vie des travailleurs et des communautés est sans cesse bouleversée par les crises récurrentes qui frappent le secteur. Pour détourner l’attention de la nécessité d’établir le contrôle du peuple sur les ressources minières et naturelles dans son ensemble, l’élite dirigeante présente les crises comme des phénomènes naturels tels des tremblements de terre. En fait, la rivalité des oligopoles miniers pour le profit et la domination est un facteur direct de ces crises et de ces bouleversements. Les oligopoles comme Rio Tinto, BHP Billiton ou Arcelor Mittal utilisent notamment leur empire pour inonder les marchés de leur production de fer pour faire baisser les prix et tuer des joueurs, puis ils utilisent leurs propres activités destructrices pour exiger des concessions aux travailleurs, aux communautés et à l’État.

En 2014, les oligarques financiers qui contrôlent le monopole américain Cliffs Resources ont décidé de mettre fin à leurs activités au Canada. Ils ont fermé la mine Wabush au Labrador, éliminant 400 emplois au Labrador et une centaine d’autres sur la Côte-Nord au Québec, causant de sérieux dommages à l’économie locale. Ils ont ensuite fermé la mine du lac Bloom sur la Côte-Nord, éliminant 500 emplois d’un coup, causant encore une fois de grands dommages à la communauté. Ils y avaient déjà causé beaucoup de torts en faisant reposer la production entièrement sur des travailleurs amenés et retournés par navettage (le Fly in – Fly Out), ce qui ne bâtit rien pour l’économie locale. Ils ont ensuite obtenu l’appui des tribunaux pour se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Ils ont utilisé les pouvoirs policiers de la LACC pour réduire de manière brutale les pensions et les avantages sociaux à la retraite de centaines de travailleurs et de retraités de Wabush au Labrador et au Québec. Ils l’ont fait au moment-même où les travailleurs et leurs conjoints et conjointes en ont le plus besoin alors qu’ils avancent en âge et souffrent des impacts d’une vie passée à la mine. C’est seulement suite à la lutte déterminée des anciens travailleurs et des retraités que ceux-ci ont pu récupérer récemment une partie de ces sommes.

En tant que candidat du PMLQ, j’appelle les travailleurs à discuter de cette question du contrôle et de l’exploitation des ressources minières au profit de l’oligarchie financière mondiale qui leur causent tant de problèmes, à eux, à l’économie locale et à l’économie nationale.

Normand Fournier est candidat du Parti marxiste-léniniste du Québec dans Mont-Royal-Outremont.

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