La lutte des Métallos contre le diktat de la haute direction d’Alcoa

Un des enjeux très importants qui est complètement absent de la campagne électorale est celui des droits des travailleurs qui sont foulés aux pieds par les grandes compagnies multinationales sans que le gouvernement fasse quoi que ce soit. En fait, non seulement le gouvernement ne protège pas les droits des travailleurs mais il se joint à ces grandes multinationales pour criminaliser les travailleurs lorsqu’ils se défendent.

Le 6 septembre prochain, le Syndicat des Métallos se rend à Pittsburgh aux États-Unis pour rencontrer la direction d’Alcoa pour tenter de débloquer les négociations. Il s’agit de mettre fin au lockout contre les travailleurs de l’aluminium d’ABI qui perdure depuis le 11 janvier cette année.[1] Les 1300 travailleurs de l’aluminerie ABI de Bécancour, dans la région du Centre-du-Québec, ont été mis en lockout par les propriétaires d’ABI, c’est-à-dire les monopoles Alcoa et Rio Tinto (propriétaires de l’aluminerie à 74,9 % et 25,1 % respectivement). Les propriétaires ont systématiquement refusé de discuter et de négocier avec les travailleurs pour en arriver à une entente qui soit acceptable pour eux.

Vers la fin de 2017, les propriétaires ont demandé des concessions dans le régime de retraite et dans les clauses d’ancienneté et présenté leur offre finale à cet effet en décembre. Les travailleurs ont rejeté l’offre en janvier tout en indiquant qu’avec plus de discussions une entente serait possible. Au lieu de discuter et de négocier, la direction d’ABI a immédiatement mis les travailleurs en lockout. En mars, les représentants des propriétaires ont même retiré leur offre de la table et dit qu’ils allaient maintenant demander une restructuration complète de l’entreprise.

Du même souffle, ils ont accusé les travailleurs d’avoir fait du sabotage dans l’usine bien avant le lockout sans fournir aucun fait à l’appui. En avril, ils ont déposé un grief en dommages de 19 millions $ contre la section locale 9700 du Syndicat des Métallos qui représente les travailleurs d’ABI et tous ses officiers. Ils ont allégué que les travailleurs d’ABI se sont engagés dans des actions illégales dans l’usine ayant causé des dommages de 19 millions $. Le syndicat local a rejeté ces allégations comme étant fausses et a fait valoir que la direction d’ABI ne leur a même jamais parlé de ces allégations pendant tous ces longs mois. Le syndicat conteste ce grief comme étant sans fondement et une tentative de la compagnie de justifier son refus de négocier. En juillet, la direction d’ABI a exigé une nouvelle concession, dont elle n’avait jamais parlé avant, soit une coupure de 20 % des emplois syndiqués.

Les travailleurs d’ABI sont ceux qui produisent la valeur-aluminium et la dignité de leur travail doit être respectée. Les propriétaires d’ABI refusent de le faire. En tant que grands monopoles supranationaux qui exercent un contrôle écrasant sur la production mondiale de l’aluminium, ils manipulent constamment l’offre et le prix du métal pour servir leurs intérêts privés étroits. Ce n’est pas la première fois qu’ils ont recours à un lockout pour réduire la production d’aluminium afin de faire monter son prix de marché tout en faisant pression sur des travailleurs d’une usine en particulier pour qu’ils acceptent de faire des concessions. Des monopoles comme Alcoa et Rio Tinto profitent aussi du tarif de 10 % imposé par l’administration Trump à l’aluminium importé du Canada (en plus d’autres pays dont le Mexique et les pays de l’Union européenne) car ils sont parmi les plus grands exportateurs d’aluminium au monde vers les États-Unis et les tarifs font augmenter les prix de marché de l’aluminium. Ces monopoles utilisent aussi leur pouvoir dans l’État québécois pour ne pas payer, pendant le lockout, pour le bloc d’énergie à tarif très privilégié qui leur est réservé dans leur entente avec Hydro-Québec. Selon le Syndicat des Métallos, Hydro-Québec a maintenant perdu plus de 139 millions de dollars en revenus depuis le début du lockout qui auraient dû lui être versés par les propriétaires d’ABI.

Les travailleurs du Québec, du reste du Canada et de plusieurs pays ont intensifié leur appui aux travailleurs d’ABI, y compris l’appui financier, pour faire échec à ces provocations.

Le PMLQ vous invite à exprimer votre appui à la juste lutte des travailleurs d’ABI pour leurs droits et leur dignité. Vous pouvez envoyer vos messages d’appui au président de la section locale Clément Masse à clement.masse@seab.qc.ca

Pour envoyer un appui financier par chèque, faire le chèque à l’attention de Métallos SL 9700 F.D.P. et le faire parvenir à :

Éric Moore, secrétaire financier
Syndicat des Métallos, section locale 9700
8310, rue Desormeaux, Bécancour
Québec G9H 2X2

Pour faire un don directement en ligne à partir d’une carte de crédit, aller sur le site www.metallos.org/lockout-abi/.

Oui à la négociation ! Non au diktat !

Note

1. Pour de plus amples informations sur la lutte des travailleurs d’ABI lire :

« Pas de place pour la provocation et un ordre du jour caché ! » – Forum ouvrier, 15 mars 2018

« Le syndicat évalue la perte de revenus que cause le lockout à Hydro-Québec » – Forum ouvrier, 22 mars 2018

« Nouvelle provocation de la compagnie contre les travailleurs, la communauté et le Québec- Pierre Chénier – » Forum ouvrier, 12 avril 2018

« Entrevue avec Clément Masse, président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos – Forum ouvrier, 12 juillet 2018