Les « tiers » – une logique tordue

Sous prétexte de protéger la démocratie, la loi électorale ne permet pas aux soi-disant « tiers » de faire des dépenses durant la période électorale. Toutes sortes de justifications sont données mais le fait demeure que les élections ont pour objet de former un gouvernement de parti et non pas d’entendre ce que les électeurs ont à dire, ni de leur permettre de se faire élire, ni même de sélectionner leurs représentants dans les élections.

Ainsi, le directeur général des élections du Québec (DGEQ) déclare :

Les citoyens et les personnes morales, comme les associations, les syndicats, les entreprises ou toute autre entité, ne peuvent pas intervenir dans le débat électoral si cette intervention a un coût et a pour effet, directement ou indirectement :

– de favoriser ou de défavoriser l’élection d’une personne candidate ;
– de diffuser ou de combattre le programme ou la politique d’une personne candidate ou d’un parti ;
– d’approuver ou de désapprouver des mesures préconisées ou combattues par une personne candidate ou un parti ;
– d’approuver ou de désapprouver des actes accomplis ou proposés par un parti ou une personne candidate, ou leurs partisans.

Remarquez comment « les citoyens » deviennent une catégorie parmi d’autres — « les personnes morales, comme les associations, les syndicats, les entreprises ou toute autre entité. » Vraiment ? N’y a-t-il pas un corps politique formé des citoyens dans lequel tous sont égaux devant la loi en tant que membres égaux d’un corps politique ? Ah non ! Cela n’existe pas puisque le corps politique est divisé entre ceux qui règnent et ceux qui sont les sujets. Les citoyens ne sont pas le siège de la souveraineté, c’est-à-dire le pouvoir décisionnel, ils sont des sujets. C’est l’État de l’oligarchie financière incorporée en tant que personne, avec en plus la reine d’Angleterre comme chef d’État, qui contrôle le pouvoir décisionnel.

On dit que le rôle de la reine est cérémonial mais, en fait, c’est plutôt le peuple qui joue un rôle cérémonial. Il vote dans des élections pour que ceux qui prennent toutes les décisions puissent dire qu’ils agissent en son nom. Le corps politique reste divisé entre ceux qui règnent et ceux qui sont leurs sujets. Ils sont les victimes de cette ruse de l’oligarchie pour maintenir cette division avec son système éléctoral. La loi électorale fait en sorte que les besoins du peuple ne sont pas comblés. C’est inconcevable que le peuple soit transformé en « tiers ».

On nous dit que cela est fait pour garantir l’égalité des citoyens mais à regarder de plus près on voit bien que c’est fait pour garantir les privilèges des partis politiques qu’on prétend les seuls capables de gagner. Voici ce que dit le DGEQ pour cacher cette réalité :

« Les règles limitent uniquement aux agents officiels le droit d’effectuer ce type de dépenses, appelé dépenses électorales. Les règles visent à offrir à toutes les personnes candidates et à tous les partis politiques une chance égale de se faire élire. C’est dans cet esprit que la Loi électorale prévoit que les dépenses électorales sont limitées à un même montant pour toutes les personnes candidates à un même poste. »

Ces limites n’ont pas comme objectif d’assurer que le peuple soit entendu pendant une élection, mais de permettre et de payer pour l’avalanche des promesses électorales, les assauts médiatiques, la frénésie de plus en plus hystérique et folle.

Pour contrer ça, le PMLQ vous offre son espace Chantier politique pour bâtir notre Québec moderne qui défend les droits de tous et toutes. À vous la parole !