Élections générales le 7 avril 2014

Les enjeux dans cette élection


Un coup électoral se prépare-t-il?

Yvon Breton
candidat du PMLQ dans l'Acadie

Un sondage de Léger/Journal de Montréal paru lundi place les libéraux de Philippe Couillard en position de former un gouvernement majoritaire. Les principaux porte-parole du Parti québécois ont tout de suite sonné l'alarme pour dire aux souverainistes qui avaient l'intention de voter Québec solidaire ou CAQ de prendre garde aux conséquences de leur geste — cela va remettre les libéraux au pouvoir.

Assisterait-on à une tentative de coup électoral? Les maisons de sondage interviennent régulièrement dans le débat politique au Québec pour influencer l'opinion publique dans un sens ou l'autre. Les sondeurs Léger/Journal de Montréal (de la famille Péladeau), comme CROP et d'autres, sont passés maîtres dans la désinformation de l'opinion publique. Ils font en sorte qu'il n'y ait pas de réponse cohérente et unificatrice, qui sert les intérêts du peuple. On n'a qu'à se rappeler le climat créé au sujet des «accommodements raisonnables» qui a mené à la création de la Commission Bouchard-Taylor en février 2007. Elle avait été précédée par des sondages et des articles du Journal de Montréal sur les «inquiétudes» des Québécois face à l'immigration au printemps 2006.

Quoi qu'il en soit, il s'agirait en réalité d'un contre-coup électoral. Depuis une semaine les médias monopolisés canadiens crinquent l'hystérie à propos du «séparatisme» pour essayer de venir à la rescousse de Philippe Couillard et des libéraux. Puis on apprenait cette semaine, dans une supposée fuite d'information interne sur la stratégie libérale, que les candidats libéraux sont invités à influencer le vote souverainiste en faveur de la CAQ ou de Québec solidaire. Pour les diriger vers la CAQ il s'agit de répéter que «le Parti québécois couche avec les syndicats» et dans le cas de QS il s'agit de dire que le gouvernement du Parti québécois n'a pas répondu aux attentes concernant les politiques sociales. (Comme si les libéraux avaient été les grands défenseurs des programmes sociaux!)

Le Parti québécois a répliqué en essayant d'amener le débat sur la question de l'intégrité, en parlant des liens entre Philippe Couillard et Arthur Porter, l'administrateur public présentement en prison pour avoir versé dans la corruption, et en rappelant que Couillard est passé à l'emploi d'entreprises liées à la privatisation de la santé quelques mois seulement après avoir quitté son poste de ministre de la Santé. Le Parti libéral riposte en exigeant que tous les chefs de partis divulguent des informations sur les liens d'affaires de leurs conjoints. Il vise de toute évidence le mari de Pauline Marois, qui est un homme d'affaires. Et ainsi de suite ad nauseam.

Alors que penser de tout cela? Ces manoeuvres électorales médiatiques ont en commun qu'elles usurpent le pouvoir de décider de l'électorat. Aucune des questions soulevées n'est vraiment débattue dans le sens d'apporter des solutions à ces problèmes. Cette semaine les partis et les médias parlent d'intégrité et de corruption, mais qu'est-ce qui est à l'origine de cette corruption? Comment l'enrayer? Les manoeuvres électorales médiatiques actuelles, où de grands conglomérats privés interviennent à la faveur d'un parti ou d'un autre, ne sont-elles pas de la corruption?

Même chose sur la question de la souveraineté. Peut-on vraiment déjouer l'offensive pour priver le peuple québécois de son droit de décider de son avenir en usant de manoeuvres médiatiques et de tactiques de diversion qui ont pour effet de marginaliser le peuple davantage? Certainement pas.

Dans cette élection, il faut s'arranger pour qu'aucun des grands partis ne puisse proclamer avoir le mandat de faire ce qu'il veut. Il faut trouver les moyens de freiner leurs élans destructeurs, avec leur dogme qu'il n'y a pas d'autre solution que de payer les riches et de détruire les programmes sociaux. Il faut aussi mettre à l'ordre du jour la question nationale, la question de la direction de l'économie et la question du besoin de renouveler les institutions démocratiques en refusant de céder l'initiative du débat.


Un besoin de renouveau sur tous les plans

Les 18 mois écoulés depuis l'élection de 2012 ont montré que les partis des riches sont incapables de donner une nouvelle direction à l'économie du Québec ou de mener à bien le renouveau politique et social. Ils ont montré que les travailleurs, les jeunes, les femmes et tous les Québécois et Québécoises doivent s'organiser pour défendre leurs propres intérêts et faire valoir leur vision d'avenir, sans quoi le Québec va continuer de s'enliser dans la régression et l'obscurantisme.

Le PMLQ participe à cette élection pour faire appel aux travailleurs et à tout le peuple d'occuper l'espace du changement en faisant valoir leur vision d'un Québec qui reconnaît et garantit les droits de tous. Le Québec possède suffisamment de richesses naturelles, humaines et sociales pour pourvoir aux besoins de tous et garantir un niveau de vie avancé pour tous, l'éducation gratuite pour tous, des services de santé de qualité pour nos aînés et pour tous les citoyens. Développons la politique indépendante de la classe ouvrière pour relever les grands défis auxquels le Québec est confronté et ouvrir la voie au progrès de la société.




Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca


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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec