Élections générales le 7 avril 2014

Les enjeux dans cette élection


Qui donc n'est pas intéressé aux questions constitutionnelles?

Pierre Soublière
candidat du PMLQ dans Chapleau

Le niveau de culture politique sombre vers les bas-fonds, particulièrement en période dite électorale. Juste le fait que la question de la souveraineté du peuple québécois soit jouée comme une carte (dont on veut surtout se débarrasser, semble-t-il) en dit long sur le niveau de la culture politique qu'on tente de nous imposer.

L'année prochaine sera le 20e anniversaire du référendum sur l'avenir du Québec. Plusieurs s'entendent pour dire que s'il y a eu un référendum le 30 octobre 1995, c'était suite au Non ! retentissant que le peuple canadien, le peuple québécois et les Premières Nations avaient donné à l'establishment canadien lors du référendum sur l'accord de Charlottetown en 1992. Le peuple québécois entre autres avait rejeté les tentatives de réduire le statut juridique du Québec à celui de « société distincte » et l'ensemble du Canada avait exprimé son rejet du statut quo constitutionnel. Le gouvernement péquiste et les forces souverainistes à l'époque avaient jugé le moment propice pour mettre à l'ordre du jour l'affirmation de la nation québécoise. Cette démarche était encore à ses stades initiaux lorsque le gouvernement fédéral et le gouvernement libéral au Québec ont commencé à s'y opposer.

Le plan initial pour le projet sur l'avenir du Québec fut un avant-projet de loi sur lequel le peuple québécois aurait à se prononcer à un référendum et qui aurait été adopté au préalable par l'Assemblée nationale. Le peuple serait appelé à participer au processus législatif en sanctionnant une loi votée par l'Assemblée. Le texte de ce projet de loi contenait 17 articles portant entre autres sur la déclaration de souveraineté, sur l'association économique recherchée avec le Canada, sur la nouvelle constitution du Québec souverain et sur les alliances internationales. Jacques Parizeau avait déclaré à l'époque : « Le projet de se donner un pays ne peut être l'affaire d'un gouvernement. Il doit être l'affaire de chaque citoyen, de tout le peuple du Québec. »

Les libéraux s'attaquèrent dès le départ à la légitimité de toute démarche sur l'avenir du Québec, accusant le gouvernement de se livrer à une entreprise de manipulation des citoyens, suivi des libéraux fédéraux qui qualifiaient la démarche de frauduleuse. Entre le 6 février et le 5 mars 1995, 17 commissions consultatives furent mises sur pied, avec 280 commissaires et la tenue de 435 rencontres où se présentèrent 50 164 personnes. 4 591 mémoires furent présentés dont celui du PMLQ présenté à Hull par Hardial Bains.

Parmi les conclusions du rapport de la commission nationale déposé le 19 avril :

- axer la déclaration de souveraineté sur les valeurs fondamentales définissant un projet de société

- former une assemblée constituante élue pour rédiger une constitution

- adopter une structure politique décentralisée pour le nouvel État

- inclure une offre de nouveau partenariat avec le Canada fondé sur une union économique et une union politique

Il y eut alors un pacte des chefs du PQ, du Bloc québécois et de la défunte Action démocratique - le « camp du changement » - voulant offrir au Canada de négocier un traité de partenariat économique et politique. Plutôt que de traiter de ces propositions comme étant des questions politiques pertinentes et sérieuses, les fédéralistes ont une fois de plus adopté la stratégie de continuer de soutenir que l'enjeu était la « séparation » et d'attaquer la crédibilité d'une possible association économique entre le Québec et le Canada.

Enfin la question posée au peuple québécois fut la suivante :

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995? Oui ou non. »

Au moment où le gouvernement Harper examine les possibilités d'apporter de façon unilatérale des changements draconiens à la constitution, dont l'abolition pure et simple du sénat, il est clair que ceux qui brandissent des épouvantails à chaque fois qu'il y a une possibilité de discuter tous ensemble de l'avenir du Québec ont leurs propres visées. Il faut refuser cette désinformation et persister à faire valoir le besoin d'un Québec souverain à la défense des droits de tous.


Le PLQ demeure un obstacle à toute
expression de la volonté populaire

À entendre le chef du Parti libéral Philippe Couillard, il suffit d'écarter tout référendum sur l'avenir du Québec pour que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cette notion selon laquelle il faut mettre une croix sur la question constitutionnelle et passer aux « vraies affaires » — l'économie — date de l'époque de Jean Chrétien, dans la période postréférendaire. Après s'être ingéré dans les prises de décision du peuple québécois et s'être embourbé dans le scandale des commandites, Chrétien a voulu détourner l'attention de ses propres activités illégales en continuant de s'en prendre au droit du peuple québécois de s'affirmer en tant que nation.

Si le PLQ déblatère contre un « référendum », comme si cette forme de plébiscite était l'oeuvre du diable lui-même, c'est qu'il s'oppose corps et âme à toute expression de la volonté populaire, un point c'est tout. Ne l'a-t-il pas assez démontré dans sa façon de traiter la lutte étudiante ? Le référendum de 1995 a été un exercice démocratique en bonne et due forme, avec un taux de participation beaucoup plus élevé d'ailleurs que la participation aux élections, tant fédérales que québécoises. Cette opposition maladive à la tenue d'un référendum est en fait très révélatrice de comment le PLQ tient à préserver jalousement le pouvoir qu'il ne veut surtout pas partager avec les « masses ». Elle reflète une opposition farouche au droit du peuple québécois d'exercer son droit de s'affirmer en tant que nation et de se prononcer sur quelque question que ce soit.

Au lendemain du débat des chefs, Couillard a déclaré que le Québec n'avait pas « les moyens financiers de devenir un pays ». Ces propos sont contraires à ceux tenus par Jean Charest en 2006 alors qu'il déclarait : « Nous avons les moyens de devenir indépendants. Personne ne remet en question la capacité du Québec financièrement. »

Ainsi on se rend compte comment c'est du n'importe quoi. Les libéraux, sous couvert de parler « des vraies affaires », au contraire, ressassent des vieilles affaires pour cacher qu'ils n'ont eux-mêmes rien à offrir en tant que solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux au Québec. Ce sont les pires fraudeurs qu'il ne peut y avoir. Si ce n'est pas d'entretenir une hystérie au sujet d'investisseurs qui ne voudront plus investir dans l'Outaouais, c'est de faire croire qu'il y aurait exode des gens anglophones du Québec advenant une majorité péquiste. Or, les statistiques démontrent que la tendance ces dernières années dans l'Outaouais est que les anglophones viennent de plus en plus s'installer au Québec, le prix des maisons étant un facteur important. Et pour le comble, la député libérale de Hull, qui en tant que bonne libérale aime entretenir ce genre d'hystérie, a déclaré face à ces statistiques qu'en fait ce sont les gens francophones qu'elle avait rencontrés qui pensaient quitter l'Outaouais advenant une majorité péquiste ! Vraiment n'importe quoi !

La véritable préoccupation du « bon médecin » et sa gang, en fin de compte, est de continuer de tout décider pour nous et ça ne doit pas passer ! Partout où nous pouvons leur infliger une défaite, il ne faut pas hésiter à le faire.




Que faire avec la menace d'une élection?

La fausse note dès le départ avec les élections imminentes au Québec est le fait que tous les partis de l'Assemblée législative ont voté un projet de loi qui établit une date fixe pour des élections à l'automne à tous les quatre ans. À ma connaissance, seul le PMLQ a pris la peine de le rappeler au moment où le jeu des spéculations et des engagements financiers bat son plein. En partant, on voit à l'oeuvre le système de partis de cartel qui usurpe le droit de choisir le moment et le thème d'une élection en faveur des partis, au détriment d'une démarche démocratique saine et quitte à renier leurs propres prétentions de réforme.

Tout de suite, les véritables maîtres -- les prêteurs d'argent -- commencent leur baratin au sujet de la cote de crédit du Québec chez la Standards and Poor. Par le biais de leurs médias, ils moussent la nécessité d'un gouvernement majoritaire. Mais pourquoi ? Ils ne s'en cachent pas. Ils veulent un gouvernement majoritaire qui va « mettre ses culottes » et « prendre les mesures qui s'imposent », en d'autres mots prendre les mesures toujours plus draconiennes qui s'imposent dans la logique néolibérale de continuer à attaquer les travailleurs et le peuple, leurs droit à des conditions de travail, des salaires, des régimes de retraite, de transférer le bien public à des intérêts privés, etc. Ils veulent que tout cela soit monté d'un cran, conformément à ce qui se fait ailleurs au Canada et dans le monde.

Alors quand le gouvernement actuel dit qu'il peut « faire plus » s'il est majoritaire, on est en droit de se demander : faire quoi au juste ? La ruse du parti au pouvoir semblerait d'avoir mis de l'avant la question de la charte des valeurs, la question de l'identité québécoise. Ainsi, la crise de crédibilité du système politique étant ce qu'elle est, il est devenu très difficile pour ces partis de se distinguer les uns des autres. De plus en plus, les critiques qu'ils s'adressent les uns les autres sont teintées de partisanerie pure et simple, à tel point que tout sonne faux, sans principe. Restreindre les dépenses à 1,5 %, c'est être austère, mais les restreindre à 2 % c'est favoriser la prospérité! « C'est pas bon parce que ce sont eux qui le proposent et pas nous ! » C'est ce à quoi ressemblent de plus en plus les interventions et les attaques entre partis à l'Assemblée nationale sur tous les sujets.

En mettant la question de la charte sur la table et en annonçant qu'il était prêt à en faire un enjeu électoral, le PQ a voulu se distinguer des autres partis puisque sur le plan des décisions économiques, ses « solutions » n'ont rien de fondamentalement différentes de celles des libéraux. Elles sont centrées sur le capital et ne défendent en rien les intérêts des Québécois; elles bloquent toute possibilité d'une nouvelle direction pour le Québec. La décision d'aller de l'avant avec le projet d'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti en est un parfait exemple. Le PQ parle de « retombées économiques » de plusieurs milliards de dollars tout comme les libéraux le faisaient pour leur Plan Nord. Il s'agit d'une décision unilatérale, faite nettement au service des compagnies de pétrole, et ne tenant compte d'aucune des préoccupations du peuple, des pêcheurs de l'île d'Anticosti et de gens de la région, des impacts environnementaux, etc. Dire que les mesures annoncées sont une façon pour le Québec de « reprendre le contrôle de ses ressources », c'est bloquer la discussion sur ce que veut vraiment dire prendre le contrôle de nos ressources et de notre économie.

Mais les partis politiques et les médias monopolisés sont tellement bornés par la partisanerie qu'ils croient que le PQ peut faire de la charte des valeurs son cheval de bataille au détriment de tout le reste. C'est armé de cette conviction que le PQ a établi sa stratégie pour cette élection, promettant notamment un livre blanc sur l'avenir du Québec s'il est élu majoritaire. Mais en quoi serons-nous plus avancés si le gouvernement majoritaire, les partis de cartel et les médias monopolisés traitent le sujet de l'avenir du Québec avec la même partisanerie et le même obscurantisme qu'ils ont fait dans le débat sur la charte des valeurs ? Ce sera encore l'utilisation de la position de pouvoir et l'absence d'une alternative à l'Assemblée nationale pour imposer une voie rétrograde au Québec.

Le besoin d'une nouvelle direction pour l'économie, la question identitaire et l'avenir du Québec sont toutes des questions sur lesquelles les travailleurs et le peuple doivent s'organiser pour se faire entendre, pour que ce soit une occasion d'ouvrir la voie au progrès du Québec plutôt que de lui imposer une marche arrière sur tous ces plans.

Alors si une chose est certaine, c'est qu'il faut aborder ces élections dans l'esprit d'intervenir pour que les intérêts des travailleurs -- les véritables défenseurs des intérêts du Québec -- soient défendus et qu'une intervention pratique leur donne confiance que non seulement il est nécessaire de participer dans ces élections sur la base de leurs propres intérêts, mais qu'il est possible de le faire.




Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca


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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec