Élections générales le 7 avril 2014

Les enjeux dans cette élection


La « stabilité » des libéraux, c'est la guerre contre tous ceux qui défendent leurs droits

Normand Chouinard
Candidat du PMLQ dans La Prairie

Philippe Couillard demande un mandat majoritaire pour s'assurer que la souveraineté et la possibilité d'un référendum soient mises sous le boisseau pour pouvoir s'occuper des « vraies affaires ». Avec un gouvernement libéral, surtout s'il est majoritaire, le Québec va renouer avec la stabilité, selon Couillard.

La prétention de mettre la souveraineté sous le boisseau ne veut pas dire qu'il ne va rien faire sur ce front. Ce qu'il veut, c'est un mandat pour que les libéraux fassent comme bon leur semble. Déjà en décembre 2013 il disait que si les libéraux sont élus, ils vont s'arranger pour que le Québec signe la constitution et revienne au giron constitutionnel et accepte la négation de son droit à l'autodétermination. Une victoire de Couillard serait considérée comme une victoire des libéraux anti-Québec de Justin Trudeau, une porte ouverte pour d'autres «accords» qui nient les droits nationaux du peuple québécois. Le résultat sera qu'on maintient la question de l'avenir du Québec comme cause de divisions et de conflits au lieu de résoudre la question sur la base de la reconnaissance des droits. On connaît l'histoire, le Lac Meech, l'accord de Charlottetown, l'ingérence lors du référendum de 1995, le scandale des commandites et j'en passe. Rien de stable là-dedans!

Parlons-en de la stabilité que les libéraux ont apportée au Québec. Ils ont cultivé le conflit systématique au nom de l'intérêt monopoliste privé contre tout ce qui bouge du point de vue défense des droits du peuple. Leurs neuf années au pouvoir de 2003 à 2012 ont été des années de grande noirceur, marquée par l'arrogance de grand seigneur, le sentiment que le pouvoir leur appartient et qu'ils peuvent l'utiliser absolument comme bon leur semble. Ils le font avec la richesse sociale créée par les travailleurs et la criminalisation des questions sociales et économiques et des luttes ouvrières et populaires.

Décembre 2005 a vu le gouvernement Charest passer le décret contre les plus de 400 000 travailleurs du secteur public et parapublic, leur imposant des conditions de travail pour cinq ans et rendant illégale même la défense du droit des travailleurs de négocier leurs conditions. Les pénalités étaient énormes pour quiconque, individu ou organisation, ne se soumettrait pas à la loi, y compris l'arrêt de la perception des cotisations syndicales, ce que Harper essaie de faire au fédéral. Les travailleurs du secteur public et parapublic voulaient négocier sur la base de leurs demandes qui faisaient état des nombreux problèmes qui affectent le secteur public, la rétention de la main-d'oeuvre notamment, qui est encore un problème très aigu. Mais nos champions de la stabilité ont jugé que ce n'était pas bon pour le Québec de discuter sérieusement de ces choses-là, alors ils ont traité ces travailleurs en criminels. Dommage pour les travailleurs du secteur public dont nous dépendons pour nos services que les problèmes qu'ils soulevaient n'étaient pas de « vraies affaires ».

Dans la deuxième moitié de la décennie 2000-2010, le gouvernement Charest est intervenu pour faire le maximum de pression sur les travailleurs de l'agro-alimentaire pour qu'ils fassent des concessions qu'ils refusaient de faire dans leurs conditions de travail, et à bon droit puisque les concessions ne règlent aucun des problèmes de l'industrie. En 2007, l'entreprise Olymel s'y est prise à cinq fois pour imposer des concessions aux travailleurs se chiffrant globalement à environ 12 millions $ par année, tout cela sous menace de fermeture pendant que le gouvernement Charest disait publiquement « préparer l'après-fermeture ».


L'année 2012 a commencé avec un lockout brutal des travailleurs de Rio Tinto à
Alma, la compagnie
profitant d'une entente secrète avec le gouvernement
lui permettant de faire de l'argent avec
l'électricité durant le lockout.

Qui a oublié l'entente énergétique secrète entre le gouvernement Charest et Rio Tinto en 2007, au moment de l'achat d'Alcan. L'entente impose à Hydro-Québec l'obligation d'acheter toute production d'énergie excédentaire faite par Rio Tinto à partir de ses barrages, y compris en cas de grève ou de lockout. La grève ou le lockout y sont considérés comme des «cas de force majeure», comme un tremblement de terre, qui absout Rio Tinto de toutes ses obligations contractuelles avec le gouvernement. À la différence d'un tremblement de terre, cependant, où les parties concernées ont l'obligation selon l'entente de faire tout en leur pouvoir pour ramener la situation à la normale, en cas de conflit de travail l'employeur a toute la latitude d'agir comme il le veut pendant le conflit. On a vu le résultat. Six mois de lockout, Hydro-Québec qui paie des dizaines de millions de dollars pour l'énergie excédentaire d'un monopole qui touche cet argent pendant que les travailleurs sont poussés à la rue. C'est de la stabilité que d'ajouter cela à l'arsenal d'un géant monopoliste qui a déjà un très grand pouvoir pour imposer sa volonté aux travailleurs?

Les travailleurs ne pardonneront jamais non plus aux libéraux d'avoir traité comme des criminels les étudiants du Québec qui se battaient pour nous tous, pour le droit à l'éducation et contre sa privatisation par l'endettement des jeunes aux banques et d'autres mesures. C'était une grande occasion pour la société québécoise de prendre acte de cette lutte et de faire une discussion politique éclairée, informations à l'appui, sur les enjeux de cette bataille, sur les moyens d'assurer le droit à l'éducation pour tous. Au lieu de cela, les Québécois ont eu droit à un blocage complet de la part de ce gouvernement. Il a même refusé d'admettre que c'était une grève décidée démocratiquement par les associations étudiantes et a persisté à les attaquer par une répression virulente et adopté une des pires lois de criminalisation des luttes populaires.


Assult brutal contre les étudiants à Victoriaville le 5 mai 2012

On a vécu les attaques contre les retraites et les retraités, contre les pauvres, le refus de passer sous la loupe ne serait-ce qu'une seule des demandes de protection de faillite des grandes entreprises pour flouer les travailleurs. C'est à une instabilité sans précédent qu'on a soumis les retraités, les régions et l'ensemble du Québec. Ce gouvernement a créé et attisé tous les conflits possibles, au nom des riches, contre les travailleurs et le peuple, et il doit être écarté du pouvoir, majoritaire ou minoritaire.




Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca


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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec