Élections générales le 7 avril 2014

Les enjeux dans cette élection


Une retraite en sécurité: un enjeu électoral et postélectoral

Claude Moreau, candidat du PMLQ dans Jean-Lesage

Non, les travailleuses et les travailleurs, les personnes retraitées ne se laisseront pas dépouiller de leur épargne-retraite ou couper leurs pensions. Nous n'accepterons pas de payer plus et travailler plus longtemps et de nous retrouver dans l'insécurité, ni de nous faire voler des milliards dans nos caisses de retraite ! Nous exigeons que l'on veille au bien-être des personnes âgées et qu'on leur assure une retraite en toute quiétude.

En 2012,* des 121 122 retraités de 65 ans et plus des secteurs public et parapublic, la majorité, soit 86 440, sont des femmes qui reçoivent en moyenne 9 990 $ par an. En y ajoutant la pension de la Régie des rentes, elles gagnent si peu qu'elles se qualifient aussi pour le supplément de revenu garanti du fédéral, à moins d'avoir d'autres revenus.

Elles sont où les « retraites dorées », les fonds de pension « mur à mur » tant décriés par les haut-parleurs néolibéraux?

Au fédéral, une personne seule, en plus de sa pension de la sécurité de la vieillesse, avec des revenus autres de moins de 16 728 $, a droit au supplément de revenu garanti. Comme le soulignait le rapport d'Amours, l'ajustement annuel de la pension fédérale ne suit pas celle des salaires, ce qui creuse l'écart entre le revenu à la retraite et les salaires.

On nous sert une propagande irrationnelle sur les « déficits » dans le but de faire accepter les attaques contre l'épargne-retraite des travailleuses et travailleurs aussi bien que les régimes publics sous forme de baisses des bénéfices, hausses des cotisations quand ce n'est pas la disparition de plusieurs dizaines de milliards en 2008.

Le gouvernement fédéral reporte l'âge de la pension à 67 ans graduellement à partir de mai 2023 (personnes nées à partir de 1958).

Les cotisations à la Régie des rentes du Québec sont augmentées, mais la rente pour les 60 ans est diminuée non plus de 30 % mais de 36 %, cela aussi graduellement.

Les retraités de White Birch à Québec et d'autres ont vu leurs pensions coupées de moitié.

Un projet de loi provincial fixe les cotisations à 50-50 pour les municipalités, oblige les travailleurs à participer au redressement des déficits et ouvre même la porte pour impliquer aussi les retraités. Tout cela alors que, dans le but de profiter des hauts rendements des années 90 créant des surplus qui ont permis aux employeurs de se payer des congés de cotisation, les gestionnaires municipaux ont livré l'épargne-retraite aux spéculateurs et fraudeurs financiers qui, avec la crise de 2008 et les rendements négatifs de 2011, ont creusé les déficits de ces caisses.

Les fonds de travailleurs sont pris à partie aussi. Le fédéral va annuler progressivement les avantages fiscaux de ces fonds, alors qu'une campagne est menée pour séparer les syndicats de leurs fonds. C'est le fond de solidarité FTQ, mais la FTQ n'a pas le droit d'être à la présidence ! Les banques elles, qui ont des fonds, qui est-ce qui les dirige ? Veut-on mettre à la tête des fonds de travailleurs le même genre de personnes qui nous ont fait perdre des dizaines de milliards d'épargne-retraite à la Caisse de dépôt et placement de Québec ?

La Caisse de dépôt et de placement du Québec a un actif de 200,1 milliards $ au 31 décembre 2013. À lui seul, le régime de retraite du secteur public et parapublic, (2012) RREGOP, détient 48,7 % des dépôts (85 863 milliards $) et la RRQ, 22 %,(39 070 milliards $). Les cotisations au RREGOP viennent d'être augmentées aussi.

Le rôle de l'État ne doit-il pas être de garantir une retraite en toute sécurité et de protéger l'épargne-retraite, et non de livrer les milliards de dollars cotisés par les travailleurs et travailleuses aux spéculateurs et fraudeurs financiers ?

Une retraite en sécurité est un enjeu de cette élection et le restera après les élections.

* CARRA, analyse actuarielle au 31 décembre 2011.


Claude Moreau, candidat du PMLQ dans Jean-Lesage

On parle beaucoup à l'heure actuelle des déficits des caisses de retraite du secteur municipal. La cause première des déficits actuariels des caisses de retraite de ce secteur est la politique agressive de placement des gestionnaires municipaux qui ont livré l'épargne-retraite des employés aux spéculateurs et fraudeurs financiers.

Traînant un déficit actuariel datant d'avant les fusions de municipalités en 2002, l'épargne-retraite a été grandement affectée par la crise financière de 2008, et, dans une moindre mesure, par les baisses de rendements de 2011 qui ont généré un rendement négatif. À elle seule, l'année 2008 a vu disparaître plus de 25% des actifs de certaines caisses. Les participants ont perdu l'équivalent de près de 10 ans sur les 30 ans et plus pendant lesquels ils avaient cotisé.

«Une gestion de risque déficiente», pour reprendre les mots du rapport d'Amours[1], était rendue possible ou facilitée par l'absence de contrôle législatif ou de contrainte légale, le secteur municipal étant exclu des dispositions visant d'autres secteurs comme les compagnies d'assurances.

Pourquoi les gestionnaires municipaux ont-ils pris des risques inconsidérés?

Dans les années 90, les rendements boursiers et les taux d'intérêts élevés ont amené les employeurs municipaux à compter d'avantage sur les hauts rendements attendus que sur les cotisations pour capitaliser le régime.

Les employeurs municipaux ont utilisé les surplus générés pour se payer des congés de cotisation et se sont montrés très réticents a réinvestir ces surplus dans des caisses spéciales en cas de mauvais jours. Ils préféraient les congés de cotisation.

« Une véritable culture du rendement s'est ainsi graduellement installée, ceci au détriment de la préoccupation de gérer les risques en fonction du passif'. » (page 55 du rapport d'Amours )

Mais, au début des années 2000, les rendements boursiers et les taux d'intérêts ont fléchi. Le rendement des obligations canadiennes aussi a fléchi puisqu'elles étaient de plus en plus en demande de la part des caisses de retraite. Les résultats étant moindres que ce qui était projeté, cela a entraîné les déficits actuariels.

Si les employeurs étaient excités à l'idée d'avoir des congés de cotisation, ce qui a été rarement le cas pour les employés participants qui pour certains ont plutôt utilisé les surplus pour bonifier les bénéfices, la loi sur les régimes complémentaires de retraite prévoit une cotisation d'équilibre entièrement à la charge des employeurs, s'il y a un écart entre les rendements prévus et les résultats.

Au 31 décembre 2011, il y avait 170 régimes de retraite municipaux comptant 122 000 participants. Le déficit de tous ces régimes au niveau de la capitalisation atteignait 4 milliards $ et doit être remboursé sur une période de 15 ans selon la loi.

Prenant en compte que le remboursement des déficits du début des années 2000 est étiré sur 15 ans, l'impact des cotisations d'équilibre se fait de plus en plus sentir dans les budgets des municipalités. De plus, avec la chute dramatique de 2008, les gestionnaires municipaux ne peuvent plus compter sur les hauts rendements boursiers ou des taux d'intérêts élevés pour «équilibrer» les caisses. C'est donc le compte de taxes des contribuables qui écope.

Les gouvernements par leurs politiques budgétaires sont venus à la rescousse du secteur financier en 2008 mais ils n'ont pas soutenu l'épargne-retraite pour l'empêcher de s'effondrer.

Le fait que l'épargne-retraite n'ait pas été protégée des fraudes financières et des prises de risque inconsidéré entraîne un affaiblissement de la capacité et une plus grande difficulté à gérer les autres questions qui affectent les pensions comme la longévité accrue des gens.

Il existe des programmes pour les joueurs compulsifs mais visiblement ces programmes n'existent pas pour les régimes de retraite. La vérité est que la caisse qui paie les rentes des retraités, et qui doit le faire aussi pour les retraités de l'avenir, a été jouée au jeu et ce sont les contribuables (ceux-là même que les autorités municipales disent défendre) qui doivent payer les cotisations d'équilibre.

Pour la Ville de Québec, la contribution supplémentaire en 2013 est de 2,3 millions $ pour les propriétaires d'immeubles, les contribuables, qui vont refiler une partie de la facture aux locataires. En guise d'exemple, cela représente, pour la vieille ville de Québec, de 12 $ à 250 $ pour « une résidence moyenne »

Le rôle de l'État est-il de protéger l'épargne-retraite pour garantir le droit à la retraite ou de protéger la main invisible ou être la main invisible qui livre cette épargne aux spéculateurs et fraudeurs? Poser la question c'est y répondre.

Note

1. Rapport d'Amours, Rapport du comité d'experts sur l'avenir du système de retraite québécois. Le comité d'experts a été mandaté par la Régie des rentes du Québec pour produire le rapport et celui-ci a été déposé en avril 2013




Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca


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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec