Élections générales le 7 avril 2014

Les enjeux dans cette élection


Financer le processus et non les partis

Christine Dandenault
candidate du PMLQ dans Hochelaga-Maisonneuve

Un des commentaires les plus fréquents que nous entendons quand nous rencontrons les gens dans le cadre du travail électoral, c'est à quel point ils se sentent peu informés malgré les dépenses massives qui sont faites par les partis et le gouvernement en publicité de toutes sortes.

Le directeur général des élections du Québec (DGEQ) a annoncé que les élections en cours coûteront environ 88 millions $. Ces dépenses incluent : le matériel électoral, les activités préparatoires, le matériel informatique, les salaires du personnel du DGEQ et du personnel électoral, le transport et les communications, les services d'administration, les loyers, fournitures et approvisionnement et le remboursement des dépenses électorales (le DGEQ rembourse 50 % des dépenses électorales de tout candidat élu qui remporte 15 % du vote).

À cela s'ajoutent les dépenses permises par les partis politiques lors d'élections au-delà de celles remboursées par le gouvernement. Pour les élections du 4 septembre 2012, les partis étaient autorisés à dépenser 81 232 106 $.

C'est sans compter les ressources et les salaires des journalistes et du personnel technique que les médias monopolisés et des agences de sondage consacrent et qui servent principalement à couvrir les activités des partis arbitrairement considérés comme étant « élisibles ». Ces gigantesques conglomérats médiatiques y consacrent un pourcentage considérable de leurs ressources durant la campagne. C'est une forme de publicité gratuite, non couverte par la loi sur les dépenses électorales, en offrant à ces partis entrevues, émissions spéciales (ex : la boussole électorale), sondages tendancieux et reportages quotidiens.

Les partis emploient de dispendieuses firmes de marketing et dépensent ces dizaines de millions de dollars qu'ils sont autorisés à dépenser dans de vastes campagnes publicitaires, de marketing, de pancartes, de sollicitations téléphoniques et de mécanismes sophistiqués.

Financement de l'État

Le coût d'une élection ne se limite pas à ces dépenses. S'y ajoute le financement de l'État par le versement des allocations annuelles aux partis, le remboursement des frais de vérification et le versement de contributions du DGEQ.

Les allocations annuelles: L'État verse aux partis politiques des allocations annuelles qui sont en fonction du nombre de votes obtenus lors d'une élection. Ainsi en 2010, l'État a versé une allocation aux partis politiques de 0,50 $ par vote obtenu.* Cette allocation est passé à 0,82 $ en 2010, à 0,83 $ en 2011 et à 0,85 $ en 2012. Un système de crédit d'impôt pour contribution politique était aussi en place pour les donateurs.

À la fin de 2012, la loi a été modifiée et l'allocation de l'État est passée à 1,50 $ par vote obtenu. La loi abolit les crédits d'impôt et limite les contributions à un parti à 100 $ par électeur mais en revanche le DGEQ verse des contributions directes aux partis proportionnellement aux dons reçus.

En 2012, l'État a versé en allocation aux 9 partis politiques autorités une somme de 4 986 118 $. De ce montant, le PQ, le PLQ et la CAQ ont reçu 4 806 922 $, soit 96 % du total des allocations. Ce montant représente 57 % des revenus des partis politiques.

En 2013, l'État a versé 10 640 246 $ à 18 partis politiques autorisés (ayant participé aux élections de 2012). De ce nombre, 90 % a été versé au Parti Québécois, au Parti libéral du Québec et à la Coalition Avenir Québec, soit 9 576 222 $.

Le remboursement des frais de vérification: La Loi électorale prévoit que le DGEQ rembourse aux partis autorisés la moitié des frais de vérification du rapport financier jusqu'à concurrence de 15 000 $. En 2012, l'État a remboursé aux partis politiques 74 561 $ pour ces frais.

Le versement de contributions: Depuis janvier 2013, en plus des allocations, le DGEQ verse des contributions aux partis politiques.  Ces contributions sont de  2,50 $ pour chaque dollar versé à titre de contributions reçues par les partis autorisés de leurs supporteurs jusqu'à concurrence de 20 000 $ par parti par année, puis de de 1,00 $ pour chaque dollar reçu en sus de cette limite, jusqu'à concurrence d'un montant annuel de 200 000 $ par parti.

En 2013, selon les données disponibles, le DGE a versé au minimum 250 000 $ chacun au Parti Québécois, au Parti libéral du Québec et à la CAQ pour un total de 750 000 $, sans compter les sommes versées aux autres partis.

Les gens ont raison de dire que ces dépenses massives sont un gaspillage si toute la publicité, sinon la très majeure partie de la publicité, se résume à de la propagande en faveur des partis des riches et qu'au bout de la ligne les électeurs ne sont pas davantage informés sur les solutions aux problèmes de la société. C'est un signe que le processus électoral et le financement électoral ne sont pas centrés sur l'électeur en tant que facteur humain, en tant que décideur, qui doit être informé des enjeux de façon impartiale et qui doit avoir l'information sur tous les candidats et tous les partis pour faire un choix éclairé.

L'élection à une fonction officielle est un projet public. Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour informer les électeurs sur tous les candidats en lice et leur programme ainsi que sur les autres questions d'intérêts publics reliés à une élection ? Ceux qui travaillent dur tous les jours pour faire fonctionner cette société méritent d'être au coeur des élections, pas en marge. Pour le PMLQ, un élément central de toute réforme du processus électoral qui veut réellement investir le peuple du pouvoir de décider est que toutes les dépenses en temps d'élection doivent servir à financer le processus, pas les partis.

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* Précision : l'allocation se calcule en divisant entre ces partis, proportionnellement au pourcentage des votes valides obtenus par ces derniers aux dernières élections générales, une somme égale au produit obtenu en multipliant le montant fixé (0,82 $, 0,83 $, 1,50 $) par le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales utilisées lors de ces élections.

(Sources : Statistiques sur les rapports financiers des partis politiques provinciaux, direction du financement politique, Septembre 2013; site du DGEQ)

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Les citoyens d'Hochelaga-Maisonneuve
défendent leurs droits et leur dignité


Le mardi 25 mars, la Corporation de développement de l'Est (CDEST) a organisé une assemblée publique dans la circonscription d'Hochelaga-Maisonneuve (HM) au Pavillon d'éducation populaire avec les candidats qui font campagne dans celle-ci. Plus de 100 citoyens du quartier y ont participé.

Christine Dandenault, candidate pour le PMLQ, a présenté le programme du parti et lancé l'appel à tous à s'engager dans le travail pour bâtir les Commissions sur l'avenir du Québec afin que l'on puisse nous-mêmes élaborer les solutions aux problèmes que l'on confronte et mettre de l'avant la politique indépendante qui sert nos intérêts.

Les gens du quartier sont très combatifs et actifs sur la question de la pauvreté, l'itinérance, la gentrification, la violence dont sont victimes les femmes et les enfants avec la prostitution, la pauvreté des enfants. HM est un quartier où il y a une multitude de groupes communautaires qui luttent contre l'offensive antisociale qui touche entre autres les personnes assistées sociales qui peinent à survivre. Dans leurs questions et interventions, ils ont montré qu'ils ne sont pas prêts à entendre n'importe quelles promesses ou vieux discours, ou des chicanes de chiffres. Ils ont défendu leurs droits et leur dignité pour eux et les citoyens du quartier.


La candidate du PMLQ Christine Dandenault
prend la parole à son tour à l'assemblée
publique tenue dans Hochelaga-Maisonneuve
le 25 mars.

Parlant de la pauvreté, Christine a dit : « Il y a une urgente nécessité de remettre le pouvoir au peuple pour qu'il puisse humaniser la vie, en humanisant l'environnement social et par le fait même, l'environnement naturel. L'élimination de la pauvreté en fait partie. Ce n'est pas le manque d'argent qui cause la pauvreté et la pauvreté n'a rien à voir avec de soit-disant mauvaises politiques. C'est l'exploitation accrue qui fait croître la pauvreté et le fait que nos gouvernements paient les riches et détruisent les programmes sociaux aggrave la situation.»

Elle a poursuivi en disant qu'il faut bâtir un Québec souverain qui garantit les droits de tous : le droit au logement, le droit à un moyen de subsistance, le droit à l'éducation, la santé, les services pour vivre en tant qu'être humain. «Pour y arriver, il faut constituer les commissions sur l'avenir du Québec pour que tous s'unissent et décident comment agir pour prendre nos affaires en mains. »

Elle a dénoncé l'étiquette de « quartier défavorisé » que détient HM et le fait que tout est fait pour qu'il garde cette étiquette, comme bien d'autres arrondissements. «Est-ce ‘fair deal' que HM soit défavorisé alors que tous les quartiers ont droit aux meilleurs services et conditions que la société peut offrir? Non. Toutes les ressources de la société doivent servir à garantir le bien-être de tous.»

Christine a expliqué qu'il y a un coup électoral qui se prépare avec les campagnes médiatiques et les sondages. C'est une méthode de plus en plus utilisée pour forcer les gens à prendre pour l'un et pour l'autre des partis qui s'attaquent, tout en oubliant leurs propres intérêts. Elle a appelé tout le monde à ne permettre à aucun des grands partis d'avoir une majorité et de cette façon ils ne pourront pas dire qu'ils ont un mandat pour faire ce qu'ils veulent et il faut s'assurer que les libéraux ne reviennent pas au pouvoir.

Lors de leurs interventions, les gens d'Hochelaga-Maisonneuve se sont opposés à leur appauvrissement et au stigmate de la pauvreté qui les marginalise, comme si c'était normal que leur circonscription soit mal servie du point de vue logements sociaux et services publics adéquats. Ils ont manifesté un grand esprit de fierté à l'effet de vouloir vivre décemment dans la circonscription et demandé que les gouvernements les reconnaissent comme des résidents organisés dans leurs organisations communautaires qui doivent avoir voix au chapitre sur les décisions qui les affectent.

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Le travail de porte-à porte en élections

Les candidats du PMLQ ont beaucoup de discussion avec les travailleurs, les femmes et les jeunes dans le porte-à-porte. C'est actuellement la période de mise en candidature des candidats qui veulent se présenter. Il faut 100 signatures d'électeurs d'une circonscription qui appuie la candidature d'un candidat pour qu'il soit accepté. C'est une occasion de rencontrer des centaines de personnes et de discuter avec eux sur les élections et sur ce qui se passe. Voici quelques citations.

Pour ces élections ?

Une jeune travailleuse : « J'ai bien de la misère avec cette élection. Ils tiennent des élections parce qu'ils n'ont pas de solution aux problèmes. C'est notre argent qu'on a dépensé pour les élections 2012 et 18 mois plus tard, c'est encore notre argent qui va servir à ce que rien ne change. »

Un imprimeur retraité: « Pourquoi le gouvernement décide-t-il d'aller en élection si on est en déficit et qu'on coupe partout ? Pourquoi le gouvernement va-t-il en élection quand on apprend que la majorité des lois adoptées l'ont été à l'unanimité ? Vous trouvez ça logique ? Et pourquoi il y a des élections si le gouvernement a adopté une loi à date fixe ? Moi je ne trouve pas cela sérieux du tout. On est encore pris en otage. »

Un travailleur autonome : « On va entendre encore des milliers de promesses et bien souvent du déjà vu, les politiciens vont se chicaner, dire qu'ils sont les meilleurs, et après on devra choisir quel chauffeur va nous amener dans le mur. Cela fait longtemps qu'on est à la croisée des chemins. »

Un professionnel : « Je suis bien embêté par les élections. Moi je veux des bons services de santé et d'éducation pour ma famille et mes enfants. Je paie 35 % d'impôt, je travaille, j'élève ma famille, je contribue. Mais en retour, on me demande en plus de prendre des soins de santé privé si je veux soigner mon enfant ou si ma femme a besoin de soins spécifiques. Cela ne fait pas de sens. Et puis la division gauche droite ne veut rien dire. Dans leur catégorisation, je suis parfois à gauche, parfois à droite. Cela ne veut rien dire. »

Une secrétaire : « Pour moi c'est du pareil au même. Je ne me reconnais pas dans les gros partis. Vous dites qu'il y en a 19 ? Pourquoi on n'est pas informé de cela ? Il serait temps de moderniser tout cela. Et puis il y a Pierre Karl Péladeau qui se présente. Je ne vois pas du tout comment cette personne pourrait représenter le peuple. Il ne vit pas comme nous. Il ne vit pas nos problèmes quotidiens. Ce qui me fatigue aussi c'est que le niveau de vie de la classe politique est hors norme avec un grand train de vie avec notre argent. »

Le projet de charte des valeurs

Une éducatrice en garderie : « Je suis bien contente d'entendre ce que vous dites sur la charte. À mon travail, cela crée beaucoup d'insécurité. Je suis d'origine française. Ma collègue est d'origine libanaise et une autre d'origine marocaine. On n'aime pas ce qu'on entend et je pense que vous avez raison quand vous dites qu'il faut parler et se mêler de la discussion. On est des Québécoises et ça nous appartient. Merci beaucoup. »

Un enseignant : « Je suis pour la souveraineté, mais je ne suis pas pour la charte. Je trouve que cela peut nous faire reculer beaucoup. Et puis la discussion venait juste de commencer il me semble. Au lieu de nous ouvrir, on se renferme, on se replie avec la charte. Pour moi la souveraineté c'est s'ouvrir, pas se fermer. Tout cela risque de nous faire beaucoup de tort. »

L'éducation

Un jeune travailleur : « Les étudiants ont voté aux dernières élections après le printemps étudiant. Il y a beaucoup de mes amis qui ont voté PQ pour mettre Charest dehors, pour le retrait de la loi spéciale, pour abolir la hausse. Mais finalement, il y a eu une hausse. Alors qu'est-ce qu'on doit faire maintenant ? J'étais au cégep l'année passée. On était tous ensemble, on tenait des réunions, des assemblées, on discutait, on était ensemble et à tous les jours. Sur le marché du travail, on est plus isolé. Aujourd'hui, avec mes amis, on continue à discuter, tout le temps, on imagine ce qui pourrait être fait, mais il y a quelque chose qui manque pour que nos idées aillent plus loin. »

Une mère de famille et travailleuse du secteur banquier : « Je suis préoccupée par la situation de la classe moyenne qui s'appauvrit. Je suis préoccupée par la situation de l'éducation pour nos jeunes parce que c'est majeur que les jeunes puissent avoir une bonne éducation qui leur permet de s'ouvrir sur le monde, ouvrir l'esprit sinon c'est l'ignorance et l'étroitesse. Les préjugés, c'est très nuisible dans la société. Avec la charte, ce n'est rien pour aider. On ne peut pas se mêler ou juger des croyances de gens. Qui on est pour faire cela ? On ne veut pas se faire dire quoi faire, quoi porter. Les politiciens aujourd'hui agissent sur la base de leurs propres intérêts étroits. Ils parlent des mêmes sujets mais c'est toujours en fonction de leur perspective et leurs intérêts. On le voit entre autres avec la Commission Charbonneau. Et pour finir, on veut vivre en paix non ? »

Direction de l'économie

Un travailleur : « J'aime bien ce que vous dites de créer notre espace pour discuter de ce qu'on veut pour le Québec. On travaille, on fait tout mais on ne décide de rien. Je ne comprends pas pourquoi on n'entend pas parler plus que cela de vous. Continuez votre bon travail. »

Un autre travailleur : « Vous dites que votre programme est d'arrêter de payer les riches ? Donnez-moi votre formulaire pour que je le signe ! »




Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca


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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec