Volume 2 Numéro 54 - 3 avril 2014


Les enjeux dans cette élection


Comment intervenir dans cette élection

Les enjeux dans
cette élection...

Pour un Québec souverain qui défend les droits de tous

Éducation, santé et programmes sociaux

Les conditions de vie et de travail dans le secteur public

Les conditions de vie et de travail dans l'industrie forestière


Une retraite en sécurité

Pour le renouveau des institutions démocratiques

: L'élection est lundi prochain le 7 avril. Quelles sont les prédictions du PMLQ ?

R : De nos jours il est difficile de faire des prédictions à cause du phénomène de coups électoraux auxquels on assiste depuis quelque temps. Les soi-disant partis majeurs et les médias monopolisés emploient des méthodes de marketing pour provoquer des réactions de peur et lancer des diversions pour désinformer l'électorat. Le PMLQ croit que le meilleur résultat serait que le peuple élise encore un gouvernement minoritaire pour qu'aucun des partis n'ait les coudées franches pour appliquer à fond de train leurs programmes destructeurs. Pour cela il faut un effort concerté, il faut reconnaître que le peuple peut faire une différence par la façon dont il vote.

Q : Il reste quatre jours et les sondages prédisent une majorité libérale. Qu'en pensez-vous ?

R : Les sondages continuent de donner un gouvernement libéral majoritaire. Le plus récent, celui de Forum Research le 1er avril, commandé par The Gazette, donne les libéraux majoritaires avec 41 % des voix, le PQ en deuxième avec 29 %, la CAQ en troisième avec 19 % et Québec solidaire en quatrième avec 7 %.

Cela confirme le sondage du 25 mars de Léger Marketing commandé par le Journal de Montréal qui donnait aussi les libéraux majoritaires : les libéraux avec 40 % des voix, le PQ 33 %, la CAQ 15 % et Québec solidaire 9 %.

Ces sondages sont-ils fiables ? Selon nous ils ne le sont pas. De récents exemples en Alberta et en Colombie-Britannique ont confirmé que les sondages sont manipulés par des intérêts en place avec des méthodes assez extraordinaires. Dans certains cas, un parti répand lui-même la nouvelle que l'opposition va gagner pour faire peur à ses propres partisans et les inciter à venir à sa défense. Ainsi, les gens qui votent habituellement PQ mais qui ont des griefs légitimes contre le gouvernement Marois doivent penser aux conséquences de leur geste parce que les libéraux sont en position de former un gouvernement majoritaire et un retour des libéraux ne serait pas une bonne chose pour le Québec non plus.

Q : Expliquez-nous comment vous voyez la diversion opérer en ce moment.

R : Les médias monopolisés font beaucoup d'effort pour dire que la CAQ et François Legault montent dans les intentions de vote depuis le deuxième débat des chefs. Ils s'entendent généralement pour dire que le point tournant de la campagne est l'arrivée de Pierre Karl Péladeau qui s'est présenté comme candidat du PQ en levant le poing et en disant que son ambition dans la vie est de « bâtir le pays ». Les médias continuent de répéter que la question centrale dans cette élection est que le PQ a l'intention de tenir ou de préparer un référendum s'il est élu alors que personne n'en veut. C'est le cheval de bataille des libéraux dans cette élection : ils disent que l'élection d'un gouvernement libéral est la seule façon de s'assurer qu'il ne va pas y avoir de référendum car eux veulent s'occuper de l'économie (« des vraies affaires »).

Tout cela fait diversion parce que, en ce qui concerne la souveraineté du Québec, contrairement à ce qui est prétendu, ce n'est pas une affaire d'anglophones contre francophones, de fédéralistes contre séparatistes ou de préférer la stabilité à l'instabilité. Le Québec, tout comme le reste du Canada, est en train d'être intégré à un nouvel État sous le contrôle de monopoles privés. Tout le monde doit s'intéresser à la question nationale, à l'édification nationale, sinon le peuple n'aura pas le contrôle de la situation au Québec. Il est urgent que tout le monde s'intéresse à cette question suivant sa propre logique et ses propres arguments, et non pas la logique donnée par les médias ou par d'autres.

La deuxième diversion est de dire que les libéraux vont s'occuper « des vraies affaires ». Les « vraies affaires » de qui ? Celles du peuple ? Certainement pas.

Depuis que les médias ont commencé ce refrain, le PQ est passé à la défensive. Au lieu d'argumenter qu'avec la souveraineté on pourra défendre les intérêts du Québec et ceux des Québécois, il répète qu'il ne tiendra pas de référendum tant que les gens ne seront pas prêts. Il a ensuite tenté de se présenter comme le parti de l'identité québécoise. Il revient sur sa charte des valeurs québécoises qui est très controversée. Il a lancé l'élection avant d'avoir entendu tous ceux qui voulaient intervenir sur le projet de charte et il a laissé savoir très clairement que s'il est élu majoritaire il a l'intention de l'adopter quoi que les gens disent. Le PMLQ est d'avis que c'est très inapproprié parce que sur la question de la charte, le PQ ne défend pas une position progressiste.

Quoi qu'il en soit, le PQ a essayé de mener sa campagne en disant qu'il défend les intérêts du Québec et qu'il est un bon gouvernement, qu'il a de bonnes réalisations sur le plan économique. Les médias ont alors dit que cette tentative de tourner l'attention sur l'intégrité et la lutte à la corruption n'a pas donné les résultats escomptés parce que le PQ a été forcé de répondre à des allégations de malversation autant que les libéraux. Selon les médias, le PQ n'est pas parvenu à recentrer la campagne sur l'identité québécoise non plus.

Q : Une autre caractéristique de la situation actuelle est que beaucoup de gens qui votent habituellement PQ ne veulent pas le faire cette fois-ci à cause de l'offensive antisociale, à cause de Péladeau, à cause de Marois qui est perçue comme étant arrogante et hautaine, parce qu'il n'a pas tenu sa promesse d'abolir la taxe santé et ainsi de suite. Qu'en pensez-vous ?

R : Oui, nous rencontrons beaucoup de sympathisants du PQ qui ne sont pas en faveur de la charte des valeurs et qui croient que cela fait du tort à la cause souverainiste. L'affaire Péladeau est difficile elle aussi à avaler à cause de son antisyndicalisme notoire. Bien sûr, la question nationale existe indépendamment qu'on soit pour le capitalisme ou le socialisme et il est urgent que la classe ouvrière prenne les devants là-dessus. C'est pourquoi le PMLQ appelle les travailleurs, les jeunes et les étudiants et les personnes âgées à créer les Commissions sur l'avenir du Québec, pour pouvoir eux-mêmes avoir une influence sur ce qui en ressortira.

Décider pour qui voter en se basant sur son dépit pour le PQ peut cependant conduire à une majorité libérale et cela ne serait pas bon pour le Québec. Les Québécois doivent voter de manière à donner le meilleur résultat dans la situation donnée. Aucun des partis politiques qui veulent former le gouvernement ne défend les intérêts du peuple. C'est pourquoi il ne faut pas leur donner une majorité, pour qu'aucun d'entre eux ne se sente libre de faire ce qu'il veut. L'opposition ouvrière doit refroidir leurs ardeurs.

Q : Et Québec solidaire là-dedans ?

R : La stratégie de Québec solidaire dans cette élection est de critiquer le PQ le plus possible dans l'espoir de ramasser le vote des péquistes désabusés. Il dit qu'il est le vrai parti de la souveraineté et en fait cette fois-ci il dit qu'avec un gouvernement de QS il y aurait un référendum au premier mandat. Il ramasse aussi les promesses rompues du PQ. Il dit que le PQ a viré à droite et ainsi de suite. Le PMLQ est d'avis que le vrai problème est le processus électoral où les partis politiques doivent diviser le corps politique pour avancer leurs chances électorales. Ce genre de politique ne contribue à résoudre aucun problème. Ça ne va pas nécessairement faire augmenter les votes de QS, mais, au contraire, pourrait aussi faire élire les libéraux. Mais évidemment Québec solidaire a le droit de demander qu'on vote pour lui autant que les autres. Pour nous, il s'agit de considérer le résultat pour le peuple québécois et de l'alerter à la nécessité d'occuper lui-même l'espace du changement et de ne pas penser que quelqu'un d'autre défendra ses intérêts à sa place.

: Alors vous croyez qu'il y a une véritable possibilité que les libéraux forment le prochain gouvernement ?

R : Ça en a tout l'air mais, comme je le disais, ça reste très imprévisible. Les Québécois sont des gens politiques. Ils ont un sens profond de l'intervention politique. Cela dépend beaucoup du taux de participation et de la mesure dans laquelle le vote caquiste, dans les comtés détenus par la CAQ, va se tourner vers les libéraux.

Ce ne serait pas bon pour le Québec, politiquement parlant, que les libéraux reviennent au pouvoir. D'abord cela alimenterait un sentiment d'impuissance, le sentiment chez les travailleurs, les étudiants et les jeunes que le mouvement n'a pas pu s'appuyer sur les progrès faits à l'élection de 2012 pour faire valoir les demandes d'un Québec qui défend les droits de tous. Une victoire libérale serait interprétée comme un appui au statu quo et à l'offensive néolibérale brutale. La privatisation de la santé, le pillage des ressources, le Plan Nord, la pression constante sur le niveau de vie et les pensions des travailleurs, ce serait donner le feu vert à tout cela. Les libéraux ont créé tous les conflits qu'ils ont pu en criminalisant la lutte des jeunes, des travailleurs du secteur public, de la construction, pour empêcher la discussion politique sur les problèmes soulevés. Il faut empêcher cela. Le PMLQ appelle les travailleurs partout au Québec à faire ce qu'ils peuvent pour ne pas donner le feu vert à cette offensive antisociale.

D'autre part, une victoire libérale servirait bien sûr à dire qu'au niveau fédéral, les libéraux ont une base au Québec. Il ne faut pas oublier que les libéraux représentent les forces qui ont appuyé les accords de Meech et Charlottetown que le peuple a résolument rejetés, tant au Québec qu'au Canada. Depuis ils n'ont jamais accepté que leur position constitutionnelle soit défaite. Il faut dire aux gens de les rejeter encore une fois dans cette élection.

Tout montre que les travailleurs doivent mettre leurs propres options sur la table car les choix qu'on leur donne ne correspondent pas à leurs intérêts. Rien ne changera dans l'intérêt du peuple si les travailleurs ne développent pas leur politique indépendante pour avoir suffisamment d'influence pour empêcher les intérêts monopolistes de détruire la société et l'autorité publique.

Q : Alors quel appel lancez-vous à la veille du scrutin ?

R : Notre appel demeure qu'il faut empêcher les libéraux de revenir au pouvoir et que les travailleurs doivent prendre les devants dans la construction d'un Québec souverain qui défend les droits de tous. Dans la situation actuelle où les travailleurs sont pris entre deux feux, la meilleure chose serait d'élire un gouvernement minoritaire du Parti québécois et d'exiger ensuite des lois prosociales, la fin des ententes secrètes sur les ressources, la fin de la privatisation de la santé et de l'éducation, la défense des pensions et du niveau de vie des travailleurs et ainsi de suite. Une demande importante pour ne pas voir des élections absurdes se répéter serait que le gouvernement s'en tienne à la loi sur les élections à date fixe.

Le PMLQ lance l'appel à ne pas permettre aux libéraux de revenir au pouvoir. Leur idée d'éliminer toute possibilité d'un référendum sur la souveraineté quoi que les gens pensent et de « s'occuper des vraies affaires » est un appel à bloquer la voie au progrès sur tous les fronts. Ils interpréteraient leur victoire comme un mandat pour intensifier l'offensive antisociale plus brutalement encore et pour bloquer la voie à une décision sur l'avenir du Québec et à l'édification nationale, alors que c'est ce dont ont besoin le Québec et toutes les nations à l'heure de la destruction nationale par les cercles dominants sous la botte de l'impérialisme américain. Les aspirations du peuple au Québec et au Canada doivent prévaloir aujourd'hui et la présente élection peut ouvrir une voie pour que cela devienne possible. Ce serait le résultat le plus souhaitable.

Q : Désirez-vous ajouter quelque chose ?

R : Pour ce qui est de l'élection d'un gouvernement du Parti québécois, pour les travailleurs la question demeure la même et cela est démontré encore une fois par le fait que les libéraux sentent le pouvoir et qu'ils ne sont pas très loin derrière. La question demeure que les travailleurs doivent prendre les devants pour définir et lutter pour un Québec souverain qui défend les droits de tous pour ne laisser aucun espace aux gouvernements qui veulent poursuivre l'offensive antisociale et imposer les politiques néolibérales et une conception très étroite de l'identité québécoise.

De plus, le PMLQ présente des candidats dans des comtés qui ne sont pas des comtés chauds et où les libéraux peuvent être défaits. Nous appelons les électeurs à voter pour le PMLQ dans ces circonscriptions en guise de reconnaissance de la nécessité des Commissions sur l'avenir du Québec.

Merci.





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Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca


Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec