Volume 2 Numéro 53 - 2 avril 2014


Les enjeux dans cette élection

Une retraite en sécurité:
un enjeu électoral et postélectoral

Non, les travailleuses et les travailleurs, les personnes retraitées ne se laisseront pas dépouiller de leur épargne-retraite ou couper leurs pensions. Nous n'accepterons pas de payer plus et travailler plus longtemps et de nous retrouver dans l'insécurité, ni de nous faire voler des milliards dans nos caisses de retraite ! Nous exigeons que l'on veille au bien-être des personnes âgées et qu'on leur assure une retraite en toute quiétude.

En 2012,* des 121 122 retraités de 65 ans et plus des secteurs public et parapublic, la majorité, soit 86 440, sont des femmes qui reçoivent en moyenne 9 990 $ par an. En y ajoutant la pension de la Régie des rentes, elles gagnent si peu qu'elles se qualifient aussi pour le supplément de revenu garanti du fédéral, à moins d'avoir d'autres revenus.

Elles sont où les « retraites dorées », les fonds de pension « mur à mur » tant décriés par les haut-parleurs néolibéraux?

Au fédéral, une personne seule, en plus de sa pension de la sécurité de la vieillesse, avec des revenus autres de moins de 16 728 $, a droit au supplément de revenu garanti. Comme le soulignait le rapport d'Amours, l'ajustement annuel de la pension fédérale ne suit pas celle des salaires, ce qui creuse l'écart entre le revenu à la retraite et les salaires.

On nous sert une propagande irrationnelle sur les « déficits » dans le but de faire accepter les attaques contre l'épargne-retraite des travailleuses et travailleurs aussi bien que les régimes publics sous forme de baisses des bénéfices, hausses des cotisations quand ce n'est pas la disparition de plusieurs dizaines de milliards en 2008.

Le gouvernement fédéral reporte l'âge de la pension à 67 ans graduellement à partir de mai 2023 (personnes nées à partir de 1958).

Les cotisations à la Régie des rentes du Québec sont augmentées, mais la rente pour les 60 ans est diminuée non plus de 30 % mais de 36 %, cela aussi graduellement.

Les retraités de White Birch à Québec et d'autres ont vu leurs pensions coupées de moitié.

Un projet de loi provincial fixe les cotisations à 50-50 pour les municipalités, oblige les travailleurs à participer au redressement des déficits et ouvre même la porte pour impliquer aussi les retraités. Tout cela alors que, dans le but de profiter des hauts rendements des années 90 créant des surplus qui ont permis aux employeurs de se payer des congés de cotisation, les gestionnaires municipaux ont livré l'épargne-retraite aux spéculateurs et fraudeurs financiers qui, avec la crise de 2008 et les rendements négatifs de 2011, ont creusé les déficits de ces caisses.

Voir aussi...
Les conditions de vie et de travail des travailleurs
du secteur public — un enjeu électoral


Le vote «anglo» et la souveraineté du Québec

Qui donc n'est pas intéressé aux questions constitutionnelles?

La question de la souveraineté a à voir avec qui décide


Les fonds de travailleurs sont pris à partie aussi. Le fédéral va annuler progressivement les avantages fiscaux de ces fonds, alors qu'une campagne est menée pour séparer les syndicats de leurs fonds. C'est le fond de solidarité FTQ, mais la FTQ n'a pas le droit d'être à la présidence ! Les banques elles, qui ont des fonds, qui est-ce qui les dirige ? Veut-on mettre à la tête des fonds de travailleurs le même genre de personnes qui nous ont fait perdre des dizaines de milliards d'épargne-retraite à la Caisse de dépôt et placement de Québec ?

La Caisse de dépôt et de placement du Québec a un actif de 200,1 milliards $ au 31 décembre 2013. À lui seul, le régime de retraite du secteur public et parapublic, (2012) RREGOP, détient 48,7 % des dépôts (85 863 milliards $) et la RRQ, 22 %,(39 070 milliards $). Les cotisations au RREGOP viennent d'être augmentées aussi.

Le rôle de l'État ne doit-il pas être de garantir une retraite en toute sécurité et de protéger l'épargne-retraite, et non de livrer les milliards de dollars cotisés par les travailleurs et travailleuses aux spéculateurs et fraudeurs financiers ?

Une retraite en sécurité est un enjeu de cette élection et le restera après les élections.

* CARRA, analyse actuarielle au 31 décembre 2011.


La défense de l'éducation publique
et l'orientation de l'économie

Cela fait plus de 20 ans au Québec qu'on impose que ceux qui oeuvrent en éducation préscolaire, primaire et secondaire, ainsi que les familles s'accommodent d'une crise dans les écoles. Ces accommodements sont considérés comme raisonnables par les partis de l'establishment, qu'ils se positionnent pour la prospérité ou pour l'austérité, leur position de base étant que l'orientation générale de l'économie au Québec est intouchable.

Mais pourquoi s'accommoderait-on des coupures dans les commissions scolaires, de leur abolition, de la diminution des fonctionnaires du ministère, pour résoudre la question du financement des écoles publiques ? C'est ce qu'ont fait le PQ et PLQ (et que prône la CAQ) lors de leur gouvernance, avec comme conséquences une intensification des problèmes et une augmentation de la charge de travail des intervenants.

Les enseignants, eux qui sont les premiers intervenants auprès des élèves, ont identifié les besoins qui doivent être répondus : diminution du ratio élèves/enseignants, augmentation des ressources humaines spécialisées comme des orthopédagogues, orthophonistes, psychoéducateurs et plus de temps de présence à école des intervenants en centre de santé et de services sociaux (CSSS), comme des travailleurs sociaux et des infirmières, création de classes spécialisées pour les élèves avec des besoins spéciaux (trouble envahissant du développement, trouble grave du comportement, grande difficulté d'apprentissage, etc.)

Ces investissements massifs qui doivent être faits dans les écoles doivent être financés par une partie de la richesse sociale créée par les travailleurs du Québec. Cette richesse sociale doit être entre les mains d'une autorité publique qui a la responsabilité de s'assurer que ces ressources soient présentes en faisant les arrangements économiques nécessaires. Une telle chose ne peut se faire qu'avec des forces politiques qui mettent fin à la politique de payer les riches. À ceux qui disent qu'il faut mieux distribuer la richesse, il faut répondre qu'on ne peut distribuer ce sur quoi on n'a pas de contrôle !

De plus, ces élections se déroulent aussi dans le contexte des négociations des travailleurs du secteur public, dont le contrat se termine en 2015. On se rappelle que le PLQ sous Charest, avait imposé une loi spéciale en 2005 pour dicter un contrat de travail dans ce secteur et a en brandi la menace en 2010. Le PQ, qui a déjà utilisé la loi spéciale contre les travailleurs du secteur public dans les années 80 et la Loi 72 en 1999 contre les infirmières (sous Pauline Marois, à l'époque ministre de la Santé), a maintenant Pierre-Karl Péladeau comme champion antitravailleur.

Alors que les efforts se poursuivent pour que le droit public supplante les intérêts monopolistes privés, aucun mandat majoritaire ne devrait être donné au prochain gouvernement !

Définissons ensemble le Québec moderne avec notre propre programme prosocial !


Santé publique dans les écoles : une question de droit

On parle beaucoup des moisissures dans les écoles à Montréal. La gestion des écoles relève de la commission scolaire à laquelle elles appartiennent. Le financement des commissions scolaires provient du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et de la taxe scolaire. À titre d'exemple, le financement de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) provient du MELS pour un peu plus de 65 %. La portion restante provient principalement de la taxe scolaire.

Le site de la CSDM indique: « Les règles budgétaires du MELS présentées aux commissions scolaires du Québec pour l'année scolaire 2012-2013 comprennent des coupures budgétaires substantielles, afin d'assurer le retour à l'équilibre provincial. » En examinant le Sommaire des dépenses par activité, la part du budget pour la conservation des immeubles est de 3,83 %, celle pour l'entretien ménager est de 2,29 % et celle pour l'amélioration, transformation et rénovation majeure est de 1,61 %.

Le fait que des écoles contaminées, comme l'école Baril dans l'Est de Montréal, doivent être démolies parce qu'irrécupérables est causé par la politique criminelle de payer les riches où le financement alloué à l'entretien est sans cesse diminué. Ce n'est pas un hasard si sur les six écoles fermées pour cause de moisissures à Montréal, trois sont situées dans Hochelaga-Maisonneuve, un quartier étiqueté défavorisé.

Le droit à l'éducation comprend aussi le droit des élèves, des enseignants et employés de soutien à des écoles saines, exemptes de moisissures et d'amiante peu importe le quartier. L'équilibre budgétaire est une réclamation de la bourgeoisie, pas du peuple. La destruction de l'éducation publique doit cesser et nos écoles doivent être au niveau des plus hautes normes de salubrité. C'est une question de droit et de santé publique et c'est non négociable.





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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec