Volume 2 Numéro 49 - 29 mars 2014



Les enjeux dans cette élection


La participation des jeunes dans cette élection

Selon un sondage de Léger Marketing pour le compte de TVA Nouvelles effectué du 28 février au 3 mars, les jeunes de 18 à 24 ans tendraient à 30 % à voter pour le Parti libéral du Québec (PLQ), à 29 % pour le Parti québécois (PQ), à 18% pour Québec solidaire (QS) et à 15 % pour la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le sondeur annonce une chute de la participation des jeunes à cette élection comparativement à 2012, quand le mouvement des étudiants pour le droit à l'éducation battait son plein. (Il oublie de dire que ce sont les jeunes qui ont forcé la tenue d'une élection et qui ont provoqué la défaite des libéraux et de Jean Charest.)

Ces chiffres ne font aucun sens présentés de cette façon. On semble vouloir toujours revenir au même refrain, que les jeunes sont apolitiques ou qu'ils considèrent la question de l'avenir du Québec comme quelque chose de « dépassé ». En fait, tous les sondages commandés par les grands médias et partis donnent habituellement un pourcentage séparé des intentions de vote chez les francophones et les anglophones. On voit tout de suite dans quelle perspective on veut canter la question de l'avenir du Québec, comme si ce n'était pas une question qui appartient à l'ensemble du corps politique sans égard à la langue, à l'origine nationale, aux croyances religieuses, aux convictions politiques ou au statut social.

Si le taux de participation des jeunes est à la baisse dans cette élection (il l'est probablement pour l'ensemble des électeurs car c'est la tendance depuis une vingtaine d'années à l'exception de l'élection de 2012), c'est parce que les jeunes ne voient pas pour qui voter, ils ne voient pas leurs intérêts collectifs représentés dans le choix des partis.

Il ne fait pas de doute que les jeunes ont de la méfiance envers le PQ. Non seulement a-t-il poursuivi l'offensive antisociale durant ces 18 mois de gouvernement, mais ils ne veulent pas être associés à la perspective obscurantiste que ce gouvernement a laissé poindre dans le débat sur la question des valeurs et de la laïcité. Les jeunes ont une perspective tournée vers comment on peut bâtir une société qui permette l'épanouissement de l'être humain, c'est-à-dire une société où c'est le peuple qui a la possibilité d'exercer un contrôle sur son environnement social et naturel.

Pour les jeunes, les alternatives sont très importantes. Quelle est l'alternative ? Certainement pas les libéraux. Ils sont les champions toute catégorie de l'offensive antisociale et de la destruction nationale. Puis leur refus de même parler du renouveau constitutionnel et leurs notions hypocrites sur la « préséance des droits individuels » ne font que maintenir la division du corps politique. Leur définition des droits individuels n'inclut pas toi et moi, elle comprend seulement les droits des monopoles constitués en tant qu'individu juridiquement.

Ce n'est pas le débat sur l'avenir du Québec qui fait que les jeunes se désintéressent des élections. Ce n'est pas vrai qu'ils considèrent que « c'est un vieux débat qui appartient aux années 1960 ». Ce qu'ils rejettent, c'est la division du corps politique entre « séparatistes » et « fédéralistes », entre « francophones » et « anglophones », entre « Québécois de souche » et « nouveaux arrivants ». La discussion sur l'avenir du Québec appartient à tous les Québécois et toutes les Québécoises. Dans cette élection, le PMLQ appelle les jeunes et les étudiants à s'organiser pour refuser toute majorité aux partis de l'offensive antisociale, pour refroidir leurs ardeurs sur ce front. Mais surtout, il faut entreprendre le travail pour créer les Commissions sur l'avenir du Québec dans les quartiers, les endroits de travail, les établissements scolaires et ailleurs pour arracher le débat sur l'avenir du Québec des mains du système de cartel de partis.



La lutte pour garantir le droit à l'éducation
au Québec ne fait que commencer

C'est l'avis de plusieurs, les médias et les partis des monopoles ont volontairement caché un gros morceau de leur agenda électoral : l'éducation. Probablement encore sous le traumatisme de la grève générale des étudiants de 2012, toutes les préoccupations liées au système d'éducation ont été balayées sous le tapis. Pourtant, le PLQ, le PQ et la CAQ s'entendent tous pour hausser les frais de scolarité et refuser de parler de l'avenir du système d'éducation.

Le point central de la question de l'éducation au Québec est de garantir le droit à l'éducation pour tous, ce qui signifie, entre autres, la fin des droits de scolarité cachés, aussi appelés frais afférents, qui varient d'une institution à l'autre, d'investir massivement à tous les niveaux du système d'éducation, d'instaurer la gratuité de la maternelle au doctorat et de bâtir des institutions pour maintenir un dynamisme à tous les niveaux.

Les discours des riches et de leurs partis qui présentent les coûts de l'éducation comme l'affaire des étudiants est une fraude totale. Les libéraux ont poussé leurs attaques contre les étudiants à point tel que leur gouvernement a tout fait pour criminaliser les luttes pour garantir le droit à l'éducation notamment en militarisant les Cégeps et les universités en 2012. Refusant toujours de revenir sur la grève générale des étudiants, les libéraux ont simplement rayé le thème de l'éducation de leur campagne électorale. Le PQ continue de vouloir éternellement hausser les frais de scolarité et pour la CAQ, elle vogue toujours sur son obsession d'éradiquer les commissions scolaires, comme si cela allait résoudre les problèmes de l'éducation.

Le Parti marxiste-léniniste du Québec propose de donner une nouvelle direction pour le Québec avec le programme d'exiger que l'État arrête de payer les riches et fasse de nouveaux investissements dans les programmes sociaux. L'éducation est un droit et le système d'éducation doit reposer sur ce principe. C'est pourquoi nous proposons les mesures suivantes :

1- Investir massivement en éducation ;

2- Imposer un gel immédiat des frais de scolarité pour les baisser progressivement et ensuite les abolir ;

3- Transformer progressivement le système de prêts et bourses en programme national de bourses pour s'assurer que chaque étudiant ait droit à un moyen de subsistance ;

4- Abolir les frais afférents ;

5- Imposer un plafond aux frais de scolarité pour les étudiants internationaux, leur faciliter l'accès au travail et réduire leurs frais de scolarité.






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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec