Volume 2 Numéro 46 - 26 mars 2014


Les enjeux dans cette élection

Pour un Québec souverain qui
défend les droits de tous!

La désinformation est à son comble dans les médias, avec l'hystérie libérale à propos du « séparatisme » et des « intentions cachées ». C'est pour maintenir de force le couvercle sur toute discussion sur l'avenir constitutionnel du Québec ou l'affirmation du droit du peuple de décider de son avenir. Les travailleurs et le peuple du Québec veulent mettre la question à l'ordre du jour pour pouvoir en débattre eux-mêmes et retirer le débat des mains du système de cartel de partis qui ne cesse de diviser le corps politique entre « séparatistes » et « fédéralistes » et d'usurper le pouvoir de décider.

Le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont encore une fois joint leurs voix pour appeler à la défaite d'un gouvernement qui mettrait la souveraineté à l'ordre du jour. Les libéraux ont déclaré qu'il faut « s'occuper des vraies affaires » tandis que la CAQ soutient que la souveraineté ne doit pas être abordée tant que les finances du Québec « ne seront pas en ordre » et, pour ce faire, il faut couper dans la fonction publique et les services gouvernementaux.

Le PMLQ s'oppose à l'idée qu'avant de pouvoir discuter de l'avenir du Québec, il faille d'abord « mettre de l'ordre dans les finances » ou s'entendre sur un ensemble de politiques sociales que doit avoir un Québec souverain. Il s'oppose aussi à l'idée qu'il est possible, de l'autre côté, de se « rapprocher » de la question nationale en créant un institut pour combattre l'intégrisme, comme si c'était ça l'enjeu pour le corps politique. Le fait de poser le problème de cette façon montre à quel point on a plongé le Québec dans la crise à force de ne pas vouloir résoudre la crise constitutionnelle de manière à investir le peuple du pouvoir souverain. Si le peuple n'a pas le contrôle de son État, il ne pourra pas « mettre de l'ordre dans ses finances », ni maintenir bien longtemps des politiques sociales progressistes. Comment ferait-il face à l'offensive néolibérale que mènent les grands intérêts monopolistes mondiaux pour mettre toutes les ressources de la nation à leur disposition ? En même temps, comme l'histoire l'a bien montré, il ne sera pas possible de créer les conditions pour que le peuple décide de son avenir si les travailleurs n'entreprennent pas de le faire eux-mêmes en y apportant leur perspective prosociale tournée vers l'avant.

En attaquant le PQ, l'hystérie des libéraux et des médias monopolisés canadiens à propos du « séparatisme » vise à priver le peuple de son droit de décider de son avenir et il faut résolument s'y opposer. En même temps, le PMLQ appelle tout le monde à se joindre à lui pour créer des Commissions sur l'avenir du Québec pour s'assurer que les travailleurs et le peuple aient une voix durant et après cette élection. Sans devenir une force organisée de cette façon, le peuple n'arrivera pas à se faire entendre.


Le PLQ demeure un obstacle à toute
expression de la volonté populaire

À entendre le chef du Parti libéral Philippe Couillard, il suffit d'écarter tout référendum sur l'avenir du Québec pour que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cette notion selon laquelle il faut mettre une croix sur la question constitutionnelle et passer aux « vraies affaires » — l'économie — date de l'époque de Jean Chrétien, dans la période postréférendaire. Après s'être ingéré dans les prises de décision du peuple québécois et s'être embourbé dans le scandale des commandites, Chrétien a voulu détourner l'attention de ses propres activités illégales en continuant de s'en prendre au droit du peuple québécois de s'affirmer en tant que nation.

Si le PLQ déblatère contre un « référendum », comme si cette forme de plébiscite était l'oeuvre du diable lui-même, c'est qu'il s'oppose corps et âme à toute expression de la volonté populaire, un point c'est tout. Ne l'a-t-il pas assez démontré dans sa façon de traiter la lutte étudiante ? Le référendum de 1995 a été un exercice démocratique en bonne et due forme, avec un taux de participation beaucoup plus élevé d'ailleurs que la participation aux élections, tant fédérales que québécoises. Cette opposition maladive à la tenue d'un référendum est en fait très révélatrice de comment le PLQ tient à préserver jalousement le pouvoir qu'il ne veut surtout pas partager avec les « masses ». Elle reflète une opposition farouche au droit du peuple québécois d'exercer son droit de s'affirmer en tant que nation et de se prononcer sur quelque question que ce soit.

Au lendemain du débat des chefs, Couillard a déclaré que le Québec n'avait pas « les moyens financiers de devenir un pays ». Ces propos sont contraires à ceux tenus par Jean Charest en 2006 alors qu'il déclarait : « Nous avons les moyens de devenir indépendants. Personne ne remet en question la capacité du Québec financièrement. »

Ainsi on se rend compte comment c'est du n'importe quoi. Les libéraux, sous couvert de parler « des vraies affaires », au contraire, ressassent des vieilles affaires pour cacher qu'ils n'ont eux-mêmes rien à offrir en tant que solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux au Québec. Ce sont les pires fraudeurs qu'il ne peut y avoir. Si ce n'est pas d'entretenir une hystérie au sujet d'investisseurs qui ne voudront plus investir dans l'Outaouais, c'est de faire croire qu'il y aurait exode des gens anglophones du Québec advenant une majorité péquiste. Or, les statistiques démontrent que la tendance ces dernières années dans l'Outaouais est que les anglophones viennent de plus en plus s'installer au Québec, le prix des maisons étant un facteur important. Et pour le comble, la député libérale de Hull, qui en tant que bonne libérale aime entretenir ce genre d'hystérie, a déclaré face à ces statistiques qu'en fait ce sont les gens francophones qu'elle avait rencontrés qui pensaient quitter l'Outaouais advenant une majorité péquiste ! Vraiment n'importe quoi !

La véritable préoccupation du « bon médecin » et sa gang, en fin de compte, est de continuer de tout décider pour nous et ça ne doit pas passer ! Partout où nous pouvons leur infliger une défaite, il ne faut pas hésiter à le faire.


Le débat des chefs, le lapin et les oubliés

Le débat des chefs dans les élections générales 2014 a donné lieu à l'habituelle myriade d'épithètes des commentateurs politiques, par exemple « décisif », « moment clé » ou encore « affrontement ». Tous ces points de vue convergent vers la même idée, le système politique est celui du cartel des partis des élites et c'est tant mieux ainsi pour la bourgeoisie. De l'autre côté, les travailleurs et leurs alliés, la jeunesse et les politiciens ouvriers avancent la thèse que le corps politique est marginalisé et exclu du système de partis actuel et que ce « combat de coqs » se résume à une campagne de faiseurs d'image et de politiciens sclérosés qui se donnent en spectacle.

Les commentateurs et experts tentaient de vendre ce débat à l'avance, entre autres en se remémorant les « lapins sortis d'un chapeau » lors de précédents débats. Cette année, aucun chef n'a sorti de lapin, le lapin restant bien tranquille caché dans un chapeau, s'il en faut croire les experts. Par contre, à la fin du débat, pourtant le « moment clé » de la campagne électorale, il est légitime de se demander en quoi ce débat a fait avancer les travailleurs et peuple du Québec.

Durant tout le débat les préoccupations des travailleurs ont été complètement laissées de côté. Bien sûr, il y a eu quelques « échanges » sur le nombre d'emplois au Québec, pour finalement s'apercevoir qu'aucun des partis n'était d'accord avec l'autre sur la manière de comptabiliser le nombre d'emplois. Il n'y a eu aucune discussion sur le développement économique, le sort des communautés mono-industrielles, l'utilisation des ressources naturelles ou humaines ou encore les lois antiouvrières qui se multiplient.

Le secteur de l'éducation a été complètement occulté, tout comme par exemple le secteur agricole ou forestier. Les préoccupations des partis des élites ont été soulignées à grands traits par les médias monopolisés, c'est-à-dire de maintenir ou renforcer à différents degrés les privilèges des monopoles et de leurs commis. La classe ouvrière et le peuple n'ont rien à gagner des champions des monopoles. Il n'y aura plus de « lapins à sortir d'un chapeau » pour les partis des riches, lorsque la classe ouvrière se constituera en la nation pour investir le peuple du pouvoir souverain.






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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec