Volume 2 Numéro 44 - 24 mars 2014


Élections générales du 7 avril 2014

815 candidates et candidats seront dans la course

À la fin de la période de mise en candidature samedi à 14h, le directeur général des élections du Québec (DGEQ) Jacques Drouin a annoncé que 815 déclarations de candidature ont été acceptées dans les 125 circonscriptions du Québec. Par comparaison, 894 candidates et candidats étaient dans la course aux élections générales de 2012. Il y a donc 79 candidatures de moins que lors du dernier scrutin.

Le nombre des déclarations de candidature acceptées se répartit comme suit :

Partis politiques ou candidats indépendants
Nombre de candidats
Bloc pot 
14

Coalition avenir Québec - L'équipe François Legault 
122

Équipe Adrien Pouliot – Parti conservateur du Québec
60

Équipe autonomiste
5

Mon pays le Québec 6

Option nationale – Pour l’indépendance du Québec 116

Parti des sans parti
5

Parti équitable 5

Parti indépendantiste 1

Parti libéral du Québec/Quebec Liberal Party 125

Parti marxiste-léniniste du Québec 24

Parti nul
24

Parti québécois 
124

Parti unité nationale 3

Parti vert du Québec/Green Party of Québec 44

Québec - Révolution démocratique 1

Québec solidaire 124

Union citoyenne du Québec / Québec Citizens' Union 1

Candidats indépendants ou sans désignation 11

Selon le DGEQ, l'âge moyen des candidates et candidats est de 43 ans. «C'est dans la tranche d'âge des 18 à 29 ans que l'on retrouve le plus de candidatures, soit 190, un nombre qui représente 23,3 % des candidates et candidats, lit-on dans le communiqué. Le deuxième groupe d'âge le plus représenté est celui des 50 à 59 ans, avec 186 candidatures, soit 22,8 % du total.»

Par ailleurs, avec 241 candidates, les femmes comptent pour 29,6 % des candidatures, un pourcentage légèrement supérieur à celui obtenu lors du scrutin du 4 septembre 2012, où il y avait eu 28,4 % de candidatures féminines.

Il est possible de consulter la liste des candidates et candidats pour chacune des circonscriptions sur le site du DGEQ à l'adresse www.monvote.qc.ca, en cliquant sur la rubrique «Recherche sur les candidats » dans la partie droite de la page d'accueil.


Financer le processus et non les partis

Un des commentaires les plus fréquents que nous entendons quand nous rencontrons les gens dans le cadre du travail électoral, c'est à quel point ils se sentent peu informés malgré les dépenses massives qui sont faites par les partis et le gouvernement en publicité de toutes sortes.

Le directeur général des élections du Québec (DGEQ) a annoncé que les élections en cours coûteront environ 88 millions $. Ces dépenses incluent : le matériel électoral, les activités préparatoires, le matériel informatique, les salaires du personnel du DGEQ et du personnel électoral, le transport et les communications, les services d'administration, les loyers, fournitures et approvisionnement et le remboursement des dépenses électorales (le DGEQ rembourse 50 % des dépenses électorales de tout candidat élu qui remporte 15 % du vote).

À cela s'ajoutent les dépenses permises par les partis politiques lors d'élections au-delà de celles remboursées par le gouvernement. Pour les élections du 4 septembre 2012, les partis étaient autorisés à dépenser 81 232 106 $.

C'est sans compter les ressources et les salaires des journalistes et du personnel technique que les médias monopolisés et des agences de sondage consacrent et qui servent principalement à couvrir les activités des partis arbitrairement considérés comme étant «élisibles». Ces gigantesques conglomérats médiatiques y consacrent un pourcentage considérable de leurs ressources durant la campagne. C'est une forme de publicité gratuite, non couverte par la loi sur les dépenses électorales, en offrant à ces partis entrevues, émissions spéciales (ex : la boussole électorale), sondages tendancieux et reportages quotidiens.

Les partis emploient de dispendieuses firmes de marketing et dépensent ces dizaines de millions de dollars qu'ils sont autorisés à dépenser dans de vastes campagnes publicitaires, de marketing, de pancartes, de sollicitations téléphoniques et de mécanismes sophistiqués.

Financement de l'État

Le coût d'une élection ne se limite pas à ces dépenses. S'y ajoute le financement de l'État par le versement des allocations annuelles aux partis, le remboursement des frais de vérification et le versement de contributions du DGEQ.

Les allocations annuelles: L'État verse aux partis politiques des allocations annuelles qui sont en fonction du nombre de votes obtenus lors d'une élection. Ainsi, en 2010 l'État a versé une allocation aux partis politiques de 0,50 $ par vote obtenu.* Cette allocation est passé à 0,82 $ en 2010, à 0,83 $ en 2011 et à 0,85 $ en 2012. Un système de crédit d'impôt pour contribution politique était aussi en place pour les donateurs.

À la fin de 2012, la loi a été modifiée et l'allocation de l'État est passée à 1,50 $ par vote obtenu. La loi abolit les crédits d'impôt et limite les contributions à un parti à 100 $ par électeur mais en revanche le DGEQ verse des contributions directes aux partis proportionnellement aux dons reçus.

En 2012, l'État a versé en allocation aux 9 partis politiques autorités une somme de 4 986 118 $. De ce montant, le PQ, le PLQ et la CAQ ont reçu 4 806 922 $, soit 96 % du total des allocations. Ce montant représente 57 % des revenus des partis politiques.

En 2013, l'État a versé 10 640 246 $ à 18 partis politiques autorisés (ayant participé aux élections de 2012). De ce nombre, 90 % a été versé au Parti Québécois, au Parti libéral du Québec et à la Coalition Avenir Québec, soit 9 576 222 $.

Le remboursement des frais de vérification: La Loi électorale prévoit que le DGEQ rembourse aux partis autorisés la moitié des frais de vérification du rapport financier jusqu'à concurrence de 15 000 $. En 2012, l'État a remboursé aux partis politiques 74 561 $ pour ces frais.

Le versement de contributions: Depuis janvier 2013, en plus des allocations, le DGEQ verse des contributions aux partis politiques.  Ces contributions sont de  2,50 $ pour chaque dollar versé à titre de contributions reçues par les partis autorisés de leurs supporteurs jusqu'à concurrence de 20 000 $ par parti par année, puis de de 1,00 $ pour chaque dollar reçu en sus de cette limite, jusqu'à concurrence d'un montant annuel de 200 000 $ par parti.

En 2013, selon les données disponibles, le DGE a versé au minimum 250 000 $ chacun au Parti Québécois, au Parti libéral du Québec et à la CAQ pour un total de 750 000 $, sans compter les sommes versées aux autres partis.

Les gens ont raison de dire que ces dépenses massives sont un gaspillage si toute la publicité, sinon la très majeure partie de la publicité, se résume à de la propagande en faveur des partis des riches et qu'au bout de la ligne les électeurs ne sont pas davantage informés sur les solutions aux problèmes de la société. C'est un signe que le processus électoral et le financement électoral ne sont pas centrés sur l'électeur en tant que facteur humain, en tant que décideur, qui doit être informé des enjeux de façon impartiale et qui doit avoir l'information sur tous les candidats et tous les partis pour faire un choix éclairé.

L'élection à une fonction officielle est un projet public. Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour informer les électeurs sur tous les candidats en lice et leur programme ainsi que sur les autres questions d'intérêts publics reliés à une élection ? Ceux qui travaillent dur tous les jours pour faire fonctionner cette société méritent d'être au coeur des élections, pas en marge. Pour le PMLQ, un élément central de toute réforme du processus électoral qui veut réellement investir le peuple du pouvoir de décider est que toutes les dépenses en temps d'élection doivent servir à financer le processus, pas les partis.

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* Précision : l'allocation se calcule en divisant entre ces partis, proportionnellement au pourcentage des votes valides obtenus par ces derniers aux dernières élections générales, une somme égale au produit obtenu en multipliant le montant fixé (0,82 $, 0,83 $, 1,50 $) par le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales utilisées lors de ces élections.

(Sources : Statistiques sur les rapports financiers des partis politiques provinciaux, direction du financement politique, Septembre 2013; site du DGEQ)






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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec