Volume 2 Numéro 41 - 20 mars 2014



Les enjeux dans cette élection

La souveraineté du Québec et les maux de Legault

En pleine descente aux enfers, François Legault, le chef de la Coalition Avenir Québec, a poursuivi sa campagne, qu'il qualifie modestement de « combat de sa vie », en affirmant qu'il voterait non à un référendum sur la souveraineté du Québec. Il a expliqué que pour tenir un référendum « il faudrait avoir le gros bout du bâton ». Pour ensuite conclure, dans un élan de clarté, qu'il n'est pas «fédéraliste» et que les deux options « se valent ».

Dans un discours aussi opportuniste, il est tentant de n'y voir qu'une tentative de sauver les meubles pour un parti en chute libre dans les sondages. Les élites ayant semble-t-il écarté Legault comme option pour diriger la restructuration de l'État. En effet, autant le PQ que les libéraux disent ouvertement vouloir s'accaparer l'électorat caquiste qui serait déterminant dans le résultat de l'élection, soit un gouvernement majoritaire ou minoritaire. Toutes ces manoeuvres pourraient être risibles si elles n'étaient pas une attaque contre la classe ouvrière et le peuple.

Comment est-il possible d'avoir « le gros bout du bâton » pour affirmer la souveraineté de la nation du Québec en refusant de discuter de l'avenir du Québec? C'est un non-sens. La souveraineté de la nation du Québec est une opportunité par la classe ouvrière et le peuple de mettre à l'ordre du jour le renouveau des institutions dites démocratiques pour investir le peuple du pouvoir souverain.

Jusqu'à maintenant, la question de l'avenir du Québec n'a souri à aucun des partis de riches depuis le déclenchement des élections, plaçant ceux-ci sur la défensive. Le PQ préférerait ne pas en parler, les libéraux sont toujours coincés par le poids historique de cette question et la CAQ est en pleine confusion sur la question. Pour les travailleurs, les femmes, la jeunesse et les minorités nationales, la discussion sur l'avenir du Québec est pourtant porteuse de l'espoir d'affirmer autant les droits individuels que collectifs, de créer de nouvelles institutions modernes et servir à unir le peuple. C'est pourquoi la souveraineté du Québec se fera avec la classe ouvrière à sa tête mais sans Legault.


Le travail de porte-à porte en élections

Les candidats du PMLQ ont beaucoup de discussion avec les travailleurs, les femmes et les jeunes dans le porte-à-porte. C'est actuellement la période de mise en candidature des candidats qui veulent se présenter. Il faut 100 signatures d'électeurs d'une circonscription qui appuie la candidature d'un candidat pour qu'il soit accepté. C'est une occasion de rencontrer des centaines de personnes et de discuter avec eux sur les élections et sur ce qui se passe. Voici quelques citations.

Pour ces élections?

Une jeune travailleuse : « J'ai bien de la misère avec cette élection. Ils tiennent des élections parce qu'ils n'ont pas de solution aux problèmes. C'est notre argent qu'on a dépensé pour les élections 2012 et 18 mois plus tard, c'est encore notre argent qui va servir à ce que rien ne change. »

Un imprimeur retraité: « Pourquoi le gouvernement décide-t-il d'aller en élection si on est en déficit et qu'on coupe partout ? Pourquoi le gouvernement va-t-il en élection quand on apprend que la majorité des lois adoptées l'ont été à l'unanimité ? Vous trouvez ça logique ? Et pourquoi il y a des élections si le gouvernement a adopté une loi à date fixe ? Moi je ne trouve pas cela sérieux du tout. On est encore pris en otage. »

Un travailleur autonome : « On va entendre encore des milliers de promesses et bien souvent du déjà vu, les politiciens vont se chicaner, dire qu'ils sont les meilleurs, et après on devra choisir quel chauffeur va nous amener dans le mur. Cela fait longtemps qu'on est à la croisée des chemins. »

Un professionnel : « Je suis bien embêté par les élections. Moi je veux des bons services de santé et d'éducation pour ma famille et mes enfants. Je paie 35 % d'impôt, je travaille, j'élève ma famille, je contribue. Mais en retour, on me demande en plus de prendre des soins de santé privé si je veux soigner mon enfant ou si ma femme a besoin de soins spécifiques. Cela ne fait pas de sens. Et puis la division gauche droite ne veut rien dire. Dans leur catégorisation, je suis parfois à gauche, parfois à droite. Cela ne veut rien dire. »

Une secrétaire : « Pour moi c'est du pareil au même. Je ne me reconnais pas dans les gros partis. Vous dites qu'il y en a 19 ? Pourquoi on n'est pas informé de cela ? Il serait temps de moderniser tout cela. Et puis il y a Pierre Karl Péladeau qui se présente. Je ne vois pas du tout comment cette personne pourrait représenter le peuple. Il ne vit pas comme nous. Il ne vit pas nos problèmes quotidiens. Ce qui me fatigue aussi c'est que le niveau de vie de la classe politique est hors norme avec un grand train de vie avec notre argent. »

Le projet de charte des valeurs

Une éducatrice en garderie : « Je suis bien contente d'entendre ce que vous dites sur la charte. À mon travail, cela crée beaucoup d'insécurité. Je suis d'origine française. Ma collègue est d'origine libanaise et une autre d'origine marocaine. On n'aime pas ce qu'on entend et je pense que vous avez raison quand vous dites qu'il faut parler et se mêler de la discussion. On est des Québécoises et ça nous appartient. Merci beaucoup. »

Un enseignant : « Je suis pour la souveraineté, mais je ne suis pas pour la charte. Je trouve que cela peut nous faire reculer beaucoup. Et puis la discussion venait juste de commencer il me semble. Au lieu de nous ouvrir, on se renferme, on se replie avec la charte. Pour moi la souveraineté c'est s'ouvrir, pas se fermer. Tout cela risque de nous faire beaucoup de tort. »

L'éducation

Un jeune travailleur : « Les étudiants ont voté aux dernières élections après le printemps étudiant. Il y a beaucoup de mes amis qui ont voté PQ pour mettre Charest dehors, pour le retrait de la loi spéciale, pour abolir la hausse. Mais finalement, il y a eu une hausse. Alors qu'est-ce qu'on doit faire maintenant ? J'étais au cégep l'année passée. On était tous ensemble, on tenait des réunions, des assemblées, on discutait, on était ensemble et à tous les jours. Sur le marché du travail, on est plus isolé. Aujourd'hui, avec mes amis, on continue à discuter, tout le temps, on imagine ce qui pourrait être fait, mais il y a quelque chose qui manque pour que nos idées aillent plus loin. »

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Les enjeux dans cette élection

Austérité et prospérité

Une mère de famille et travailleuse du secteur banquier : « Je suis préoccupée par la situation de la classe moyenne qui s'appauvrit. Je suis préoccupée par la situation de l'éducation pour nos jeunes parce que c'est majeur que les jeunes puissent avoir une bonne éducation qui leur permet de s'ouvrir sur le monde, ouvrir l'esprit sinon c'est l'ignorance et l'étroitesse. Les préjugés, c'est très nuisible dans la société. Avec la charte, ce n'est rien pour aider. On ne peut pas se mêler ou juger des croyances de gens. Qui on est pour faire cela ? On ne veut pas se faire dire quoi faire, quoi porter. Les politiciens aujourd'hui agissent sur la base de leurs propres intérêts étroits. Ils parlent des mêmes sujets mais c'est toujours en fonction de leur perspective et leurs intérêts. On le voit entre autres avec la Commission Charbonneau. Et pour finir, on veut vivre en paix non ?»

Direction de l'économie

Un travailleur : « J'aime bien ce que vous dites de créer notre espace pour discuter de ce qu'on veut pour le Québec. On travaille, on fait tout mais on ne décide de rien. Je ne comprends pas pourquoi on n'entend pas parler plus que cela de vous. Continuez votre bon travail. »

Un autre travailleur : « Vous dites que votre programme est d'arrêter de payer les riches ? Donnez-moi votre formulaire pour que je le signe ! »





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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec