Deuxième Colloque des partis
émergents
Les partis émergents s'opposent à leur
marginalisation et demandent des changements immédiats à
la loi électorale

Les
chefs des partis participants au 2e Colloque, de gauche à
droite: Frank Malenfant, Parti des sans parti; Hugo St-Onge, Bloc Pot;
Patricia Domingos, Parti Équitable; Pierre Chénier, Parti
marxiste-léniniste du Québec; Guy Boivin, Équipe
Autonomiste; et Paul Biron, Parti unité nationale
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Le 2e Colloque des partis émergents s'est tenu le
22 février au cégep Maisonneuve, à
Montréal. Six partis y ont participé, les mêmes qui
avaient participé au premier tenu à Québec le 2
novembre dernier (voir le reportage dans le numéro du 4
novembre 2013 de Chantier politique. Ce sont: Bloc Pot,
Équipe Autonomiste, Parti Équitable, Parti des sans
parti, Parti unité nationale et Parti marxiste-léniniste
du Québec, qui était l'organisation hôte cette
fois-ci. D'autres partis qui n'ont pu être présents au
colloque ont demandé à être tenus au courant des
développements.
Le thème de la journée était le
processus électoral et la Loi électorale du Québec
et l'expérience qu'en ont les partis émergents. Les
participants ont échangé leurs opinions et formulé
des propositions sur les changements à apporter au processus
électoral et à la Loi électorale pour contrer la
discrimination dont sont victimes les partis émergents et les
électeurs dans le processus électoral. Rappelons que le
colloque considère comme parti émergent tout parti
politique autorisé par le Directeur général des
élections du Québec (DGEQ) qui n'a pas de
représentation à l'Assemblée nationale. Il y a
présentement 20 partis autorisés par le DGEQ au
Québec, dont 16 partis émergents.
Le format de la journée avait été
organisé de telle sorte que le matin était
consacré aux échanges entre les partis après que
chacun d'entre eux eut présenté ses points de vue et la
partie publique avait lieu dans l'après-midi.

Des résolutions
Après une période d'échanges des
plus vivantes entre les partis, le colloque a adopté les
résolutions suivantes:
1. Le 2e Colloque des partis émergents
réuni à Montréal le 22 février
déclare ce qui suit:
Les partis suivants: Bloc Pot, Équipe
Autonomiste, Parti Équitable, Parti marxiste-léniniste du
Québec, Parti des sans parti et Parti unité nationale,
demandent la publication d'un fascicule par le DGEQ présentant:
- les noms et logos de tous
les partis autorisés aux élections
- le programme de chacun des
partis présenté par eux-mêmes avec le même
espace alloué dans le fascicule pour chacun des partis.
Les partis demandent que le fascicule soit
distribué dans chaque foyer, à tous les électeurs.
Sur cette résolution, un projet de modification
à la Loi électorale sera aussi
préparé par un membre de Équipe autonomiste.
Après approbation des partis présents au Colloque, le
projet de modification sera présenté à un
député pour qu'il soit présenté à
l'Assemblée nationale.
Un lieu d'échange interne sera aussi
initié par le Parti des sans parti pour que les partis
communiquent entre eux entre les colloques.
2. Le 2e Colloque demande que la validation des
signatures d'électeurs dans la Déclaration de
candidature soit faite sur la base que le signataire est
électeur résidant dans la circonscription et non pas
qu'il doit être sur la liste électorale permanente.
3. Le prochain colloque des partis émergents aura
lieu le samedi 17 mai. L'hôte sera le Bloc Pot.
Une discussion franche et
vive
La discussion a abordé plusieurs sujets. Les
participants ont fait valoir que la discrimination que le processus
électoral et les médias exercent contre les partis
émergents est la manifestation d'un problème avec la
démocratie au Québec, puisque les électeurs n'ont
même pas le droit de savoir qui se présente, candidats ou
partis, ce qu'ils ont à dire, et l'impression est donnée
qu'il y a seulement quatre partis au Québec. Dans ces
conditions, parler d'un vote informé est impossible au
départ.
Les partis ont donné plusieurs exemples des
embûches qui sont faites à leur participation aux
élections par la Loi électorale. Ils ont parlé des
problèmes rencontrés dans le processus menant à la
reconnaissance officielle des candidats. Ainsi, tous les candidats
doivent recueillir l'appui de 100 électeurs de la
circonscription sur la Déclaration de candidature.
Mais voilà qu'un grand nombre des signatures ainsi recueillies
sont rejetées, ou bien parce que le nom du signataire ne se
trouve pas sur la liste électorale permanente, même s'il
est bel et bien électeur et habite dans la circonscription, ou
bien parce qu'il ne signe pas son nom exactement comme il est
écrit sur cette liste (ex. : St-Cyr ou St Cyr).
Comme l'a dit un représentant d'un des partis,
« ce qui est censé être une expression d'appui
populaire est transformé en un exercice bureaucratique ».
« C'est une discrimination pas juste contre nous, mais contre
l'électeur lui-même », a dit un autre.
La question de l'inégalité des ressources
pour les candidats et les partis a aussi été
abordée. La Loi électorale parle de libre participation
des électeurs au choix du gouvernement et d'équité
et de transparence pour tous les partis dans le processus
électoral, mais la réalité est toute autre, ont
dit les partis. Sans l'égalité des ressources, par
exemple en ce qui concerne l'accès des électeurs à
l'information et l'accès des partis et candidats aux
médias, comment peut-on même parler
d'égalité politique ? C'est la richesse, le pouvoir et le
privilège qui dominent sans partage.
C'est dans ce sens que les partis demandent la
production d'un fascicule par le DGEQ dans lequel un espace égal
est accordé à un message écrit par chaque parti et
qui est envoyé à chaque foyer. C'est une façon de
faire une brèche contre l'inégalité des
ressources, mais évidemment pas la seule. On a discuté
par exemple du temps d'antenne, que tout temps d'antenne mis à
la disposition des partis devrait être mis en temps égal
à la disposition de tous.
Les participants se sont aussi arrêtés sur
le besoin de consolider le travail des partis émergents. Quelle
forme servira le mieux les besoins actuels, au niveau où le
travail en est rendu, pour percer le mur de la marginalisation dans le
processus politique au Québec ? Les partis apprécient
pouvoir garder toute leur indépendance et en même temps
travailler ensemble sur les décisions qu'ils ont prises en
commun. Comment se tenir en contact entre les colloques ? Les partis
vont continuer à y réfléchir et ce colloque a
adopté la proposition du Parti des sans parti sur la
préparation d'un site Google d'échange entre les partis.
Dans l'élan des discussions et des
résolutions, plusieurs autres projets et suggestions d'actions
possibles ont été présentés pour garder
l'initiative entre nos mains: faire circuler une pétition via
Avaaz pour l'obtention du fascicule présentant le programme de
tous les partis; publier les résolutions adoptées pour
les présenter aux électeurs que chaque parti rencontrera
durant les élections; produire notre propre fascicule
présentant les partis émergents (avec nom et logo du
parti et le programme, avec le même espace alloué à
chaque parti) qui serait disponible sur nos sites respectifs,
envoyés dans nos réseaux et remis en main propre. Le
fascicule devra évidemment porter l'autorisation de l'agent
officiel des partis, pour être conforme à la Loi
électorale.
Visiblement, il ressort de ce deuxième colloque
que les partis émergents sont déterminés à
obtenir des changements concrets qui rendront le paysage politique au
Québec plus favorable à leur participation et plus
à l'avantage des électeurs.
À la fin de la rencontre, les partis et
participants étaient fiers d'avoir tenu ce 2e colloque, riche en
échanges, et d'avoir pu adopter des résolutions qui
mettent sur la table du travail commun à faire.
Les participants au
Deuxième Colloque des partis émergents à
Montréal le 22 février dernier
À titre d'information
Les 20 partis politiques autorisés par
le Directeur général des élections du
Québec
Voici la liste des 20 partis politiques autorisés
par le DGEQ et la date de leur autorisation.
Bloc Pot (18 mars 1998)
Coalition avenir Québec - L'équipe François
Legault (14 février 2012)
Équipe Adrien Pouliot - Parti conservateur du Québec (25
mars 2009)
Équipe autonomiste (21 mars 2012)
Mon pays le Québec (20 novembre 2012)
Nouveau Parti démocratique du Québec (30 janvier 2014)
Option nationale (31 octobre 2011)
Parti de la classe moyenne du Québec (8 mai 2012)
Parti des sans parti (13 juin 2012)
Parti Équitable (20 février 2012)
Parti indépendantiste (18 octobre 2007)
Parti libéral du Québec/Quebec Liberal Party (22
février 1978)
Parti marxiste-léniniste du Québec (5 mai 1989)
Parti Nul (9 avril 2009)
Parti Québécois (22 février 1978)
Parti unité nationale (15 mai 2002)
Parti vert du Québec/Green Party of Québec (14 novembre
2001)
Québec - Révolution démocratique (7 mars 2011)
Québec solidaire (1er novembre 2002)
Union citoyenne du Québec / Québec Citizens' Union (13
juillet 2012)
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