Volume 2 Numéro 17 - 7 février 2014

Mort d'Alain Magloire

L'impunité doit cesser immédiatement !

La mort tragique d'Alain Magloire, abattu le 3 février de trois balles par des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a de nouveau soulevé l'indignation de la population. Dès le lendemain, près de 50 personnes ont répondu à l'appel du Collectif opposé à la brutalité policière et tenu une vigile à la Place Émilie-Gamelin. Cette brutale intervention soulève plusieurs questions parmi les activistes oeuvrant auprès des sans-abri et la population, d'autant plus qu'il s'agit de la troisième mort aux mains des policiers en trois ans.


Alain Magloire, 42 ans, abattu le 3 février de trois balles de policiers à Montréal en face du terminus d'autobus
à l'angle des rues Ontario et Berri.

On se rappellera que le 7 juin 2011, Mario Hamel, un itinérant armé d'un couteau, avait été abattu par des policiers au centre-ville de Montréal. Mario Hamel était en crise depuis une dizaine de jours.

Le 6 janvier 2012, Farshad Mohammadi, 34 ans, succombait sous les balles des policiers. L'homme qui dormait dans l'édicule du métro Bonaventure aurait assailli un policier avec une arme blanche.

« C'est la troisième personne qui souffre d'un problème de santé mentale dans les trois dernières années qui se fait tirer par la police, à cause d'un incident dans le domaine public, souligne le directeur général de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce. Combien de personnes avec des problèmes de santé mentale vont mourir à cause de la façon dont elles sont traitées dans notre système de santé ? » Il a ajouté que l'événement du 3 février est un échec de notre système de santé.

Jason Champagne, directeur des services généraux au CSSS Jeanne-Mance, rappelle que des équipes d'interventions spécialisées peuvent intervenir dans des cas de crise où des individus représentent un danger pour eux-mêmes ou pour autrui. Il s'agit d'une équipe d'urgence psychosociale mise sur pied en 1996, et qui peut intervenir avec ou sans le support des policiers.

Il ajoute qu'un intervenant spécialisé est également disponible pour assister les policiers lorsqu'une situation de crise se présente. Sauf qu'un seul quart de travail est prévu pour assurer la présence d'un intervenant, ce qui est insuffisant, selon lui.

Des enquêtes indépendantes

L'enquête sur la mort d'Alain Magloire a été confiée à la Sûreté du Québec, ce qui soulève plusieurs interrogations quant à l'objectivité du rapport qui en résultera. Depuis plusieurs années, plusieurs organismes dont la Protectrice du citoyen, La Ligue des droits et libertés et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse réclament des enquêtes indépendantes.

Suite aux pressions des organismes et de la population, le gouvernement Marois a adopté le projet de loi 12 créant le Bureau des enquêtes indépendantes au mois de mai 2013.

La Commission des droits de la personne et de la jeunesse vient d'ailleurs d'émettre un communiqué appelant le gouvernement à mettre en place ce bureau immédiatement.

« Le nombre de victimes de bavures policières issues de milieux où le profilage racial et social sévit est perturbant. Cela doit cesser, a précisé le président de la Commission, Jacques Frémon. La police ne doit pas enquêter sur la police ; il en va de la crédibilité de tout le système, ce qui permettrait de rétablir la confiance du public dans les forces de l'ordre. »

L'impunité doit cesser

À près d'un mois de la 18e Journée internationale contre la brutalité policière, une des questions qui demeure la plus importante est de mettre fin à l'impunité policière.

Comment est-ce possible qu'un problème comme l'itinérance qui est une attaque brutale contre les droits des plus vulnérables, que ce soit le droit au logement, à l'éducation, à la santé, pour ne citer que ceux-là, soit réglé par la répression violente ?

Comment est-ce possible que 108 personnes au cours des 10 dernières années soient mortes ou blessées par balle dans le cadre d'interventions policières au Québec ?

Comment est-ce possible que seulement deux policiers aient été mis en accusation ?

Comment est-ce possible qu'une nation moderne et riche comme le Québec n'ait pas mis fin à l'itinérance ?

Le Québec a un urgent besoin d'une société moderne qui garantira les droits de tous et toutes !




Les Chantiers de l'histoire

21 janvier 1948:

Comment le fleurdelisé est
devenu le drapeau du Québec

  

Assemblée des Six Comtés en octobre 1837 où flotte le drapeau des Patriotes

En 1832, alors que la notion de République embrase le Bas-Canada, des comités de patriotes créent le tricolore vert, blanc et rouge qui sera arboré lors des assemblées des patriotes. Le vert signifierait les Irlandais, le blanc les Français et le rouge-orangé les Anglais. C'est le symbole de l'unité de la jeune nation du Québec dans sa lutte contre le colonisateur britannique. Après la sanguinaire répression de la rébellion en 1837-38, et les accommodements imposés au peuple du Québec pour qu'il abandonne l'idée de République, le drapeau des patriotes est banni par les autorités.

Jusqu'en janvier 1948, c'est l'Union Jack, drapeau de l'empire britannique, qui orne les parlements du Québec et du Canada. Symbole de l'assujettissement des institutions du Canada et du Québec à celles du Royaume-Uni, il est rejeté par la population et la demande de se doter d'un drapeau pour le Québec se fait de plus en plus entendre.

Depuis 1939, le Comité du drapeau Carillon-fleurdelisé (qui devient Comité de propagande du drapeau en 1945) met de l'avant un drapeau inspiré de celui de l'Abbé Filiatrault, avec la croix blanche, symbole du catholicisme et typique des anciens royaumes d'Europe occidentale, sur fond bleu pâle qui signifiait à l'époque la Vierge et qui est devenue plus foncée avec les années, et avec quatre fleurs de lys dorées, ensuite blanches, pointant vers l'intérieur, représentant la monarchie française. « Le Comité offrait alors, en plus des drapeaux, des banderoles, buvards, cartes de bonne année, cartes postales, coussins, décalqueurs, écussons, enveloppes, insignes, mouchoirs, photographies, plaques, tablettes, timbres, cartes aux couleurs du fleurdelisé. » [1] Trois organisations sont particulièrement actives dans le comité, soit la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, les Jeunes laurentiens et l'Ordre de Jacques-Cartier.

L'Assemblée nationale, sous le contrôle de Maurice Duplessis et de l'Union nationale, dissout le comité spécial formé pour étudier la possibilité d'adopter un drapeau québécois qui proposait que ce dernier soit le fleurdelisé. Duplessis, sous la pression de la campagne menée pour l'adoption du fleurdelisé et souhaitant s'approprier l'initiative, fait adopter par décret le drapeau du Québec, avec les fleurs de lys pointant vers le haut, le 21 janvier 1947, à 15 heures. Il est reporté au pouvoir aux élections suivantes, en juillet 1948.


Note

1. Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française

(Sources: Wikipedia, Les Patriotes 1837-1838, Histoire populaire du Québec 1896 à 1960, Gouvernement du Québec, Université de Sherbrooke, Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française)





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