Chantier Politique

8 mars 2018

Numéro 3

Vive le 8 mars, Journée internationale de la femme!

En avant pour l'affirmation et l'émancipation des femmes et de toute la société!


Courtes entrevues de travailleuses à l'occasion du 8 mars 
Manon Castonguay, présidente de la section locale 6486
du Syndicat des Métallos

Magali Giroux, travailleuse des postes, membre de la section locale de Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes
Nathalie Savard, présidente du Syndicat des intervenantes et des intervenants de la santé du Nord-Est québécois
Nathalie Soullière, travailleuse de la construction, membre de la Fraternité inter-provinciale des ouvriers en électricité (FIPOE)

Quelques statistiques sur la situation des femmes au Québec

Calendrier des activités


Vive le 8 mars, Journée internationale de la femme!

En avant pour l'affirmation et l'émancipation
des femmes et de toute la société!

Le PMLQ salue les femmes combattantes du Québec, du Canada, des nations autochtones et de partout dans le monde à l'occasion de la Journée internationale de la femme. En cette année 2018, alors que la rétrogression de la société s'intensifie dans tous les domaines, les femmes continuent d'être à la tête de toutes les luttes, pour l'élimination de la pauvreté, de la violence, de la guerre et de l'agression et de toutes les attaques aux droits humains. Elles défendent les droits à la santé, à l'éducation pour toutes et tous, s'opposent à la privatisation et à l'offensive antisociale. Elles le font pour elles-mêmes, leurs familles, leurs communautés et la société tout entière, pour un projet d'édification nationale qui garantit les droits et le bien-être de tous et de toutes et n'abandonne personne à son sort.

L'intensification de l'offensive antisociale des gouvernements du Québec et du Canada révèle ses traits hideux dans tous les domaines de la vie. Un des traits saillants de l'offensive antisociale des riches et de leurs représentants politiques est le silence répressif étouffant qui est imposé et la criminalisation de la parole comme droit humain de délibérer, discuter et agir pour résoudre les problèmes de la société d'une façon qui bénéficie au peuple. Il faut en ce sens saluer et féliciter les femmes autochtones qui partout au Québec et au Canada ont opposé l'omerta et pris la parole pour exiger justice pour les femmes autochtones assassinées, tuées et disparues. Aux côtés de leurs consoeurs et de leurs alliés, elles refusent les belles paroles et les supercheries de l'État colonial. Elles ont dit Non au silence sur le sort réservé à leurs filles et à leurs communautés. Non à l'impunité ! Elles défendent leurs mères, leurs soeurs, leurs tantes, leurs filles disparues ou assassinées et le font pour défendre leur droit d'être, leur avenir et ceux de leurs familles et de la société et elles refusent de se soumettre.

Il faut également saluer et féliciter les infirmières du Québec qui sont elles aussi aux premières lignes pour briser le silence et qui réclament les conditions de travail et de vie dont elles ont besoin pour travailler dans la dignité et l'esprit en paix pour dispenser les soins de santé à la population. Sous la menace de suspensions et de représailles, elles ont courageusement mis sur la place publique leurs demandes. Elles prennent leurs responsabilités sociales qu'exigent leur profession et leur travail, le gouvernement refusant de prendre les siennes. Elles font et défendent leurs réclamations qu'elles sont en droit de faire à la société. Elles rejettent l'ordre du jour antisocial du gouvernement Couillard comme un affront à l'être humain et à l'avenir de la société.

Le gouvernement du Québec a fait beaucoup d'efforts au cours des derniers mois pour amadouer les femmes et se donner des allures qu'il est de leur côté. Plus il brandit les mots féministe, égalité hommes-femmes, et progressiste, plus il tente de faire passer son ordre du jour antisocial et diviser le corps politique. Le problème selon le gouvernement serait les comportements, les attitudes, ou encore le port de certains vêtements, et ce qu'il faut ce sont des lois de délation, de criminalisation et des pouvoirs de police accrus. Mais les femmes refusent ces pouvoirs au-dessus d'elles-mêmes qui sont et seront utilisés contre elles. Elles refusent ces lois qui les criminalisent et n'apportent absolument aucune solution aux problèmes qu'elles rencontrent en tant que travailleuses, femmes et membres du corps politique. Tout cela est fait pour cacher la réalité que la source de l'oppression des femmes est directement liée à l'exploitation capitaliste. Ce système basé sur l'exploitation de l’être humain par l’être humain dans tous les domaines de la vie bloque l'émancipation des femmes et de la société. 

De leur propre expérience, les femmes réalisent de plus en plus que ce qui bloque ce sont les institutions dites démocratiques, comme l'Assemblée nationale qui est un des outils pour les attaquer. Il est clair que les femmes et leurs alliés n'ont aucun contrôle sur les décisions qui sont prises et affectent leur vie, la richesse qu'elles créent pour qu'elle serve le bien-être de tous. En menant des actions avec analyse et en mettant tout le poids de leurs organisations pour défendre leurs droits, leur dignité et pour mettre fin à toutes les formes d'humiliation et d'exploitation, des avances certaines vont être réalisées.

Il y a 107 ans, la première Journée internationale de la femme était axée sur l'appel à la paix émis par les femmes communistes d'Europe avant la Première Guerre mondiale. La vie a depuis confirmé que les femmes sont la plus grande force pour la paix dans le monde entier. Cela s'exprime aujourd'hui dans la lutte pour Faire du Canada une zone pour la paix et établir un gouvernement antiguerre qui sortira le Canada de toutes les alliances et coalitions et tous cartels de guerre et de tous les blocs économiques, militaires et culturels à leur service. Aujourd'hui le Québec et le Canada sont entraînés dans toutes les guerres d'agression, d'occupation et de changement de régime des États-Unis et le Canada est membre d'alliances et de coalitions qui menacent d'anéantissement les peuples qui refusent de se soumettre au diktat américain. En cette Journée internationale de la femme 2018, engageons-nous à multiplier les efforts pour établir un gouvernement antiguerre et pour faire du Canada une zone pour la paix.

Au Québec, les femmes organisent des activités tout au long du mois de mars dans toutes les régions. Elles discutent ensemble, réfléchissent, cherchent et avancent des solutions pour ouvrir la voie et faire avancer la société. Joignons-nous aux activités célébrant la Journée internationale de la femme partout au pays ! Ensemble, faisons nos réclamations : plus d'investissement dans les programmes sociaux, des salaires décents, des services de garderie et des services pour les aînés, non à la criminalisation de la parole et de l'action sociale, justice pour les femmes et filles autochtones, des relations de nation à nation avec les peuples autochtones dans un Québec et un Canada moderne et non à l'agression et la guerre. Tout en oeuvre pour défendre les droits des femmes et des filles !

Vive la Journée internationale de la femme !

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Courtes entrevues de travailleuses à l'occasion du 8 mars 

Manon Castonguay, présidente de la section locale 6486 du Syndicat des Métallos (travailleurs de l'affinerie CEZinc à Salaberry-de-Valleyfield)

Mon message à l'occasion du 8 mars, c'est que tout est possible. Il n'y a aucune barrière que les femmes ne peuvent pas franchir. En ce qui me concerne, j'ai commencé à travailler à l'affinerie en 1997 et j'étais la première femme à y travailler. Maintenant nous sommes 18 femmes sur un total de 368 travailleurs. Je suis aussi la première femme présidente de la section locale. C'est important d'ouvrir les portes aux femmes aux métiers non traditionnels. Ce sont des emplois qui sont souvent bien rémunérés. On parle d'atteindre l'indépendance financière des femmes, mais souvent les femmes monoparentales sont obligées d'occuper un, deux ou trois emplois pour soutenir leur famille. Si elles travaillent dans un milieu non traditionnel, souvent elles vont pouvoir atteindre le même objectif avec un seul emploi. Je trouve très déplorable la situation des femmes monoparentales qui n'ont pas l'indépendance financière, qui font face à toute une bataille à tous les mois pour arriver à mettre la nourriture sur la table et payer le loyer. Souvent ce sont des emplois précaires, à temps partiel, les femmes se retrouvent avec des 20 heures par semaine, elles ne connaissent pas leur horaire de travail d'avance. Ce n'est pas une chose qui devrait se produire à notre époque. Les femmes doivent avoir un emploi à la hauteur de leurs besoins parce que c'est cela qu'elles méritent.

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Magali Giroux, travailleuse des postes, membre de la section locale de Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes

Le 8 mars est une journée encore importante et pertinente parce que c'est important de se rappeler. Oui il y a eu du chemin fait et il y a des femmes qui ont lutté vraiment, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire. Il y a encore beaucoup d'écart au niveau salarial et social.

Si on prend le secteur des postes, c'est encore majoritairement des hommes qui sont facteurs, même si cela s'améliore. On est actuellement en train de mener une lutte pour l'équité salariale, aujourd'hui, en 2018!  Les femmes factrices rurales et suburbaines, un groupe majoritairement composé de femmes, gagnent 30 % de moins que les facteurs urbains, qui sont majoritairement des hommes. On a encore un problème. On a un problème dans nos instances syndicales qui sont majoritairement des hommes. Il y a des contraintes familiales - on a des enfants, une famille. On porte encore beaucoup la charge, la charge mentale, les rendez-vous d'école, de santé, l'achat des vêtements - hiver, été, automne -, les rendez-vous chez le dentiste, le médecin.

Il y a des efforts dans le syndicat pour faciliter la participation des femmes. Les formations se font les fins de semaine pour rendre cela plus accessible. Les femmes peuvent venir accompagnées de leurs enfants - la garderie est fournie par le syndicat, ou encore il paie les frais de garde. Ce sont des ajouts. Aux assemblées, les enfants sont les bienvenus. Quand on voit que les femmes veulent s'impliquer, on peut les aider et les encourager et les aider à cheminer là-dedans.

Dans la société, les batailles importantes : l'équité, l'égalité, le mouvement #moiaussi. Pour moi c'est d'une importance capitale - on est dans un air de changement, il y a quelque chose qui se passe, il faut que cela continue à changer.

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Nathalie Savard, présidente du Syndicat des intervenantes et des intervenants de la santé du Nord-Est québécois

À 90 %, nos membres, qui sont des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes, sont des femmes. Avec ce qu'on vit présentement dans le domaine de la santé, nos conditions qui ne sont pas faciles, les absences pour maladie, le temps supplémentaire, les difficultés de concilier le travail, la famille, les études, célébrer le 8 Mars prend tout son sens. Nous avons des femmes qui se sont battues avant nous pour les droits des femmes. Comme femmes nous avons un combat à mener au niveau de nos conditions de travail, au niveau des services publics, et avec en plus tout ce qui se passe avec la dénonciation des abus, le 8 Mars prend cette année un sens encore plus large. On a vécu des choses au niveau de la dénonciation des abus sexuels, au niveau de la dénonciation d'abus dans les conditions de travail, il faut être là et se battre tant qu'il le faudra. Il faut défendre nos conditions de vie, de travail et être présentes dans la société, notamment pour la défense des conditions de vie dans les régions. Quand on parle des femmes que nous représentons, c'est tout à leur honneur de voir comment elles tiennent à s'occuper de leurs familles, comment elles tiennent à s'occuper de la santé des patients dans nos régions, comment elles ont à coeur qu'ils aient accès à de bons services près d'où ils vivent. Nous sommes actives aussi avec les organisations communautaires pour que les associations de femmes par exemple continuent d'avoir les budgets nécessaires pour faire leur travail auprès des gens en difficulté. 

En ce nous concerne, présentement, ce qui rend malade nos gens c'est l'organisation du travail, c'est le temps supplémentaire, c'est la déficience de l'organisation du travail, tous ces changements qui ont été faits par un ministre médecin dans son bureau tout seul sans rien connaitre de la réalité des gens sur le terrain. Face à ces problèmes, les mesures disciplinaires ne règlent absolument rien. Chez nous on a des gens qui ont fait faire des chandails noirs et ont mis leur numéro d'employé en arrière pour contester. Il n'y avait rien d'écrit sur le chandail. L'employeur les a avisés que les bénéficiaires avaient peur de leur chandail. On voulait donner des avis disciplinaires. J'ai des gens à la Baie-James à qui on a enlevé leur titre d'emplois et on leur a donné un autre titre pour faire une économie pour le budget. On leur demande de faire les mêmes tâches mais moins payés. Quand ils ne le font pas en disant qu'elles ne font plus partie de leurs tàches, elles ont des rencontres avec l'employeur pour insubordination et des mesures disciplinaires sont prises contre elles. C'est un règne de terreur qui est en train d'être installé. Cela fait juste aggraver les problèmes.

C'est tout cela qu'on soulève cette année a l'occasion du 8 mars.

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Nathalie Soullière, travailleuse de la construction, membre de la Fraternité inter-provinciale des ouvriers en électricité (FIPOE)

Je suis une travailleuse membre de la FIPOE. Je suis électricienne et j'ai aussi mes cartes de soudeur. Je suis membre du Comité des ouvrières de la FIPOE qui est un groupe de femmes qui se réunit quelques fois par année pour parler des divers problèmes auxquels les femmes font face. Notre comité s'adresse surtout aux femmes. Notre travail est de fournir les ressources pour les aider, leur faire connaître les ressources qui existent pour que les choses aillent bien pour elles. Il y en a qui ont de la difficulté à se faire accepter dans leur milieu de travail. Il y a des employeurs qui ne veulent carrément pas de filles. Le comité a fait un sondage auprès des travailleuses pour savoir quelles sont leurs attentes envers le comité. il y en a beaucoup qui nous ont dit qu'elles ne travaillent pas, que ce ne sont pas tous les employeurs qui sont intéressés à embaucher une fille. Soit qu'elles ne sont pas engagées, ou ne sont pas rappelées. Dans le milieu de la construction, quand le chantier est fini, c'est « bye-bye, allez vous-en chez vous ». Un problème important, et ce n'est pas un problème seulement pour les femmes, c'est la conciliation travail-famille. Ce n'est pas évident pour les femmes qui sont monoparentales et pour les hommes aussi qui sont dans la même situation, avec les horaires que nous avons. Par exemple, demain matin je commence à travailler à 6 heures et demie à Montréal et je demeure à 45 minutes de ma place de travail. Il n'y pas de garderie d'ouverte à cette heure-là. Moi ça va parce que mes filles sont assez vieilles pour être autonomes, mais pour les personnes monoparentales qui ont des enfants qui sont d'âge préscolaire, c'est tout un problème. Le milieu de la construction n'est pas toujours bien adapté à ces conditions. Je pense qu'il faut continuer à augmenter le nombre de filles sur la construction, mais il faut s'assurer qu'elles ont la formation et les connaissances nécessaires.

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Quelques statistiques sur la situation
des femmes au Québec

Nous publions quelques statistiques qui  donnent un aperçu de la situation des femmes dans certains domaines: la démographie, l'éducation et l'analphabétisme, la situation familiale, le travail, le revenu et  l'intégrité physique.

La démographie

-Au 1er janvier 2017, la population du Québec est estimée à 8 351 700 personnes, comparativement à 8 283 300 au début de2016, une augmentation de 68 500 habitants. Les Québécoises sont au nombre de 4 187 355. Elles constituent 50,3 % de la population du Québec et les Québécois 49,7 %.

-En 2016, les Québécoises se répartissent par grands groupes d'âge de la façon suivante : 15,1 % ont moins de 15 ans, 65,2 % se situent dans le groupe des 15 à 64 ans et 19,7 % sont âgées de 65 ans ou plus. On estime que le Québec compte quelque 1700 centenaires, dont plus de 90 % sont des femmes.

-En 2016, l'espérance de vie à la naissance s'établit à 80,8 ans chez les hommes et à 84,5 ans chez les femmes.

L'éducation

-En 2015-2016, les filles et les femmes représentent 48,8 % des élèves en formation générale des jeunes et 44,9 % des élèves en formation professionnelle.

-En 2015-2016, 58,0 % des effectifs étudiants du collégial sont des filles, et 58,6 % de ceux des universités québécoises sont des femmes. En 2013-2014, 99,0 % des filles inscrites au secondaire obtiennent un diplôme ou une attestation d'études secondaires (comparativement à 92,0 % des garçons).

-En 2015-2016, trois secteurs (administration, commerce et informatique ; santé ; soins esthétiques) regroupent plus des trois quarts (76,3 %) des filles inscrites à la formation professionnelle au secondaire.

-Parmi les personnes inscrites au collégial à un programme d'études techniques, plus des trois quarts des filles se concentrent dans trois secteurs, à l'automne 2015. Le secteur de la santé est celui qui attire le plus grand nombre d'étudiantes (32,9 % des inscrites). Viennent ensuite celui des services sociaux, éducatifs et juridiques (30,4 %) et celui de l'administration, du commerce et de l'informatique (12,9 %).

-Au premier cycle de l'université, les sciences humaines attirent, en 2015-2016, 21,9 % des étudiantes et 14,9 % des étudiants, tandis que les sciences de l'administration regroupent 21,1 % des étudiantes et 23,3 % des étudiants.

-Aux études supérieures, les femmes sont de plus en plus nombreuses. En 2015, elles représentent plus de la moitié des nouveaux diplômés de maîtrise (56,9 %). Au doctorat, elles sont près de la parité : 46,7 % des diplômés sont des femmes. Les femmes représentent 76,6 % des effectifs étudiants en sciences de la santé. À l'automne 2015, la majorité des personnes nouvellement diplômées dans les domaines suivants sont des femmes : sciences de l'éducation (81,5 %), lettres (69,8 %), sciences humaines (70,2 %), droit (63,7 %), arts (62,9 %) et sciences de l'administration (56,4 %).

-Quel que soit leur niveau d'études, les femmes touchent, à leur entrée sur le marché du travail, un salaire hebdomadaire brut inférieur à celui des hommes. Par exemple, en 2015, celui des femmes diplômées du baccalauréat qui travaillent à temps plein se chiffre à 899 $ et celui des diplômées de la maîtrise à 1 131 $. Leurs confrères touchent respectivement 1 000 $ et 1 307 $. Cela signifie que les bachelières touchent, chaque semaine, un salaire correspondant à 89,9 % de celui des bacheliers et que les diplômées de la maîtrise touchent 86,5 % du salaire brut des diplômés de la maîtrise.

-Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir obtenu un diplôme universitaire. En effet, en 2015, dans la population âgée de 25 à 64 ans, 34,5 % des femmes sont titulaires d'un certificat, d'un diplôme ou d'un grade universitaire, ce qui est le cas de 26,9 % des hommes. L'écart se creuse encore dans la population la plus jeune : 43,0 % des femmes âgées de 25 à 34 ans et 26,9 % des hommes du même groupe d'âge possèdent un grade universitaire.

Analphabétisme

Pas moins de 53 % des Québécois de 16 à 65 ans sont considérés comme des analphabètes fonctionnels. En clair, ces adultes sont incapables de comprendre un texte simple avec un minimum de mots. De ce nombre, 20 % ne savent ni lire ni écrire. 19 % des Québécois sont analphabètes (niveaux -1 et 1 de littératie) et 34,3 % éprouvent de grandes difficultés de lecture et se situent au niveau 2 de littératie.

-10 % ont de 16 à 25 ans

-39 % ont de 26 à 46 ans (en âge d'être parents)

-51 % ont de 46 à 65 ans

-Seulement 31 % des personnes de niveau 1 sont des personnes immigrantes (16 à 65 ans). Les personnes immigrantes sont souvent plus scolarisées que la moyenne des Québécois. En effet, la scolarisation constitue un critère important pour obtenir le droit d'immigrer dans la province. Ces personnes ont donc de très bonnes compétences en lecture et en écriture dans leur langue maternelle. Elles éprouvent cependant des difficultés en français et ont alors davantage besoin de francisation que d'alphabétisation.

La situation familiale

-Les femmes au Québec ont donné naissance à 86 400 enfants au Québec en 2016, comparativement à 86 000 en 2015. L'âge moyen à la maternité atteint 30,6 ans en 2016, comparativement à 27,3 ans en 1976. La fécondité des femmes de 30-34 ans dépasse depuis peu celle des femmes de 25-29 ans. En 2016, l'âge moyen des mères à la naissance d'un premier enfant est de 29,0 ans. Il est de 31,1 ans à la naissance d'un deuxième enfant et de 32,6 ans à la naissance d'un troisième.

-Près de deux bébés sur trois sont nés hors mariage au Québec en 2016. Cette part a dépassé 60 % en 2006 et est supérieure à 50 % depuis1995. La proportion de naissances comptant au moins un parent né à l'extérieur du Canada a augmenté de 21 % à 31 % entre 2000 et 2016.

-Sur les 2 203 625 familles recensées au Québec en 2011, 907 725 (41,2 %) sont biparentales avec enfants et 365 510 sont monoparentales (16,6 %)15. Les couples sans enfants comptent pour 42,2 % du total.

-En 2011, 76,0 % des familles monoparentales sont dirigées par une femme.

-En 2011, 17,1 % des femmes de 15 ans ou plus vivent seules, comparativement à 15,8 % des hommes. Ces chiffres ont augmenté au cours des vingt dernières années : en 1991, seulement 13,0 % des femmes et 10,5 % des hommes vivaient seuls.

-Une grande majorité des mères âgées de 25 à 54 ans et dont le plus jeune enfant a 12 ans ou moins occupent un emploi. En 2016, c'est le cas, dans ce groupe de la population, de 70,2 % des femmes qui sont à la tête d'une famille monoparentale et de 81,5 % des femmes vivant avec un conjoint. Par rapport à 2014, le taux d'emploi des mères seules a donc reculé de plus de 3 points de pourcentage, tandis que celui des mères vivant avec un conjoint a augmenté (73,6 % des mères seules et 79,8 % des mères avec conjoint étaient actives en 2014). En 1996, ces proportions étaient de 53,2 % et de 63,5 % respectivement.

Le travail

-En 2016, l'emploi s'est légèrement accru pour les femmes, tandis qu'il a légèrement diminué pour les hommes. Dans la population âgée de 15 ans ou plus, le taux d'emploi est de 57,0 % chez les femmes (+0,3 point) et de 63,0 % (-0,1 point) chez les hommes.

-Les femmes affichent en 2016 un taux de chômage moins élevé que les hommes : 6,0 % comparativement à 8,1 %.

-Parmi les femmes de 15 ans ou plus, 60,7 % participent au marché du travail (comme 68,6 % des hommes), en 2016.

-Le taux d'activité des femmes qui n'ont pas de diplôme d'études secondaires est de 25,5 % en 2016 (comparativement à 45,2 % pour les hommes). Il est de 77,0 % pour celles ayant obtenu un diplôme universitaire, un taux statistiquement équivalent à celui des hommes : 77,1 %.

-En 2016, 75,2 % des femmes salariées âgées de 15 ans ou plus occupent un emploi à temps plein, comme 87,8 % de leurs homologues masculins. Chez les femmes salariées, il est donc deux fois plus probable d'occuper un emploi à temps partiel que chez les hommes : c'est le cas de 24,8 % d'entre elles, par rapport à 12,2 % des hommes.

Taux de syndicalisation

-Le pourcentage de travailleuses qui sont visées par une convention collective a poursuivi sa croissance pour dépasser celui des hommes en 2016 : il est passé de 38,4 % en 2011 à 39,3 % en 2016. Chez les hommes, le taux a diminué, passant de 39,7 % en 2011 à 37,9 % en 201620.

-En 2016, 11,0 % des femmes en emploi exercent un travail autonome, comme 15,6 % des hommes. -La proportion de femmes dans les dix principales catégories professionnelles de la main-d'oeuvre féminine (dans l'éducation à la petite enfance, l'enseignement primaire et secondaire, la vente, les soins aux personnes, le travail de bureau, etc.) s'élève à 75,3 % en 2016, tandis qu'on trouve 66,6 % d'hommes dans les dix principales catégories professionnelles des hommes.

-Les femmes sont de plus en plus nombreuses à choisir les professions traditionnellement masculines régies par un ordre professionnel. En 2016, elles comptent pour plus du tiers des architectes (37,3 %) et pour près de la moitié des dentistes (46,3 %), des médecins (44,9 %) et des comptables (45,3 %). Elles sont majoritaires chez les avocats (51,9 %), tout comme chez les vétérinaires (61,9 %), les notaires (62,6 %) et les pharmaciens (65,6 %).

-Au Canada, les femmes sont toujours plus nombreuses que les hommes à occuper des emplois moins rémunérateurs, soit à moins de 20 $/heure. Dans le domaine de l'aide ménagère, par exemple, les femmes occupent 97 % des emplois ; du nombre, 80 % sont immigrantes. La majorité des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, puisque celles-ci accomplissent encore la majorité des tâches domestiques ou d'aidantes familiale.

Le revenu

-En 2016, le salaire hebdomadaire moyen des femmes travaillant à temps plein correspond à 85,4 % de celui des hommes. Entre 2000 et 2010, ce rapport était passé de 78,4 % à 83,8 %.

-En comparant la rémunération horaire moyenne des femmes et celle des hommes, on constate que l'écart a augmenté. En 2016, les femmes touchent en moyenne 22,74 $ l'heure, par rapport à 25,67 $ l'heure pour les hommes. Leur salaire moyen représente donc 88,6 % de celui des hommes. Rappelons qu'en 2015, le salaire horaire moyen des femmes représentait 90,1 % de celui des hommes.

-Selon Statistiques Canada, les femmes gagnent en moyenne 0,87 $ pour chaque dollar gagné par un homme. Et ça, c'est en se basant strictement sur le salaire horaire. Si on fait le calcul sur une base de salaire annuel, l'écart devient encore plus grand, puisque les femmes sont surreprésentées dans les emplois à temps partiel. Ainsi, sur la base du salaire annuel, pour chaque dollar gagné par un homme, une femme ne touche que 0,74 $.

-En 2016, 58,5 % des travailleurs rémunérés au taux du salaire minimum sont des femmes, ce qui constitue une hausse par rapport aux 56,7 % de 2015.

-En janvier 2017, 153 483 femmes reçoivent une aide financière de dernier recours, comparativement à 177 258 hommes.

-En 2014, 37,9 % des femmes ayant déclaré un revenu, gagnent moins de 20 000 $ par année, comme 27,3 % des hommes dans la même situation.

-En 2014, 2,8 % des femmes ayant déclaré un revenu et des personnes dépendant d'elles gagnent un revenu total supérieur à 100 000 $, sort que partagent 7,7 % des hommes et des personnes qui dépendent d'eux.

La violence contre les femmes

-En 2014, les corps policiers ont enregistré 18 746 crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal au Québec. Les victimes sont des femmes dans 78,5 % des cas.

-Le taux d'infractions déclarées commises dans un contexte conjugal a diminué de 5,4 % entre 2012 et 2014. Il s'était accru de 14,2 % de 2008 à 2012.

-Tous les six jours, une femme meurt au Canada des suites de violence conjugale. Chaque année, le Réseau canadien des maisons d'hébergement pour femmes donne le portrait d'une journée dans la vie des femmes et enfants en besoin d'hébergement. Dans la journée-portrait de 2017, il rapportait que 44 % des maisons d'hébergement n'avaient plus de place. Ce jour-là, 356 femmes et 250 enfants ont demandé de l'aide des services d'hébergement de 105 maisons et abris. La majorité, soit 273 femmes et 182 enfants, ou 75 % se sont fait dire qu'il n'y avait plus de place.

-On recense au Québec 3 870 agressions sexuelles déclarées en 2015, soit 328 de plus qu'en 2014. Les femmes sont très largement surreprésentées dans ces cas (en 2014, 86,5 % des victimes de ces infractions sont des femmes). Sur le territoire de l'île de Montréal, 1 299 cas l'agression sexuelle ont été déclarés en 2015. Il s'agit d'une hausse importante (+17 %) puisque les policiers ont enregistré 189 cas de plus qu'en 2014.

-Selon l'Enquête sociale sur la victimisation de Statistique Canada, il y a eu 553 000 cas d'agression sexuelle déclarée par des victimes en 2014. Dans la vaste majorité des cas, il s'agit de femmes.

-Il y a trois fois plus de cas de violence contre les femmes parmi les autochtones que parmi les non-autochtones. L'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et Walk 4 Justice ont établi qu'il y a plus de 4 000 femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada.

-Selon une enquête menée auprès d'élèves du secondaire, une fille sur cinq rapporte au moins un épisode de violence sexuelle de la part de son partenaire amoureux (le rapport est d'un sur quinze pour les garçons).

Sources:  Conseil du statut de la femme, Statistiques Canada, LML, Fondation de l'analphabétisme

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