Chantier Politique

25 mai 2017

Numéro 15

Grève générale des travailleurs de la construction du Québec

Tous en appui aux travailleurs de la construction!
  

Grève générale des travailleurs de la construction du Québec
Tous en appui aux travailleurs de la construction!
Non à une loi de retour au travail du gouvernement!
Des attaques organisées par l'État contre les travailleurs de la construction


Grève générale des travailleurs de la construction du Québec

Tous en appui aux travailleurs de la construction!

À minuit, le 24 mai, les 175 000 travailleurs de la construction au Québec ont déclenché une grève générale contre les demandes de concessions inacceptables des organisations représentant les employeurs de la construction. Les travailleurs de tous les secteurs sont en grève, soit les secteurs industriel, institutionnel/commercial, résidentiel et génie civil/voirie. Les travailleurs de la construction sont organisés en cinq syndicats, la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD-Construction et la CSN-Construction.

L'enjeu principal qui a poussé les travailleurs à la grève est la demande inacceptable des organisations patronales de chambarder les horaires de travail. Elles ont demandé que les travailleurs travaillent selon un horaire flou sans règles strictes applicables à tous, une demande que les travailleurs ont déjà rejetée en 2013 en faisant la grève à la défense de leurs droits.

Les organisations d'employeurs ont demandé que les travailleurs soient disponibles pour le travail de 5 heures du matin à 20 heures cinq jours par semaine. En cas de jours de travail perdus à cause du mauvais temps, les employeurs veulent que les travailleurs reprennent le temps perdu le samedi à temps simple. L'extension des horaires de disponibilité des travailleurs et leur caractère flou permettraient aux employeurs de décider selon leur bon plaisir l'horaire exact d'un quart de travail déterminé ce qui perturberait beaucoup la vie des travailleurs.

Les travailleurs ont tout de suite dénoncé ce geste régressif en ce qui a trait aux horaires de travail. Ils ont dit que le travail dans la construction se doit d'avoir des règles strictes de temps de travail y compris en ce qui concerne le temps supplémentaire parce que sinon tout cela est une fraude. Les travailleurs de la construction n'ont pas de sécurité d'emploi et peuvent être congédiés, ou ne pas être rappelés ou même être refusés lors d'un prochain contrat s'ils ne se « comportent » pas bien et ne travaillent pas aux horaires assignés bien que le travail du samedi pour remplacer le temps perdu soit soi-disant volontaire.

Les travailleurs rejettent fermement cette demande arbitraire inacceptable des organisations des employeurs qui perturbe leur repos et leur vie hors des chantiers. Ils font valoir que les travailleurs de la construction ont besoin d'être reposés et alertes en tout temps dans un contexte où le taux de décès et d'accidents dans leur secteur est très élevé. Les travailleurs considèrent ces règles floues et soi-disant volontaires au sujet du temps de travail comme une provocation irresponsable de la part des organisations des employeurs qui doivent être dénoncées comme étant régressives et une attaque à leur dignité et à leurs droits. Les travailleurs de la construction savent très bien que les concessions sur des sujets aussi fondamentaux que les salaires et le temps de travail ne font qu'exciter l'appétit des oligarques qui en demandent toujours plus.

Les travailleurs de la construction ont dit Non ! en 2013 à la perturbation de leurs vies et de leurs horaires de travail ! Non ! veut encore dire Non ! en 2017 !

Chantier politique appuie résolument les travailleurs de la construction du Québec et appelle tous les travailleurs à leur fournir tout l'appui possible.



Québec




Montréal


 Gatineau et Baie-Comeau


Sept-Iles


Saguenay


Trois-Rivières


Sherbrooke


Val d'Or

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Non à une loi de retour au
travail du gouvernement!

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard a annoncé son intention de criminaliser les travailleurs de la construction et de les forcer à mettre fin à leur grève. La classe ouvrière et ses alliés partout au Québec et au Canada doivent dénoncer fermement le gouvernement libéral comme un laquais des oligarques de la construction qui n'est pas apte à gouverner.

Une telle action injuste serait une répétition de ce qui s'est produit en 2013 lorsque le gouvernement du Québec a criminalisé le droit des travailleurs de la construction de faire la grève à la défense de leurs conditions de travail et de vie. Le gouvernement Couillard et ses complices serviles dans les médias de masse sont opposés au droit des travailleurs de négocier leurs conditions d'emploi et de retirer leur capacité de travail jusqu'à ce qu'on trouve un équilibre qui leur est acceptable. Il s'agit d'un droit fondamental des travailleurs qui sont forcés par les relations de production actuelles de négocier les termes de la vente de leur capacité de travailler aux employeurs. Le fait qu'une grève perturbe l'économie et la création de la valeur montre le caractère essentiel de la classe ouvrière moderne et sa position en tant que productrice véritable de la valeur dont le peuple et la société dépendent pour leur existence.

Au lieu de soutenir les droits de la classe ouvrière et de lui montrer le respect auquel elle a droit, le gouvernement, les oligarques de la construction et les médias monopolisés sont sur un sentier de guerre et criminalisent les travailleurs de la construction et s'attaquent à eux. Ils utilisent le fait que les travailleurs de la construction et leur industrie jouent un rôle central dans l'économie du Québec pour s'attaquer à la grève et ordonner aux travailleurs de reprendre le travail ou bien faire face aux pénalités sanctionnées par l'État. La classe ouvrière et ses alliés au Québec et au Canada dénoncent cet assaut organisé par l'État contre les droits.

Dénonçons le gouvernement libéral du Québec pour ses attaques contre le droit de grève !

Ne touchez pas aux travailleurs de la construction ! Leur cause est juste !

Appuyons fermement les travailleurs de la construction et leur juste lutte !

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Des attaques organisées par l'État contre
les travailleurs de la construction

Le secteur de la construction fournit 12 % du PIB du Québec et 255 600 emplois directs, soit un emploi sur 20, de même que des milliers d'emplois dans les secteurs connexes. Le gouvernement et les médias monopolisés n'utilisent pas ces faits pour faire preuve de respect envers des travailleurs qui produisent une valeur aussi immense pour la société. De la manière la plus intéressée possible, ils utilisent ce caractère essentiel des travailleurs de la construction dans la vie moderne comme un motif pour attaquer leur droit de se défendre et de négocier leurs conditions de travail et une réclamation à la valeur qu'ils produisent qui est acceptable pour eux.

Le gouvernement et les médias monopolisés utilisent l'importance du secteur de la construction pour créer de l'hystérie et un sentiment d'urgence pour mettre fin à la grève non pas selon des termes acceptables aux travailleurs mais selon les termes qu'exigent les oligarques de la construction. Cela ne doit pas passer !

Les travailleurs de la construction font déjà face à des conditions spéciales en ce qui concerne les lois du travail au Québec qui enfreignent leurs droits. Par exemple, ils ne sont pas admissibles à des augmentations de travail rétroactives au jour où leur convention collective se termine. Leur convention collective a pris fin le 30 avril et toute augmentation de salaire qu'ils vont obtenir ne s'appliquera qu'à partir du moment où la nouvelle convention collective entre en vigueur.

La loi dite « anti-scab » ne s'applique pas aux travailleurs de la construction ce qui veut dire que les associations d'employeurs ont le champ libre pour garder les chantiers ouverts et utiliser des briseurs de grève. Quand les travailleurs interviennent pour fermer les chantiers, ils peuvent être accusés d'« intimidation » et même de violence s'ils résistent aux attaques organisées contre eux par des agents de sécurité engagés et des mercenaires.

Il existe une clause spéciale dans la loi qui gouverne les relations de travail dans la construction qui leur interdit de faire de l'« intimidation » et qui a une portée très vaste. La clause ne s'applique qu'à eux et non aux employeurs et à tout geste de leur part. L'accusation d'intimidation peut être utilisée pour attaquer des travailleurs qui encouragent d'autres travailleurs de la construction à refuser de faire un travail dangereux ou qui s'occupent d'autres problèmes sur les chantiers ou qui défendent leur grève. Le recours à l'accusation d'« intimidation » contre les travailleurs est une attaque à leur droit de conscience et à leur droit d'organiser leurs collègues de travail dans des actions collectives avec analyse. Les médias monopolisés ont souvent recours à cette accusation large d'intimidation pour dépeindre les travailleurs comme des criminels lorsqu'ils s'organisent à la défense de leurs droits.

Ces attaques organisées par l'État doivent cesser !

(Photos: Chantier politique, Conseil provincial (international), CSD-construction, CSN-construction, Syndicat québécois de la construction, Le Lac St-Jean, EstriePlus)

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