Chantier Politique

27 février 2017

Numéro 6

Le gouvernement du Québec et l'élection de Trump

Annexion non! Souveraineté oui! 
Non à l'intégration accrue à l'empire
américain au nom de la prospérité

Grèves des métallos contre les attaques à leurs pensions

Manifestations contre la violence sexuelle dans trois villes du Québec
Les violences contre les femmes concernent toute la société

Au calendrier d'événements
Préparons-nous au 8 mars,
Journée internationale de la femme!


Le gouvernement du Québec et l'élection de Trump

Annexion non! Souveraineté oui! 
Non à l'intégration accrue à l'empire
américain au nom de la prospérité

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis et l’administration Trump, représentant la gouvernance de la société directement par les oligopoles mondiaux, par le biais des pouvoirs de police sans entraves, avec ses décrets présidentiels et menaces, est source de grandes préoccupations et inquiétudes. Ces grands changements forcent le peuple québécois, le peuple canadien et les peuples du monde à examiner sérieusement ce qui se passe et à tirer des conclusions appropriées, le Québec n’y faisant pas exception, contre cette gouvernance et l’intensification de la politique de guerre et d’agression des États-Unis au pays et à l’étranger. Dans ce contexte, la question de se doter d'une nouvelle direction de l’économie, de façon entre autres choses à réduire sa dépendance aux États-Unis, est mise sur la table avec une acuité particulière.

Si on parle de l’économie du Québec, on voit que la proportion des exportations dans l’économie (par rapport à la production faite pour la demande intérieure) augmente sans cesse; celles-ci sont destinées à plus de 72 % vers les États-Unis et elles proviennent en grande partie de l’industrie aérospatiale à des fins d’alimentation de la machine de guerre américaine (sans parler de la recherche pour l’armée américaine qui se fait dans les universités surtout à McGill); un secteur important des exportations est aussi celui des ressources naturelles non transformées, ce qui contribue à rendre l'économie du Québec très vulnérable aux crises économiques récurrentes.

Ce n’est pas l’avis du gouvernement libéral de Philippe Couillard qu'il faille une nouvelle direction de l'économie. Cela n’a jamais été son avis, et cela ne l’est certainement pas depuis l’avènement de Trump à la présidence américaine. Le premier ministre Couillard, comme son homologue fédéral Justin Trudeau, se plaît à proférer de fausses considérations idéologiques qui lui servent de masque à la capitulation. On l’a bien vu dans le cas de Trudeau avec ses considérations sur les « valeurs canadiennes », suivies des mesures qu'il a prises dans le sillage de sa rencontre avec Trump. Notamment, il y a le déploiement des agents des douanes américains en sol canadien dans plus d'endroits que c'est le cas maintenant et avec pouvoir de détention de Canadiens, l’augmentation des dépenses militaires du gouvernement canadien, et même le réexamen de la décision de 2005 de ne pas offrir le territoire du Canada au programme de défense antimissiles des États-Unis.

Le premier ministre Couillard y est allé aussi de ses grandes et fausses oppositions idéologiques:  « protectionnisme versus libre-échange », « nationalisme rétrograde versus ouverture sur le monde » et « ouverture versus fermeture des marchés » (comme si quelqu’un au Québec était opposé aux échanges et comme si le problème se posait ainsi). Cela lui permet de masquer les problèmes que causent la dépendance de l’économie et de tout le développement du Québec à l'empire américain et d’accoucher d’une approche centrée sur le statu quo d’une économie québécoise qui, selon son gouvernement, ne saurait vivre autrement qu’intégrée aux États-Unis des oligopoles d’Amérique du Nord.

Suite à l’élection de Trump, Couillard a dit: « Il y a partout dans les démocraties mondiales actuellement ce mouvement de protestation d'une bonne partie de la population. Il faut l'entendre, devant les conséquences politiques et négatives de la mondialisation qui a lieu de toute façon et qu'il faut encadrer. Il faut dire à la population qu'on entend ça, qu'il y a beaucoup plus de bénéfices — comme je le dis souvent — à l'ouverture des marchés qu'à la fermeture des marchés. Je ne m'attends pas à des perturbations majeures. »

En marge de l’assermentation de Trump, il a ajouté que son arrivée à la présidence crée des incertitudes mais qu’elle peut et doit être l’occasion d’accroître les échanges commerciaux et qu’il va se rendre de plus en plus aux États-Unis pour plaider la cause de ce qu’il appelle l’ « interdépendance » des deux économies et les échanges « dans les deux sens ». La ministre des Relations internationales et de la Francophonie Christine St-Pierre présente aux activités organisées à l'Ambassade du Canada à Washington lors de l'assermentation de Trump l'a exprimé ainsi: « Nous continuerons donc, avec nos huit représentations sur le territoire, de déployer nos efforts afin de contribuer au renforcement de notre relation et faire valoir nos intérêts et nos grandes priorités ».

Le statu quo est déjà inacceptable. Une annexion plus poussée au nom de notre soi-disant destinée commune ou des domaines où on peut s’entendre ou de la prospérité ou encore au nom d’apaiser Trump est encore plus inacceptable.

Les Québécois et les Québécoises ont besoin d’une discussion politique franche et ouverte sur les problèmes qui sont posés avec l’arrivée de Trump à la présidence et l’absence de souveraineté de l’économie québécoise et de souveraineté politique dans les décisions qui affectent le peuple.

Les diversions idéologiques nous détournent de prendre en main ces problèmes, et il en est de même des mesures dites pratiques à la Trudeau qui nous placent dans une situation d’annexion encore plus poussée aux États-Unis des oligopoles de l’Amérique du Nord et à la machine de guerre.

Haut de
page


Grèves des métallos contre
les attaques à leurs pensions


Le 4 février, les quelque 80 travailleurs du distributeur d'acier Samuel et Fils à Laval ont déclenché la grève contre la tentative de la compagnie d'imposer un régime de retraite inférieur, un régime à cotisations déterminées, aux futurs engagés. Cette grève fait partie de la campagne du Syndicat des Métallos contre les clauses de disparité de traitement des travailleurs, communément appelées clauses-orphelins. Il s'agit de clauses différentes en ce qui concerne les régimes de retraite et les assurances pour des travailleurs qui pourtant accomplissent le même travail. Le 12 février, des travailleurs qui ont mené une lutte semblable contre un régime de pensions à deux vitesses, soit les travailleurs de Ciment Lafarge de Saint-Constant et ceux de Resco à Grenville-sur-la-Rouge en Outaouais, sont allés sur la ligne de piquetage des travailleurs de Samuel et Fils pour faire la passation de leur bannière géante contre les clauses-orphelins. Ils ont dit qu'ils n'acceptent pas la division des travailleurs selon les catégories arbitraires imposées par les entreprises.

Le 12 février, les 371 travailleurs syndiqués de la raffinerie de zinc CEZinc (Zinc électrolytique du Canada) à Salaberry-de-Valleyfield ont déclenché la grève contre les demandes de concessions de la compagnie dans leur régime de retraite et les conditions de prise de la retraite. CEZinc est la propriété du Fonds de revenu Noranda et de l'oligopole minier mondial Glencore,

L'entreprise demande une série de concessions antiouvrières dont l'introduction de contributions graduelles des travailleurs dans leur régime de retraite accompagnées d'une réduction correspondante de celles de l'entreprise et le report dans le temps de l'âge de départ des prises de retraite anticipée. Présentement, les travailleurs peuvent prendre une retraite anticipée après 32 ans de service et à 58 ans d'âge et la compagnie veut reporter l'âge à 60 ans. Les employés de l'usine travaillent dans un environnement marqué par l'emploi de produits toxiques qui affecte beaucoup leur santé et leur espérance de vie à la retraite, alors quitter plus tôt pour la retraite est important pour eux. Les travailleurs estiment qu'avec toutes les concessions que CEZinc demande, ce sont des milliers de dollars par année que les travailleurs vont perdre en revenus, entre 8000 $ et 10 000 $ chez les travailleurs ayant le plus d'ancienneté. Le régime de retraite des travailleurs de CEZinc est capitalisé à 114 %. Les travailleurs disent non aux demandes de concessions, y voyant une dégradation de leurs conditions de vie et un engrenage qui va mener à de plus en plus de reculs dans leurs conditions de vie et de travail. Ils refusent d'être considérés comme faisant partie des « coûts d'exploitation » des oligopoles miniers mondiaux. Au contraire ce sont eux qui assurent la production dans des conditions très difficiles et ils ont un droit légitime à leur réclamation à la valeur qu'ils produisent.

Haut de
page


Manifestations contre la violence sexuelle
dans trois villes du Québec

Les violences contre les femmes
concernent toute la société

 Le 15 février dernier, des actions rassemblant des centaines de femmes et leurs alliés ont eu lieu à Sherbrooke, Montréal et Québec exigeant la fin de l'impunité envers les violences sexuelles commises contre les femmes. Depuis la dernière année, les actions se multiplient au Québec pour l'élimination de la violence contre les femmes et pour une autorité publique qui assume sa responsabilité sociale et garantit les droits de toutes et tous. À la veille du 8 mars, Journée internationale de la femme, les participantes ont réitéré que la lutte pour mettre fin à la violence envers les femmes concerne l'ensemble de la société.

Au rassemblement de Montréal, les interventions ont souligné combien les femmes et différents collectifs oeuvrent à offrir des services et trouver des solutions pour prévenir et aider les femmes victimes de violence, mais que le gouvernement, s'il dénonce les violences en mots, ne pose pas les gestes concrets demandés par les femmes pour les stopper. Des représentantes d'organismes accompagnant les femmes les plus vulnérables tels que le Réseau d'action des femmes handicapées, le Mouvement contre le viol et l’inceste, le Comité d'actions pour les personnes sans statut, le Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALAC), Stella et le Collectif couleur ont souligné comment elles peinent à dispenser leur aide par manque de financement du gouvernement. On a donné aussi comme exemples le difficile accès au système de justice pour les femmes autochtones, immigrantes, réfugiées, handicapées ou en situation de pauvreté qui sont victimes d'agressions. Sachant que moins de 10 % des crimes sexuels sont rapportés à la police, et que seulement 3 plaintes sur 1000 se soldent par une condamnation, c'est clair qu'il y a un grave problème que la société doit résoudre pour mettre fin à l'impunité des violences faites aux femmes.

Les prises de parole exprimaient l'esprit que l'affirmation et la défense des droits des femmes, dont celui de vivre en sécurité au niveau physique, psychologique et financier, bénéficie à toute la société et l'humanise.

Haut de
page

Au calendrier d'événements

Préparons-nous au 8 mars,
Journée internationale de la femme!

Manifestation « Célébrons la résistance des femmes »

Rassemblement à 17 h
Place du 6 décembre
(coin Reine Marie et Côte-des-neiges) Métro Côte-des-neiges

Facebook https://www.facebook.com/events/1767856140199025/

Québec
12 mars
10 h 30 Rassemblement au Pavillon Alphonse-Desjardins
(2325, rue de l'Université)


Pour la liste complète des actions au Québec:
http://cdeacf.ca/8mars2017/calendrier



LES ARCHIVES DE CHANTIER POLITIQUE | ACCUEIL

Lisez Chantier politique
Website: www.pmlq.qc.ca   Courriel:  bureau@pmlq.qc.ca