Chantier Politique

22 février 2017

Numéro 6

Le gouvernement du Québec et l'élection de Trump, ébauche 1

Annexion non! Souveraineté oui! Le Québec ne doit pas renforcer la Forteresse Amérique du Nord! Non à l'intégration au nom de la prospérité!



Grèves des métallos contre les attaques à leur pension

Manifestations contre la violence sexuelle dans trois villes du Québec
Les violences contre les femmes concernent toute la société



Le gouvernement du Québec et l'élection de Trump, ébauche 1

Annexion non! Souveraineté oui! Le Québec ne doit pas renforcer la Forteresse Amérique du Nord! Non à l'intégration au nom de la prospérité!

Lors de l’assermentation de Donald Trump à la présidence du gouvernement américain les 19 et 20 janvier, des milliers de personnes partout aux États-Unis de même qu'à Montréal et dans des dizaines de villes au Canada et dans le monde manifestaient pour s'opposer à la présidence de Donald Trump, à sa politique de guerre, aux attaques contre les droits et affirmer le désir du peuple de prendre contrôle pour s'investir du pouvoir de se gouverner.

L’élection du multimilliardaire Donald Trump à la tête des États-Unis, une des deux personnes les plus détestées dans le monde, a chamboulé le monde. Le « business as usual » ne tient plus. La richesse, la célébrité et le pouvoir policier organisé par l’État derrière Trump ont eu raison des contradictions de bandes rivales de l’élite dirigeante américaine.

C’est dans ce contexte que le 19 janvier 2017 la ministre Christine St-Pierre s'est rendu à Washington en mission de deux jours pour assister aux activités organisées par l'Ambassade du Canada aux États-Unis, à l'occasion de l'investiture du 45e président des États-Unis, Donald J. Trump. Selon un représentant du ministère, c'était la première fois que le Québec envoyait quelqu'un de rang ministériel lors d'un tel événement.

Le communiqué émis par le ministère a indiqué : « La présence de la ministre à cette importante journée de la vie démocratique américaine vise à marquer l'importance que revêtent pour le Québec ses relations avec son principal partenaire économique et commercial. Sa participation visera également à démontrer que le Québec souhaite travailler en étroite collaboration avec la nouvelle administration américaine. ».

« Dans un contexte de changements politiques majeurs, le Québec fait plus que jamais des États-Unis un territoire prioritaire de son action internationale. Il faut être présent et aller où sont nos priorités : 72 pour cent de nos exportations partent pour les États-Unis, une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année. Nous continuerons donc, avec nos huit représentations sur le territoire, de déployer nos efforts afin de contribuer au renforcement de notre relation et faire valoir nos intérêts et nos grandes priorités », a affirmé la ministre St-Pierre. Celle-ci y a rencontré également des « acteurs clés », sans les nommer, et rencontré des « contacts » à Washington.

D'autre part, dans l'allocution qu'il a prononcée lundi en marge de l'assermentation du ministre Pierre Moreau à titre de président du Conseil du trésor, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a affirmé que l'arrivée de M. Trump à Washington, bien qu'elle ouvre une période d'incertitude, peut et doit être l'occasion d'accroître les échanges commerciaux de part et d'autre de la frontière. Selon lui, l'interdépendance des économies canadienne et américaine fera réaliser à la nouvelle administration américaine que les relations commerciales sont profitables « dans les deux sens ». « Je pense que beaucoup d'États américains vont rappeler à l'administration l'importance primordiale pour eux du marché canadien et de l'ouverture de ce marché là. » Il a annoncé comme premières mesures qu'il allait se rendre plus souvent aux États-Unis pour que partout ailleurs dans le monde en 2017.

Ainsi, les travailleurs du Québec sont sensés se satisfaire de ces déclarations, de l'augmentation des visites du premier ministre aux États-Unis et des efforts pour convaincre l'équipe de Trump, les « acteurs clés » et les « contacts » à Washington. Si on réussit à les convaincre, tout ira bien. 

L'ouverture ou la fermeture des marchés

Tentant de philosopher sur l'élection de Trump et l'opposition à son élection, le premier ministre a dit : « Il y a partout dans les démocraties mondiales actuellement ce mouvement de protestation d'une bonne partie de la population. Il faut l'entendre, devant les conséquences politiques et négatives de la mondialisation qui a lieu de toute façon et qu'il faut encadrer ». Il a ajouté : « Il faut dire à la population qu'on entend ça, qu'il y a beaucoup plus de bénéfices — comme je le dis souvent — à l'ouverture des marchés qu'à la fermeture des marchés ». Même si le style de discours de Trump ne lui a pas plus, celui qu'il a prononcé à titre de président était selon lui plus rassembleur et raisonnable. « Je crois que c'est de bon augure. Je ne m'attends pas à des perturbations majeures. Cependant, le dossier du bois d' uvre, entre autres, doit certainement nous préoccuper. »

« Je pense que l'ALÉNA, clairement, est au bénéfice également des États-Unis et une analyse même rapide va permettre de confirmer ça. D'ailleurs, je n'ai pas entendu beaucoup de paroles négatives de M. Trump sur le Canada durant la campagne. Il parlait d'autres pays essentiellement. » Encore là, le gouvernement prend une position très chauvine et anti peuple en traitant ainsi d'autres pays. Il voudrait que les Québécois soient heureux d'être épargnés, pour le moment et que pour que cela dure, attendons-nous à nous faire imposer la gouvernance de Trump et de ces oligopoles pour écraser l'économie du Québec.

Le gouvernement du Québec propose d'accroître la dépendance de l'économie du Québec à la gouvernance de police du gouvernement américain. Sans les États-Unis, point de salut dit le premier ministre et toute sa cohorte de ministres. La question de la dépendance et de la domination de l'économie américaine sur l'économie québécoise est réduite à la question à savoir s'il y aura ouverture ou fermeture, s'il y avait protectionnisme ou non, et si nous serons épargnés et non et à quelles conditions. Cette manière de présenter les choses est tout à fait dangereuse. D'abord, elle tente d'imposer au peuple du Québec que le débat est sur le pour ou contre le protectionnisme, et non sur le problème que pose une économie de braderie de nos richesses et de notre souveraineté au profit des intérêts monopolistes. Comme s'il n'y avait pas d'alternatives pour la classe ouvrière au Québec mais aussi au Canada, au Mexique et dans le monde au pillage de richesses naturelles et humaines au profit des intérêts monopolistes. Selon le gouvernement, il faut s'ajuster en conséquence et être à la merci du diktat des États-Unis. Cette vision de l'économie sert à voiler l'intégration de l'économie québécoise à la Forteresse Amérique du Nord qui cause tant de désastres et d'insécurité aux travailleurs du Québec et à leurs familles. Elle met à l'ordre du jour la nécessité de s'organiser pour une économie indépendante, autosuffisante, libre de toute domination des oligopoles.

Face à un gouvernement des pouvoirs de police qui ne se soucie pas des apparences de légitimité, il n'y a plus beaucoup de place pour la stratégie qui consiste à faire pression sur les politiciens pour qu'ils changent leur façon de faire. Notre sécurité ne réside pas dans les actions des politiciens, pas plus que dans ce processus politique qui s'avère complètement dysfonctionnel et contraire aux intérêts du peuple. Notre sécurité est dans notre lutte pour les droits de tous et toutes , dans nos actions pour donner à cette lutte un caractère organisé et la qualité d'une discussion politique avec analyse. Cela veut dire que nous devons nous appuyer sur notre propre programme et nos propres objectifs en continuant d'organiser la résistance et de lutter pour nos droits et pour nous investir du pouvoir de décider.

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Grèves des métallos contre
les attaques à leur pension

Le 4 février, les quelque 80 travailleurs du distributeur d'acier Samuel et Fils à Laval ont déclenché la grève contre la tentative de la compagnie d'imposer un régime de retraite inférieur, un régime à cotisations déterminées, aux futurs engagés. Cette grève fait partie de la campagne du Syndicat des Métallos contre les clauses de disparité de traitement des travailleurs, communément appelées clauses-orphelins. Il s'agit de clauses différentes en ce qui concerne les régimes de retraite et les assurances pour des travailleurs qui pourtant accomplissent le même travail. Le 12 février, des travailleurs qui ont mené une lutte semblable contre un régime de pensions à deux vitesses, soit les travailleurs de Ciment Lafarge de Saint-Constant et ceux de Resco à Grenville-sur-la-Rouge en Outaouais sont allés sur la ligne de piquetage des travailleurs de Samuel et Fils pour faire la passation de leur bannière géante contre les clauses-orphelins. Ils ont dit qu'ils n'acceptent pas la division des travailleurs selon les catégories arbitraires imposées par les entreprises.

Le 12 février, les 371 travailleurs syndiqués de la raffinerie de zinc CEZinc (Zinc électrolytique du Canada) à Salaberry-de-Valleyfield ont déclenché la grève contre les demandes de concessions de la compagnie dans leur régime de retraite et les conditions de prise de la retraite.

CEZinc est la propriété du Fonds de revenu Noranda et de l'oligopole minier mondial Glencore,

L'entreprise demande l'introduction de contributions graduelles des travailleurs dans leur régime de retraite accompagnées d'une réduction correspondante de celles de l'entreprise ( le régime est financé à 100 % par l'employeur en ce moment) et le report dans le temps de l'âge de départ des prises de retraite anticipée. Le régime de retraite des travailleurs de CEZinc est capitalisé à 114 %. Les travailleurs disent non aux demandes de concessions, y voyant une dégradation de leurs conditions de vie et un engrenage qui va mener à de plus en plus de reculs dans les régimes de retraite . Les propriétaires de CEZinc essaient d'embourber les travailleurs dans les querelles et les contradictions qui existent entre les oligopoles miniers pour la domination mondiale dans le secteur. Plusieurs mines de zinc ont été fermées par ces oligopoles ces dernières années, rendant plus âpre la bataille pour le concentré disponible et exerçant une pression à la hausse sur les prix de l'approvisionnement. CEZinc demande aux travailleurs de faire les frais de ce conflit en acceptant des concessions dans leurs conditions et ceux-ci refusent. Leurs pancartes sur les lignes de piquetage disent entre autres « Nous ne reculerons pas ! »

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Manifestations contre la violence sexuelle
dans trois villes du Québec

Les violences contre les femmes
concernent toute la société

Le 15 février dernier, des actions rassemblant des centaines de femmes et leurs alliés ont eu lieu à Sherbrooke, Montréal et Québec exigeant la fin de l'impunité envers les violences sexuelles commises contre les femmes. Depuis la dernière année, les actions se multiplient au Québec pour l'élimination de la violence contre les femmes et pour une autorité publique qui prend responsabilité sociale et garantit les droits de toutes et tous. À quelques semaines du 8 mars, Journée internationale de la femme, les participantes ont réitéré que la lutte pour mettre fin à la violence envers les femmes concerne l'ensemble de la société.

Au rassemblement de Montréal, les interventions ont souligné combien les femmes et différents collectifs oeuvrent à offrir des services et trouver des solutions pour prévenir et aider les femmes victimes de violence, mais que le gouvernement, s'il dénonce les violences en mots, ne pose pas les gestes concrets demandés par les femmes pour les stopper. Des représentantes d'organismes accompagnant les femmes les plus vulnérables ont souligné comment elles peinent à dispenser leur aide par manque de financement du gouvernement. On a donné aussi comme exemples le difficile accès au système de justice pour les femmes autochtones, immigrantes, réfugiées, handicapées ou en situation de pauvreté qui sont victimes d'agressions. Sachant que moins de 10 % des crimes sexuels sont rapportés à la police, et que seulement 3 plaintes sur 1000 se soldent par une condamnation, c'est qu'il y a un grave problème que la société doit résoudre pour mettre fin à l'impunité des violences faites aux femmes.

Mouvement contre le viol et l’inceste

Les prises de parole exprimaient l'esprit que l'affirmation et la défense des droits des femmes, dont celui de vivre en sécurité au niveau physique, psychologique et financier, bénéficie à toute la société et l'humanise.

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Au calendrier d'événements

Vive le 8 mars, Journée internationale de la femme!

Manifestation « Célébrons la résistance des femmes »
Rassemblement à 17 h
Place du 6 décembre
(coin Reine Marie et Côte-des-neiges) Métro Côte-des-neiges

Facebook https://www.facebook.com/events/1767856140199025/

Québec


Pour la liste complète des actions au Québec:
http://cdeacf.ca/8mars2017/calendrier


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